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Jean-Philippe Foissy : Notre cerveau sait autoréguler les maladies

Article paru dans le journal nº 23 Acheter ce numéro

Ostéopathe depuis près de trente ans, Jean-Philippe Foissy a revu sa pratique en intégrant médecine chinoise énergétique et nouvelles connaissances sur le cerveau. Auteur d’une théorie sur la « désengrammation ostéopathique » et le « concept de l’intrus », il estime que de très nombreuses pathologies peuvent être soulagées par un système d’autoréparation mené par le cerveau primaire.

Alternative santé En mettant au point votre approche énergétique, vous nous rappelez que penser « os » pour ostéo est très réducteur ?

Jean-Philippe Foissy Évidemment. Remettre en place des vertèbres n’est pas la finalité du concept ! Andrew Taylor Still, médecin américain fondateur de l’ostéopathie, a aussi été l’un des pionniers de la médecine dite causale. Ingénieur de formation avant d’étudier la médecine, il a proposé que l’on pense à la structure, qui doit rester mobile, et non à un symptôme. Il était proche de la logique énergétique de la médecine chinoise. Je lui reste fidèle avec mon concept de l’« intrus » car j’estime comme lui que la maladie ne peut s’installer dans une zone où les échanges biologiques sont corrects.

A. S. Comment en êtes-vous arrivé à revoir votre métier ?

J.-P. F. Comme tout ostéopathe crânien, j’avais intégré le postulat d’interdépendance des systèmes, nerveux, conjonctif, lymphatique ou hormonal. Mais j’ai senti le besoin de compléter ma formation, notamment en médecine chinoise, naturopathie, libération somato-émotionnelle, etc. Et, petit à petit, j’ai pris l’habitude de poser divers échantillons homéopathiques, alimentaires, phytothérapiques sur les patients tout en écoutant leur crâne ou leur sacrum. Il y a neuf ans, avec une patiente en particulier, j’ai eu une intuition : compter ! Cela a été décisif.

A. S. En systématisant les décomptes crâniens, vous êtes arrivé à la théorie de désengrammation ?

J.-P. F. Oui, j’ai vérifié sur cette patiente, avec et sans le produit. Et surtout j’ai recommencé mes comptages sur des centaines de patients pendant trois ans. Tout ostéopathe connaît ce qu’on appelle les MRP, les micromouvements respiratoires crâniens, le plus souvent en flexion/extension. Mais, avec mon écoute, j’ai constaté des changements de mouvements et des blocages dans la mobilité, selon des intervalles et des décomptes précis. Je n’en revenais pas. C’est d’une logique mathématique implacable ! Quand on a identifié le produit ou le souvenir disons indésirable, que j’appelle l’« intrus » qui est engrammé dans la mémoire du corps et, selon le degré de gravité du mal, on atteint une certaine gradation dans une échelle propre à chaque patient. Quand il y a problème, le cerveau primaire reconnaît et bloque. Il donne l’information clé.

A. S. La clé serait donc dans le cerveau primaire ?

J.-P. F. Oui, c’est lui qui régule en vue de la survie, qui permet d’ingérer ou d’expulser ce qui ne convient pas. Il bloque alors des transferts de données, des informations cellulaires. Cela peut être utile à un moment T, mais il faut « rejoncter » le système et non le laisser répéter une stratégie qui n’est plus d’actualité. C’est cela, la désengrammation. Un peu comme le nettoyage du disque dur d’un ordinateur qui bugge parce qu’il reproduit un ordre qui n’est plus approprié. Si on cible bien, le processus se relance tout seul.

A. S. Pas besoin de manipulation vertébrale ou viscérale, alors ?

J.-P. F. Non. Il est nécessaire d’être formé à l’ostéopathie crânienne pour deux raisons :

– connaître les liens qui relient la boîte osseuse au cerveau via les méninges, les membranes dure-mère, pie-mère, arachnoïde et les replis entre les hémisphères ;

– et surtout apprendre l’écoute de la mobilité du crâne.

Cela dit, pour la désengrammation, on ne manipule pas ! En posant les mains sur le crâne, je ne fais que fixer l’attention du cerveau primaire qui ne doit pas être sollicité par autre chose quand on le met face à l’agresseur. Et je ne fais que contrôler la procédure.

A. S. On pense un peu à la physique quantique dans le sens de la transmission d’information ?

J.-P. F. Je ne suis pas un spécialiste de la physique quantique. En revanche, je sais ce qu’est la réalité de l’homéostasie, autrement dit la capacité du corps à s’autoréguler pour sa survie. Mais on se dérégule sans cesse : trop de sucre, de graisses, de stress, de toxiques. Sans parler des accidents ou chocs. On dépasse nos possibilités naturelles d’adaptation et c’est à ce moment-là qu’apparaît la maladie. En désengrammant, on permet au corps de revenir à sa propre capacité de régulation.

A. S. Vous dites que la maladie est comme une agression. On en connaît les dégâts, ce sont les symptômes. Mais il faut découvrir le mobile et le coupable, parfois les complices, pour que l’agression ne se reproduise plus ! Comment procède le Sherlock Holmes que vous êtes devenu ?

J.-P. F. Je mène l’enquête, bien sûr ! À partir de toutes sortes d’indices : terrain, accidents, hérédité, allergies, alimentation, hormones, groupe sanguin, psychisme… Je combine mes connaissances des circuits en ostéo via le squelette et les tissus à celles de la médecine chinoise. Je vérifie mes premières hypothèses en travaillant avec une main posée sur le sacrum d’une part et l’autre posée sur certains organes. Le sacrum est un précieux allié de l’enquête. Il doit être mobile et, s’il ne l’est plus, c’est qu’il y a problème car en cas de difficultés énergétiques, l’organe attire à lui des éléments périphériques et la charnière sacrolombaire est affectée. Enfin, j’affine d’ultimes hypothèses au crâne, soit avec un produit posé sur le corps, soit avec une évocation mentale ou une visualisation. J’ai des chiffres de référence jusqu’à aboutir à un niveau zéro de certains micro-mouvements crâniens.

A. S. L’« intrus » peut-il être de toutes sortes ?

J.-P. F. Oui, organique, traumatique, psychique, héréditaire… Prenons l’exemple d’un patient qui vient avec un mal de genou persistant depuis trois ans. J’enquête : pas d’accident . Le genou, à divers endroits, étant parcouru par plusieurs méridiens (impliquant soit le foie soit la vésicule, le rein ou le pancréas, etc.), je teste ces méridiens au sacrum. Le foie est bloqué. Incidemment, j’apprends que le patient a utilisé une peinture toxique dans son garage, sans aération. Son corps a fait son travail, refuser la toxicité du produit : le foie a bloqué. Je le désengramme mais ce n’est pas suffisant. Il faut désengrammer le vrai coupable, c’est-à-dire le produit toxique. J’en pose un échantillon sur le corps du patient et je contrôle la procédure.

Notez que si cette personne était venue, par exemple, avec une douleur au bras, j’aurais désengrammé d’abord le poumon dont le méridien passe par là, puis la peinture acrylique.

A. S. Il faut donc un travail très personnalisé ?

J.-P. F. Absolument. Je n’aime pas que l’on systématise, tel organe touché égale telle histoire ! Il faut affiner. Encore un exemple : cet homme, comédien, qui a des douleurs inexplicables aux pieds alors que son orthopédiste a changé plusieurs fois ses semelles. Je pense à une allergie au cuir et je teste. Mais le cuir ne bloque pas son cerveau primaire. Je pense au liège, et là j’apprends que le comédien, à ses débuts, avait dû améliorer sa diction avec des bouchons dans la bouche ! Son corps avait engrammé un refus net des particules de liège ! Il y a aussi cette femme qui souffre de douleurs sternales et lombaires et qui a trois méridiens bloqués. Elle a une bague où passe un de ces trois méridiens, et je tente de désengrammer le métal, mais ça ne change rien. La dame m’apprend alors qu’elle a vécu un accident de voiture alors qu’elle était en train de jouer avec cette bague. C’est donc l’accident et non la bague que l’on va désengrammer en amenant le cerveau primaire à se concentrer sur l’événement traumatique… Il y a encore cet enfant devenu énurésique après le divorce de ses parents. Je teste la mère, le père, mais séparément. Or, dans son cas, c’est une scène violente entre les deux parents qui fait blocage. C’est cet événement que je désengramme… Quand on n’a pas d’échantillon, de granules homéopathiques ou d’aliment qui correspondent au patient, on peut solliciter une visualisation de situation. Le cerveau primaire sait très bien réagir. Et entre deux séances, il continue le travail et je peux le mesurer avec mes comptages. Mais ça va souvent très vite…

A. S. Toute pathologie pourrait-elle être soignée ?

J.-P. F. En très grand nombre, oui, dont les dépressions, les accidents – corporels ou affectifs – les allergies, les douleurs chroniques, les problèmes gynécologiques… J’ajouterais toutefois deux choses : d’abord, on ne connaît pas les causes véritables des maladies. Pourquoi tel patient réagit-il à un virus, à une bactérie, à un gène et l’autre pas ? Et puis j’étudie actuellement les cancers. Je ne dis pas que je les soigne, mais on peut corriger le terrain avant qu’il ne fasse le lit d’un cancer. Je peux aussi aider le patient à bénéficier au mieux des traitements comme la chimiothérapie par exemple. En général, il est étonnant de voir à quel point les excipients ou adjuvants qui entrent dans la composition de nombreux médicaments rendent le patient malade. Pour chaque patient, on peut chercher quel excipient – dans son histoire et pas celle du voisin –, est un « intrus ». Et là on peut désengrammer et aider le traitement. Même logique autour des vaccins, cela dépend de chacun.

Jean-Philippe Foissy a derrière lui vingt ans d’exercice paramédical, suivis de quatre années d’études en ostéopathie au collège Atman. Inscrit au registre des ostéopathes de France en 1989, chargé de cours au collège Atman, il complète sa formation : libération somato-émotionnelle avec l’ostéopathe américain J. E. Udpleger, diplôme de heilpraktiker en Allemagne, certificat de médecine chinoise, certificat NAET (Nambudripad’s Allergy Elimination Techniques)… Il devient juré d’examen de l’Académie d’ostéopathie et membre d’un collège de recherche appliquée à l’ostéopathie. En 2002, il commence son travail sur l’hypothèse de l’intrus et la désengrammation.

Pour plus d'information : foissy.jimdo.com

 

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