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Laboratoires Quinton, la nouvelle vague d’une thérapie marine

Article paru dans le journal nº 37 Acheter ce numéro
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Eau

En 1982, les autorités françaises retiraient l’autorisation de mise sur le marché (AMM) à l’eau de mer Quinton. Elles interdisaient même son utilisation en injection, ne permettant son absorption que par voie buccale. Un laboratoire espagnol reprend depuis vingt ans la fabrication de ces légendaires ampoules d’eau de mer. Installée à Alicante, l’usine applique les normes d’hygiène obligatoires, mais bute toujours pour inscrire à nouveau l’eau de mer dans la pharmacopée universelle. Nous nous sommes rendus sur place.

Un paysage désertique digne d’un western. C’est à 20 kilomètres des côtes d’Alicante, sur cette terre rocailleuse ponctuée de pics rocheux qu’est située l’usine ­Quinton, isolée de toute civilisation. Pourtant, une savante technologie est à l’oeuvre dans des laboratoires flambant neuf afin de conditionner le " Serum de Quinton " en ampoules et sprays d’eau de mer selon une hygiène scrupuleuse.

Ce jour-là, deux grosses commandes sont prêtes à être expédiées pour la Chine et pour la Malaisie. Justement, c’est de Malaisie que nous parviennent les photos de guérison par traitement d’eau de mer les plus ­spectaculaires, que nous montre ­Francisco Coll, le directeur des laboratoires ­Quinton. Il revendique un savoir-faire exclusif du procédé hérité de René Quinton.

Ce Français est l’inventeur au début du XXe siècle d’une méthode thérapeutique novatrice par injection d’eau de mer, la fameuse « Thérapie marine de René Quinton », permettant de reconstituer les cellules endommagées du corps par l’eau de l’océan. Il aurait été le premier à développer cette technique de façon scientifique afin d’introduire l’eau de mer en milieu hospitalier.

Visionnaire autodidacte

Biologiste autodidacte, René Quinton (1866-1925) se destine aux lettres avant d’entreprendre des recherches sur l’origine de la vie. Ses hypothèses audacieuses le font remarquer par un éminent savant de l’époque, le Pr Marey, qui l’accueille au Collège de France en 1897. Cette promotion lui permet d’acquérir une légitimité scientifique et de poursuivre ses travaux sur les origines marines de la vie sur terre.

Il publie en 1904 « L’eau de mer, milieu organique », livre de référence dans lequel il démontre ses vertus thérapeutiques. Il y développe sa théorie sur la nature marine des êtres vivants, et rencontre un fort ­succès à l’époque. Selon lui, la vie animale à l’état cellulaire est apparue dans la mer, ce qui explique que le sang humain ait une composition quasiment identique à celle de l’eau de mer qui contient les 78 minéraux indispensables à la vie. Mais ces minéraux et oligo-éléments sont ­difficilement absorbables par l’alimentation. L’eau marine après traitement permet leur assimilation mutuelle et leur fixation dans l’organisme.

René Quinton crée son laboratoire en 1905, un an après la parution de son ouvrage. Son objectif : injecter de l’eau marine diluée (isotonique) pour régénérer l’organisme et lui permettre de lutter contre les infections.

Il fabrique un plasma marin (eau de mer diluée dans de l’eau de source) à destination des hôpitaux. Il guérit ainsi de nombreuses maladies comme la gastro-entérite, la tuberculose, le rachitisme et les troubles de la nutrition, ainsi que toutes les formes de dermatoses comme l’eczéma et le psoriasis. Son mode ­d’administration est alors l’injection, d’abord par intraveineuse, puis en ­sous-cutanée. Ses injections ­deviennent tellement fameuses qu’il ouvre des dispensaires marins partout en France. Tous fermeront dans les années 1960 pour des raisons de rentabilité.

Une AMM conditionnée

Mais pour bénéficier des vertus de l’eau de mer, il ne s’agit pas de la boire en bord de plage. Son absorption directe est considérée comme dangereuse pour la santé à cause du risque élevé de contamination. Il s’agit de l’extraire dans le vortex (tourbillons marins) planctonique à plusieurs kilomètres des côtes selon un savant protocole que René ­Quinton développe dès 1904 dans son ouvrage, puis de la transformer par un système de microfiltrage à froid pour la débarrasser de ses éléments toxiques liés aux pollutions marines et la rendre assimilable par l’organisme humain.

Le plasma Quinton est fabriqué dès 1905 et sa formule est répertoriée dans le Vidal, le dictionnaire médical, dès 1934. Les ampoules Quinton sont même remboursées par la Sécurité sociale et considérées comme un médicament à part entière. Mais en 1982, la pharmacopée européenne change ses normes et demande aux anciens laboratoires Quinton d’adapter leurs installations aux exigences de stérilité requises pour les médicaments injectables. Le laboratoire n’entreprend pas la démarche et perd son AMM (autorisation de mise sur le marché). Lorsque Joan Miquel Coll, le père de l’actuel directeur, rachète la marque en 1996, il se soumet au protocole de stérilité, sans pour autant ­accepter la stérilisation, et redemande l’AMM. Il tente de réhabiliter les ampoules d’eau de mer en leur rendant le statut de médicament. Mais les coûts pour réaliser les études scientifiques représentent pour le laboratoire un budget inaccessible. C’est pourquoi la production se limite aujourd’hui aux ampoules buvables et au spray nasal.

Pourtant, le nouveau laboratoire d’Alicante restitue à l’identique le protocole original de René Quinton avec la même exigence de filtrage à froid pour ne pas altérer les particules et éviter ­l’apparition de radicaux libres, ­responsables du vieillissement de la peau. Leur but : promouvoir l’eau de Quinton dans les hôpitaux en remplacement du sérum physiologique, liquide dépourvu de la moindre qualité nutritionnelle. Mais la lutte est acharnée et, depuis dix ans, toujours aucune avancée n’est à ­signaler.

Une technique sophistiquée et sûre

L’eau de mer est prélevée par le laboratoire d’Alicante dans le golfe de Gascogne à une trentaine de kilomètres des côtes, à 30 mètres de profondeur. Entre dix et douze pompages de 10 000 litres sont réalisés chaque année. L’eau est filtrée trois fois pour retirer tout résidu et testée à plusieurs reprises pour mesurer sa toxicité éventuelle. Les manipulations sont réalisées en atmosphère stérile et à l’abri de toute chaleur pour ne pas dénaturer l’eau. Selon Sebastian Tuts, « 80 % des sprays du marché sont estampillés produits désodés, selon une méthode réduisant la salinité de l’eau de mer par électrolyse […]. L’eau de Quinton n’est jamais chauffée ni stérilisée et passe les contrôles de qualité les plus exigeants ». L’eau de mer est délivrée par le laboratoire Quinton sous deux formules : l’hypertonique (Quinton Hypertonic), de l’eau de mer pure avec un taux de sel de 33 g par litre, et l’isotonique (Quinton Isotonic) dont la concentration en sel est baissée à 9 g par litre après dilution dans de l’eau de source pour correspondre à la concentration de sel du sang humain. Le premier est réservé à la grande fatigue, à l’effort intensif, à la convalescence et à la dépression, le second au traitement d’entretien. Cette eau est disponible sous forme d’ampoule à avaler, mais aussi de spray nasal avec les deux dilutions : le spray Hypertonic pour le rhume et le nez bouché, le spray Isotonic pour l’entretien.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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