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La migraine violente et inexpliquée. Causes, traitements et remèdes naturels

Article paru dans le journal nº 17 Acheter ce numéro

La migraine, souvent violente, impose l’arrêt des activités habituelles mais ne laisse aucune séquelle dans l’organisme, malgré l’intensité des symptômes. Elle est souvent vécue dans l’isolement et elle a un retentissement profond sur les relations familiales ou sur l’équilibre psychique des malades. On peut, bien sûr, calmer la douleur, mais l’essentiel est le traitement de fond.


La migraine est un mal plus répandu qu’on ne le croit : elle touche 21 % de la population française selon les critères diagnostiques stricts de l’IHS (International Headache Society) et parmi eux il y a environ trois femmes pour un homme, le plus souvent âgées de moins de 40 ans. Elle se définit par de violents maux de tête, sans régularité définie, qui s’accompagnent souvent de nausées, de vomissements, de gêne à la lumière et au bruit, ainsi que quelquefois d’aura, une sensation subjective qui précède la migraine.

Tous ces symptômes sont aggravés par la réalisation des tâches quotidiennes. Ce qui amène la personne qui souffre à s’isoler naturellement. Un très bon réflexe car le repos souvent au lit, dans le noir et le silence, peut être nécessaire.

Le diagnostic est généralement difficile. L’examen physique est normal ainsi que les prises de sang, l’électroencéphalogramme, les radiographies et l’IRM de la tête. Cette normalité permet toutefois d’éliminer les autres causes des maux de tête : hémorragies méningées, méningites, hypertensions intracrâniennes, tumeurs, névralgies, médicaments… Mais ensuite, seule une longue discussion avec la personne qui souffre de ce mal permettra au médecin de poser le diagnostic de migraine.

Un mécanisme qui reste mystérieux

Le mécanisme de la migraine n’est pas encore formellement établi. Certains pensent à un problème circulatoire cérébral. En particulier un mauvais retour veineux qui aurait tendance à favoriser une accumulation du sang veineux au niveau de la tête. D’autres pensent à une libération de neuromédiateurs au niveau du circuit de la douleur (excitation des récepteurs NMDA, baisse de la sérotonine, augmentation de la substance P). Il est aussi possible que les problèmes veineux entraînent la libération de neurotransmetteurs…

Il n’a pas été retrouvé de gène (hérédité) responsable de la migraine. En revanche, il existe une prédisposition familiale dans environ 70 % des cas. Mais en plus de cette prédisposition, on trouve d’autres facteurs de risque :

  • le stress, les émotions, les chocs émotifs,
  • l’insomnie et le manque de sommeil,
  • la déshydratation,
  • les variations barométriques dues à la météo ou aux voyages en avion,
  • les règles (menstruations) avec ou sans cycles irréguliers, les problèmes hormonaux, la grossesse…
  • les repas riches, gras et copieux surtout le soir,
  • le chocolat,
  • l’alcool,
  • la pilule qui peut aussi être bénéfique dans d’autres situations,
  • les problèmes cervicaux,
  • les efforts physiques,
  • la dépression (mais elle peut être la cause ou la conséquence de la migraine)…

Ces éléments peuvent être isolés : on sait par exemple que la survenue des règles peut suffire à déclencher la migraine. Mais, souvent, c’est l’association de plusieurs causes qui finit par se décompenser en migraine.

Le traitement de la crise de migraine

Il est souhaitable de traiter la migraine dès le début de la crise, de ne pas attendre qu’elle s’installe sinon il est plus difficile et plus long d’arrêter les douleurs.

Le premier réflexe

Le premier réflexe des personnes qui souffrent de migraines est de s’orienter vers les antalgiques habituels comme l’acide acétylsalicylique (aspirine), les anti-inflammatoires (ibuprofène ou naproxène) et le paracétamol en association avec les antinauséeux (le métoclopramide, la dompéridone). Attention toutefois à ne pas abuser des anti-inflammatoires car ils peuvent induire des problèmes d’estomac et de côlon, voire de maux de tête !

Si les crises se répètent

Lorsque les crises se répètent, la médecine classique dispose d’un large arsenal de médicaments (voir encadré ci-dessous) mais il faut se méfier des abus de certains remèdes qui entretiennent la migraine comme les antalgiques contenant de la codéine ou de la caféine. Et des effets secondaires inévitables puisqu’il s’agit de médicaments qu’il faudra prendre sur de longues périodes.

Il faut également savoir que, si la médecine moderne agit efficacement et surtout, rapidement sur les douleurs, les médecines complémentaires de leur côté s’attaqueront aux causes premières de la migraine.

Traitements complémentaires :
la migraine à la source

Les traitements complémentaires seront choisis selon les symptômes présentés (digestion, problèmes cervicaux, stress) et les résultats des analyses (infections, métaux lourds, acidité). Il est bien sûr tout à fait possible de les associer si besoin.

Le traitement du stress

Le traitement du stress, de l’insomnie et/ou de la dépression est pratiquement toujours nécessaire, car l’anxiété, la dévalorisation, la culpabilité, les conflits non digérés ou en cours sont pratiquement systématiques chez les migraineux. Psychothérapies, phytothérapie (passiflore, aubépine, ballote, mélisse), fleurs de Bach… sont ici aussi importants que les loisirs, la joie et le plaisir.

Le traitement des problèmes cervicaux

Très souvent, en cas de migraine, on retrouve des tensions des muscles cervicaux hauts, juste sous l’occipital. Il sera important de les détendre en recherchant leurs causes : traumatisme direct ou secondaire à une chaîne musculaire qui peut partir de l’articulé dentaire (SADAM) ou des pieds (entorses ou fractures mal soignées). Des soins décontracturants seront indiqués : micro-kinésithérapie, méthode Mézières, myothérapie, Bowen… À lui seul, ce traitement décontracturant, quelle que soit la technique employée, apportera un grand soulagement.

Le traitement des problèmes digestifs

Lors d’une migraine, les troubles de la vésicule biliaire sont très fréquents. Le traitement passera par une alimentation légère et biologique, pauvre en laitages et en sucreries. Des traitements draineurs pour le foie peuvent être indiqués en complément : on emploiera en infusion fumeterre, boldo, pissenlit, artichaut, reine-des-prés… Ou en gélules, du desmodium.

Les dérèglements hormonaux

Les migraines au moment des règles sont signes de l’existence de dérèglements hormonaux. La prise d’œstrogène (œstradiol en gel ou patch) à commencer deux jours avant la date présumée des règles et pendant sept jours peut éviter la crise. Certains traitements homéopathiques peuvent aussi traiter le fond du problème avec succès.

Le traitement des mycoses

Les mycoses et surtout les candidoses (infection à Candida albicans) sont largement suspectées comme causes de migraines. Le Candida albicans secrète à lui seul, 35 toxines différentes dont la candidine, une substance neurotoxique qui peut engendrer dépression et migraine… Il faudra rechercher une mycose (par prélèvement oral, fécal, vaginal) mais des résultats négatifs ne peuvent pas exclure formellement le diagnostic. Le traitement pourra faire appel aux antimycosiques habituels (type amphotéricine B ou fluconazole) ou à l’extrait de pépins de pamplemousse, aux huiles essentielles d’origan ou de tea tree, aux probiotiques, à l’homéopathie (Penicillium 15 CH et Candida albicans 9 CH)…

Le traitement de l’hyperacidité

Un excès d’acidité peut également être responsable de migraine (il favorise aussi les mycoses). Il sera repéré sur la mesure du pH des premières urines du matin, effectuée plusieurs jours de suite. Une bonne hydratation, une bonne oxygénation, de l’exercice physique avec une alimentation surtout alcaline rééquilibrera le pH. On pourra s’aider de lithothamne biologique qui est une algue riche en minéraux et ayant un pH très alcalin.

Les principales thérapies alternatives

D’autres thérapies pourront aussi être efficaces par elles-mêmes contre les migraines :

  • L’acupuncture est reconnue pour son efficacité. Pour information, le trajet de la douleur au niveau céphalique suit souvent le trajet du méridien Vésicule biliaire.
  • L’ostéopathie crânienne qui, en replaçant tous les os du crâne, peut soulager voire apporter la solution du problème.
  • La sophrologie, en plus d’apporter une bonne détente, rééduque vers une vie sans douleur et sans migraine.
  • L’électrothérapie antalgique. De nouveaux appareils ont été mis au point pour soulager les douleurs chroniques. L’appareil Cefaly, par exemple, s’applique sur le front au moment des crises. Il bloque l’influx douloureux à l’entrée de la colonne vertébrale.

La migraine est une maladie particulièrement invalidante. Plusieurs éléments peuvent en être la cause. Ils offrent un vaste champ de possibilités thérapeutiques qui, aujourd’hui, ont largement fait leurs preuves.

Êtes-vous migraineux(se) ?
Et de quel type de migraine
souffrez-vous ?

Il existe deux types de migraines. La migraine avec aura ou sans, qu’il est possible de diagnostiquer précisément selon IHS. Cela permet également de bien distinguer une migraine d’un simple mal de tête classique.


La migraine sans aura

La migraine sans aura doit présenter au moins cinq crises répondant aux critères suivants :

• Des crises qui durent de 4 à 72 heures (sans traitement).

• Les maux de tête doivent avoir au minimum deux des caractéristiques suivantes :

– unilatéralité,

– pulsatilité,

– intensité modérée à sévère,

– aggravation par les activités physiques de routine comme la montée des escaliers.

• Elle doit avoir au moins un des caractères suivants :

– nausées et/ou vomissements.

– intolérance à la lumière et/ou au bruit.

• L’examen clinique doit être normal entre les crises.

La migraine avec aura

Il y a quatre types d’aura :

• Visuelle ou ophtalmique (99 % des cas) sous forme d’un point lumineux qui persiste les yeux fermés ou d’impression lumineuse ou encore de vision floue.

• Sensitive sous forme d’un engourdissement ou de fourmillement d’un bras ou d’une main.

• Aphasique sous forme de troubles du langage.

• Motrice sous forme de trouble moteur ou sensitif transitoire.

La migraine avec aura doit présenter au moins deux crises au cours desquelles les maux de têtes ont au moins trois des quatre caractéristiques suivantes :

– Le trouble de l’aura se développe progressivement sur plus de quatre minutes.

– Si plusieurs symptômes sont associés, ils se développent successivement.

– La durée de chaque symptôme ne dépasse pas 60 minutes.

– Le mal de tête fait suite à l’aura dans un délai maximum de 60 minutes.

• L’examen clinique doit être normal entre les crises.

La prévention pour limiter les crises

En cas de migraine, voici quelques règles générales à suivre :

  • Se reposer régulièrement.
  • Éviter les excès, les couchers tardifs, les repas lourds le soir.
  • Prendre du café, car cela peut agir favorablement sur la migraine.
  • Mais attention à l’effet excitant, c’est pourquoi il est important de ne pas en abuser.
  • Faire du sport d’endurance.
  • Cela permettrait de prévenir les crises migraineuses. Cet effet bénéfique pourrait venir d’une meilleure oxygénation, ou encore de la production d’endorphines, substances naturelles antidouleur, provoquées par l’exercice.
  • Apprendre à se détendre, à s’exprimer.
  • Avoir une alimentation légère, sans trop de graisses cuites et d’alcool, surtout le soir.
  • Éliminer l’aspartame et le glutamate.
  • Se couvrir la tête et le cou en hiver, en cas de grand vent, de courant d’air ou de climatisation exagérée.
  • Prendre de la vitamine B2 (riboflavine) à forte dose. Cela aurait un effet chez certains migraineux.
  • Pratiquer des automassages

Le traitement moderne des crises

En cas de crise la médecine conventionnelle recommande de  s’orienter vers :

  • Les Triptans qui est le traitement actuel de référence. Il est utilisé sous forme orale en l’absence de nausées et de vomissements, sinon, il faudra recourir aux formes sous-cutanées (injections), nasales ou rectales. Les Triptans sont des antagonistes de récepteurs 5-HT1D de la sérotonine, ce qui leur donne une action extrêmement ciblée sur la migraine. Les Triptans sont contre-indiqués en cas d’antécédents cardiaques et sont quelquefois mal supportés : gène thoracique, nausées, fatigue, bouche sèche...
  • Des dérivés de l’ergot de seigle (dihydroergotamine) par voie nasale ou injectables sont également efficaces.

Les traitements de fond, en cas de crises répétées, font appel à  :

  • Certains médicaments anti-hypertenseurs (béta-bloquants) ont démontré leur efficacité sur la migraine comme la propanolol ou le metoprolol.
  • Des antidépresseurs comme l’amitriptyline.
  • Des antiépileptiques à doses faibles comme le topiramate.
  • Des antisérotoninergiques comme le flunarazine ou l’indoramine.
  • Des dérivés de l’ergot de seigle (dihydroergotamine)  qui peuvent entraîner de rares risques de vomissements ou de grangrène (je n’en ai jamais vu).
  • Des anti-CGRP (Calcitonin Gene Related Peptide), une nouvelle classe de médicaments qui est en cours d’évaluation.

Les compléments

  • Les antioxydants comme le coenzyme Q10, l’acide alpha-lipoïque, le concentré de melon, le jus de grenade du Dr Jacobs, le glutathion… peuvent avoir une bonne efficacité.
  • Certains nutriments comme le magnésium (avec la vitamine B6 et la taurine), le zinc, la méthionine (SAMe), les vitamines D et B (surtout la B2) sont souvent utiles.
  • L’oxygénothérapie (respiration en plein air, ioniseur d’atmosphère, Bol d’air Jacquier, DHA2) apportera un soulagement au niveau cérébral.
  • La phytothérapie

– menthe poivrée (infusion ou HE),

– camomille romaine (infusion ou HE),

– saule blanc (gélule),

– aubépine (gélule), régule la circulation sanguine,

– cassis (gélule), un excellent

anti-inflammatoire.

  • L’homéopathie

– Staphysagria 7 CH pour les migraines de week-end,

– Belladonna 4 CH pour les douleurs battantes,

– Iris versicolor 4 CH pour les migraines ophtalmiques,

– Kali bichromicum 4 CH pour les migraines sus-orbitaires.

  • Les oligoéléments : manganèse, cobalt et manganèse-cobalt sont le plus souvent indiqués.

Les autres pistes à creuser

  • L’existence d’une infection chronique ou/et réactivée. Beaucoup de maladies infectieuses provoquent des maux de têtes comme les suites de méningites ou de maladie de Lyme. Il a été suspecté des bactéries comme l’Helicobacter pylori. Des prises de sang permettront de repérer les éventuelles infections. Elles pourraient être les déclencheurs de crises migraineuses. D’ailleurs certains médecins chinois soignent les migraineux avec des antibiotiques. D’après eux, les résultats seraient très intéressants…
  • Les métaux lourds et les pesticides pourraient aussi être des causes de migraines, surtout s’il y a une hyperperméabilité intestinale (dysbiose). Une prise de sang repérera les excès de toxiques. Un régime Seignalet et une détoxication de l’organisme s’imposeront alors.
  • Il faudra aussi s’interroger sur les champ électromagnétiques et la géobiologie, en cas de disparition de migraine lorsque l’on quitte son domicile…
  • Enfin l’exploration de la bouche à la recherche de problème d’amalgame, de métaux, d’effets de pile sera à rechercher. L’appareil Mora permettra ce genre de bilan approfondi de la bouche.


 


 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

Tags sur la même thématique migraine stress mal de tête insomnies nausées

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