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L’autorégulation, un potentiel oublié

Article paru dans le journal nº 60 Acheter ce numéro
  • Il est possible de sortir l’organisme de son apathie afin qu’il retrouve ces capacités d’autorégulation grâce au mouvement régénérateur.Il est possible de sortir l’organisme de son apathie afin qu’il retrouve ces capacités d’autorégulation grâce au mouvement régénérateur.

Nous ne faisons pas assez confiance à notre organisme. Toujours en quête de nouvelles méthodes de santé, nous oublions qu’il existe en nous des capacités innées d’autorégulation, capables de remettre bien des choses en place, dans notre corps comme dans notre esprit. Encore faut-il les (ré)activer.

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Si nous éprouvons un besoin d’assistance extérieure pour maintenir notre équilibre, tant physique que psychique, c’est souvent parce que nos capacités innées d’autorégulation ont beaucoup perdu de leur puissance. Enfant, notre corps est très réactif, il ressent immédiatement la moindre perturbation et réagit sur le champ pour la réguler. La fièvre monte vite, diarrhées, vomissements ou éruptions cutanées se déclenchent très facilement. Le problème, c’est que tous ces symptômes régulateurs ne sont pas pris comme tels par les parents, qui y voient au contraire des dérèglements et administrent à leur petit un médicament qui les fera disparaître.

Bobos qui dégénèrent

Cela a plusieurs conséquences fâcheuses. D’abord, en neutralisant les réactions que le corps déclenche spontanément pour rétablir son équilibre, on empêche l’autorégulation. En plus, on court le risque de voir la situation dégénérer en affections plus graves : un rhume traité (ou plutôt « maltraité » ?) peut se transformer en pneumonie, une tension musculaire neutralisée se convertir en hypertension artérielle, etc. Enfin, si l’on poursuit cette chasse aux symptômes pendant des années, l’organisme finit par se désensibiliser. C’est la vraie cause de la plupart de nos problèmes : n’ayant pas conscience de ce qui ne va pas, le corps ne réagit pas et le dysfonctionnement s’installe. Ainsi le cancer – maladie de désensibilisation typique – fait son nid en silence sans aucun symptôme apparent.

Heureusement, cette dégradation n’est pas irrémédiable. Il est possible de sortir l’organisme de son apathie afin qu’il retrouve ces capacités d’autorégulation. Certaines méthodes proposent de le faire en renforçant le système immunitaire grâce à un régime alimentaire, ou en se libérant du stress par des pratiques psychocorporelles ou de la méditation. Si tout cela peut avoir des effets positifs sur le fonctionnement de l’organisme, il est possible d’aller plus loin en s’en remettant totalement à la sagesse du corps.

Le système involontaire

C’est ce que propose le katsugen undo (« mouvement régénérateur »). Contrairement à la plupart des autres méthodes, il ne s’agit pas ici d’exécuter des gestes techniques ou de prendre des postures : les pratiquants sont invités à cesser toute activité et oublier toute recherche pour s’abandonner « corps et âme » pendant les séances. Le but : déconnecter le système « volontaire » de l’organisme et laisser le système « involontaire » seul maître à bord. Sa fonction est de maintenir l’équilibre : il ouvre ou ferme les pores de la peau selon la température ambiante, expulse les épines et les corps étrangers, déclenche vomissements et diarrhée pour évacuer des aliments avariés, ou la fièvre en cas d’invasion microbienne. Au cours des séances, le système involontaire va chercher à réajuster tout ce qui a été faussé dans le corps comme dans l’esprit, en déclenchant des réactions spontanées – mouvements, postures –, parfaitement adaptées aux besoins de chacun.

Peu à peu vont se défaire les nœuds accumulés au fil du temps, soit chaque fois que l’énergie vitale ne peut s’exprimer : quand l’on contrarie le travail de l’organisme par le traitement inopportun de maladies ou symptôme bénins, ou lorsqu’un sentiment, une émotion ou une pulsion naturelle sont refoulés, que ce soit par l’extérieur (parents, groupe social ou religieux) ou par soi-même (autocensure). En évacuant ces obstacles, les mouvements vont permettre à l’énergie vitale de circuler de nouveau librement dans le corps, ce qui est la clé de l’équilibre.

Bonnes et mauvaises maladies

On estime que 85 % des maladies que l’on traite d’une manière ou d’une autre sont en fait des réactions saines de l’organisme pour maintenir son équilibre. Cela inclut les maladies ou symptômes bénins tels que le rhume, qui apparaît chaque fois qu’il y a, à un endroit ou un autre du corps, un excès de fatigue ou de pression que le seul repos ne parvient pas à réguler. Même chose pour la grippe : le problème c’est le virus, et non la fièvre qui sert à le combattre. En cherchant à l’éradiquer, on se trompe d’adversaire. La plupart des symptômes courants ont cette fonction régularisatrice : la fièvre est le signe d’une intensification du travail de l’organisme, les tensions musculaires permettent d’amortir des chocs psychiques, les éruptions cutanées de se « purger » physiquement ou psychologiquement, etc. Si toutes ces réactions, saines au départ, s’installent ou dégénèrent, c’est que l’état de l’organisme s’est dégradé. Le vrai traitement est donc là, au niveau du terrain et non du symptôme.

Réajustement spontané

Même s’il y a, bien entendu, des limites à ce réajustement spontané, il est parfois capable de réussir là où les traitements préalables avaient échoué. Une personne a ainsi vu disparaître progressivement ses symptômes d’épilepsie et a pu arrêter progressivement la prise de tout médicament. Une autre, victime d’un inceste dans son enfance, a découvert le visage de son agresseur au cours d’une séance, jusqu’alors resté caché malgré le recours à la psychanalyse.

Ces libérations ne se font pas en quelques jours. Elles s’accompagnent inévitablement de moments difficiles, ce qui se comprend aisément, car un problème ne peut être réglé que si l’organisme a une perception aiguë de sa nocivité. C’est parce que le corps se resensibilise qu’il redevient capable de détecter les dysfonctionnements et de faire ce qu’il faut pour les réguler.

À l’opposé de l’allopathie

Nous sommes là à l’opposé des traitements (et pas seulement ceux de la médecine allopathique) qui cherchent à couper les symptômes en désensibilisant le corps. Ici au contraire, c’est sa resensibilisation qui est le point de départ de la guérison. Le respect des réactions spontanées de l’organisme ne se limite d’ailleurs pas au physique. Il faut revoir de la même façon son attitude face aux pensées dites « négatives » ou aux « coups de déprime » que l’on cherche à toute force à éradiquer. Chaque fois, en effet, que l’on refoule une pensée ou un sentiment, l’énergie réprimée est contrainte de trouver une autre voie de sortie. C’est l’origine des maladies psychosomatiques et des comportements viciés (agressivité, provocation systématique, repli sur soi, etc.).

La pratique du mouvement régénérateur, en réactivant l’organisme (psychisme inclus) rendra plus facile l’acceptation de symptômes parfois pénibles. D’abord, les pratiquants reprennent peu à peu confiance dans les réactions spontanées de leur corps. Ils vont donc plus facilement accepter celles qui apparaissent tout au long de leurs journées. Ils seront aidés en cela par le fait qu’au fur et à mesure que leur organisme retrouve sa réactivité, ces symptômes dureront de moins en moins longtemps : le rhume d’un corps réactif peut passer en quelques minutes, la grippe en quelques heures ! Ils se libéreront en outre de l’inquiétude, qui gêne le bon « déroulement » d’une maladie ou d’un symptôme.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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