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S'affirmer sans dominer : focus sur l’assertivité

Article paru dans le journal nº 40 Acheter ce numéro

S’affirmer sans écraser les autres, s’assumer et endosser toutes les responsabilités du quotidien et du travail, briser les « loyautés archaïques » qui étouffent sa personnalité… Tout cela porte un nom : l’assertivité. Dans le prolongement de notre dossier sur le burn-out, il semble utile de jeter la lumière sur ce concept.

L’assertivité est la caractéristique d’une personne qui exprime son point de vue, sans anxiété et sans nier celui des autres. C’est aussi défendre et faire valoir ses droits. Le fait d’être ­assertif pourrait se définir comme suit :

– S’affirmer tout en respectant l’autre.

– Savoir négocier pour obtenir ce que l’on veut sans léser l’autre.

– Renforcer son autonomie et son ­efficacité.

– Assumer ses responsabilités.

– S’exprimer face à un groupe.

– Affirmer ses besoins, ses sentiments.

– Faire face aux conflits, aux critiques.

– Dire non lorsqu’on l’estime nécessaire.

– Formuler une critique constructive.

– Déjouer les manipulations.

– Accepter et gérer un refus.

– Développer les relations gagnant-­gagnant.

– Instaurer une communication non ­violente.

– Faire preuve d’une autorité naturelle.

– Se sentir bien à sa place et l’occuper pleinement.

Comportement non asserif

Avoir une basse estime de soi et ne pas adopter un comportement assertif entraîne la peur du rejet et une non-affirmation de soi-même. À l’inverse, ne pas s’affirmer renforce la peur du rejet, ­inhibe l’action et fait perdre confiance, ce qui empêche de s’affirmer et d’avoir de l’estime pour soi. En clair, un véritable cercle vicieux ! Derrière le manque d’assertivité se cache une peur sociale, une difficulté relationnelle, communicationnelle. Améliorer son assertivité, c’est vaincre ces difficultés.

L’assertivité s’oppose à trois autres attitudes : la passivité, la fuite et l’agressivité-manipulation non respectueuse, toutes lourdes à gérer, anxiogènes et génératrices de conflits.

Comment y remédier

Mettons en lumière les ennemis de l’assertivité et les moyens de les combattre :

« La théorie des petits pas »

La peur ne peut disparaître que dans l’affrontement, la confrontation, l’acclimatation progressive et surtout pas dans l’évitement. En effet, la fuite entretient la peur, l’ancre et fait baisser l’assertivité. Il convient donc d’affronter les situations difficiles par étapes, afin de remplir son compte de petits succès qui vont aller crescendo et faire reculer cette peur, en permettant à la personne d’engranger la satisfaction de la réussite. C’est « la théorie des petits pas ».

Intelligence relationnelle

Il convient de savoir exprimer ses valeurs, ses émotions, ses attentes et savoir s’écouter soi-même tout en écoutant l’autre. L’assertivité permet d’éviter les conflits ou de les gérer avec efficience, en négociant avec l’autre, grâce à une action concertée. Enfin, si s’affirmer est indispensable, ce n’est pas une fin en soi ! Il est judicieux de s’affirmer avec un objectif précis, en ayant une vision, un ancrage en soi et des échanges de qualité avec l’environnement.

Grâce à un comportement assertif, aussi bien dans le monde du travail que dans la vie domestique, il est possible de répondre favorablement à la satisfaction de trois besoins fondamentaux :

– Besoin d’être aimé.

– Besoin d’être reconnu.

– Besoin de se sentir compétent.

Par cette satisfaction assurée, on parvient ainsi à éviter la frustration, la sensation de manque et les émotions négatives.

L’assertivité se joue et se déploie dans une interaction permanente entre les représentations que l’on se fait du réel et les pensées (aspect cognitif), le ressenti (aspect émotionnel), l’action et la gestuelle (aspect comportemental).

On peut donc travailler sur l’affirmation de soi dans le but de la renforcer et de l’épanouir – ou de l’instaurer, si les fondations psychiques de l’enfance n’ont pas permis son installation – en utilisant ces trois portes d’entrée, chacune pouvant renforcer l’autre. Ceci peut être particulièrement utile lorsque l’on constate un défaut ­d’assertivité.

Composante indispensable

L’assertivité se nourrit d’une estime de soi haute et stable. Elle est garante de cohérence, d’intégrité et d’unicité. Elle se manifeste et se développe dans le rapport aux autres, c’est-à-dire dans la recherche d’interactions consenties, épanouissantes et respectueuses. C’est une composante indispensable de la vie avec autrui, tant dans la sphère privée que professionnelle, qui permet de bien résister aux critiques et aux rejets. Elle apporte ambition, projets et résistance aux obstacles.

Au contraire, le manque d’assertivité entraîne le doute sur ses capacités à être apprécié, à être aimé. Il attise la conviction de ne pas être à la hauteur et laisse s’installer une image de soi médiocre. Il fait le lit du conformisme, du manque d’audace, de la dépendance aux avis des autres. Il contre la persévérance dans ses choix.

Assertivité et réalité

L’assertivité ou le défaut d’assertivité sont directement liés à la représentation que l’on se fait d’une situation. En modifiant cette représentation, on peut modifier son comportement. En modifiant son comportement, on peut aussi modifier cette représentation. Du cercle vicieux de l’évitement au cercle vertueux de la mise en action, il n’y a qu’un premier pas !

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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