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De l'amour

Article paru dans le journal nº 55 Acheter ce numéro
  • La drogue de l'amourLa drogue de l'amour

Alors qu’à l’occasion de la Saint-Valentin j’étais inondé comme vous de mails me proposant des livraisons de roses à domicile ou des escapades amoureuses à Venise à -50 %, je me suis interrogé sur l’amour, la solitude, songeant à quel point cette période de bourrage de crâne pouvait être difficile pour certaines personnes…

Carence....

Nous sommes tous à un moment ou à un autre de nos vies confrontés à un sentiment de solitude – une solitude subie plutôt que choisie. Départ des enfants du nid familial, séparations, deuils, changements de lieu de vie… Avec ce sentiment de vide, provisoire ou persistant, cette impression parfois abyssale que quelque chose manque à notre vie : une intimité partagée, une écoute attentive, du partage, de la connexion à un autre que soi...

Les études montrent que la solitude, lorsqu’elle se prolonge, a un impact sur la santé ; non seulement sur le sommeil, le stress et la dépression, comme c’est prévisible, mais également sur la santé cardiovasculaire, nos capacités cognitives et notre longévité.

Quoi de surprenant, quand on sait que toute l’histoire de notre évolution démontre à quel point nous sommes des créatures sociales, et que c’est grâce à la coopération et à l’entraide que nous avons pu survivre et avancer. Héritier de cette histoire longue, notre cerveau réagit à la solitude (qu’elle soit réelle socialement ou simplement notre perception psychologique) comme il le faisait à l’époque où nous étions des chasseurs-cueilleurs, des êtres seuls face à de potentiels prédateurs et des risques d’attaque : hypervigilance, réaction excessive aux stimuli extérieurs, production accrue d’hormone du stress

Le sentiment de solitude peut également s'avérer être un signe salvateur, quand il incite à nous interroger sur nos vies ou nos habitudes et nous pousse au changement : ne pas refuser les mains tendues, investir dans sa vie sociale, entretenir ses amitiés, accepter le risque de l’amour… Car comme chacun sait et quoi qu’en dise le marketing béat, l’amour est bien sûr toujours un risque.

...et dépendance.

Et c’est aussi, parfois, une addiction : au même titre que pour l’alcool, la nicotine, les jeux, ou les opioïdes, on trouve parfois ce mélange caractéristique d’euphorie initiale, de comportements excessifs pouvant tourner à l’obsessionnel, de mauvaises décisions de vie pour en obtenir envers et contre tout, de sensation de manque…

Et de fait, des études sur les cerveaux des amoureux transis ou éconduits ont pu montrer des phénomènes très similaires à l’addiction à la cocaïne : production de dopamine, activation du circuit de la récompense (le mécanisme cérébral qui dit vous répète en boucle « c’est génial, j’en veux plus ! »), suractivité dans certaines régions du cerveau comme le circuit méso-limbique et les noyaux accumbens notamment...

Nul hasard, donc, si on valorise autant le si bien nommé « amour fou ». Si les élans amoureux peuvent être destructeurs quand ils ne sont pas réciproques, ils peuvent aussi bien sûr se révéler profondément vertueux, providentiels et offrir des raisons inépuisables de s’émerveiller... Et ça d’une manière qu’aucune autre drogue ne permet.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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