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Nadia Volf : "Les miracles d’aujourd’hui sont l’avenir de la science"

Article paru dans le journal nº 59 Acheter ce numéro
  • Nadia Wolf (Photo d'Astrid di Crollalanza)Nadia Wolf (Photo d'Astrid di Crollalanza)

Œuvrant à rendre l’acupuncture plus tangible par une approche scientifique, le Dr Nadia Volf, agrégée en neuropharmacie, s’interroge sur les capacités « miraculeuses » de guérison du corps humain. Le cœur, qui possède le champ électromagnétique le plus puissant de l’organisme, pourrait bien en être le dénominateur commun.

Alternative Santé. Dans votre dernier livre, Le miracle de la guérison, vous consacrez une longue partie aux recherches démontrant l’incroyable efficacité de l’acupuncture…

Dr Nadia Volf. Il existe près de 30 000 travaux sur l’acupuncture depuis une vingtaine d’années, publiés dans les plus grands journaux scientifiques du monde. Ces études répondent à une méthodologie très stricte, identique à celle utilisée pour vérifier l’efficacité des médicaments. Elles sont menées auprès de trois groupes de référence : un groupe de contrôle (sans traitement), un autre avec des points d’acupuncture actifs et un dernier avec des points inactifs (placebo). L’action de cette pratique peut ainsi être scientifiquement analysée, preuves formelles à l’appui. Son champ d’intervention est très large. L’acupuncture a, par exemple, un effet antalgique reconnu scientifiquement depuis les années 1960. Elle potentialise l’effet des médicaments antidouleur, permettant d’en diminuer le dosage de moitié. Elle était même utilisée comme anesthésiant dans les interventions chirurgicales. Un éminent cardiologue américain, le Pr Isadore Rosenfeld, a publié en 1998 plusieurs articles sur son expérience en Chine, où la stimulation électrique d’un seul point sur le pavillon de l’oreille avait suffi pour une opération à cœur ouvert ! Des travaux montrent en outre que l’acupuncture soulage les douleurs chroniques articulaires, les maux de tête, nausées, vomissements ; aide à lutter contre la perte des neurones due au vieillissement ; régule la tension artérielle ou encore stimule les défenses immunitaires, en augmentant notamment le nombre de lymphocytes NKT dans l’organisme. Les effets observés empiriquement par les anciens trouvent enfin un éclairage moderne, rendant, de fait, l’acupuncture plus tangible, moins mystérieuse.

Comment expliquer les effets spectaculaires de l’acupuncture ?

La pratique active, dans la douleur, une arme que nous avons à notre disposition dans notre corps : les opioïdes internes, qui fonctionnent comme une morphine naturelle appelée endorphine, dont l’effet antalgique procure une sensation de bien-être, voire d’euphorie. De manière générale, il semble que l’acupuncture active des statégies de défense et de compensation du corps. Ces voies physiologiques supplémentaires sont comme un second souffle impliquant d’infinies possibilités de guérison. Diverses expériences ont montré ce mode d’action. En 2012, une équipe chinoise a, par exemple, mis en évidence que la stimulation d’un point particulier d’acupuncture, appelé barrière interne, permet de protéger des rats contre un infarctus du myocarde. Cela permet l’ouverture de petites artères, jusque-là inactives, autour du cœur, afin de suppléer l’artère coronaire ligaturée à titre expérimental. Une autre étude a montré que la stimulation de certains points d’acupuncture pouvait restaurer les fonctions hormonales chez des rates ayant subi une ablation des ovaires… Chaque fois, une seconde voie se met en marche pour que d’autres organes, comme le foie ou les glandes surrénales, sécrètent ces hormones à la place des gonades. Ces résultats peuvent être considérés comme fabuleux, car leur efficacité est spectaculaire. Ils sont reproductibles et devraient être reconnus par la science.

Vous vous intéressez aussi aux formes de guérisons «miraculeuses» liées à l’intervention de guérisseurs…

Ces formes de guérison sont souvent rejetées, car on ne peut les expliquer. Je suis pourtant convaincue que ce que l’on appelle aujourd’hui « miracle » est l’avenir de la science, et que ce doit être étudié avec une approche scientifique et méthodologique. Dès l’enfance, j’ai été confrontée, en Russie – ma terre natale –, à une guérisseuse dotée de capacités extrasensorielles. Alors que j’évoluais dans un environnement de médecins rationalistes et cartésiens, j’ai été témoin de nombreux résultats spectaculaires, dits « miracles », opérés par cette femme sur différentes affections et maladies, plus ou moins graves, allant jusqu’aux cancers. Avec mon père, qui était scientifique, et à qui elle avait sauvé la vie lors d’une complication chirurgicale là où la médecine classique avait échoué, nous avons mené en 1988 une batterie de tests avec elle au sein de l’université de Saint-Pétersbourg. Entourés d’une équipe de chercheurs, de professeurs et de doctorants, nous voulions comprendre la nature de ses pouvoirs et des ondes particulières qu’elle émettait. Cette guérisseuse dégageait en effet avec ses mains des émissions inconnues de la science, produisant la sensation d’une très forte chaleur. Ces expériences, menées au sein du laboratoire d’essais scientifiques de l’université, répondaient à une méthodologie fiable et à un protocole strict, incluant notamment des tests en double aveugle, et écartant formellement toute possibilité de trucage. Or la guérisseuse s’est montré capable, avec ses mains, de modifier le pH et la température de l’eau, de faire fondre des fils en acétate et de déplacer une balle de tennis à distance… Nous avons bien observé, lors de ces expériences, de nombreux « miracles scientifiques », car reproductibles, même s’ils restent encore inexplicables.

Quel rôle joue le cœur dans ces guérisons spectaculaires ?

Le cœur règne sur le corps, notamment via la circulation sanguine, il gouverne le fonctionnement de chaque cellule de l’organisme, mais également l’esprit et les émotions. C’est un organe étonnant : pratiquement jamais touché par un cancer, il fonctionne de manière autonome. Si on le retire du corps, lors d’une transplantation par exemple, il bat tout seul pendant une trentaine de minutes… Le cœur émet le champ électromagnétique le plus puissant et le plus étendu de l’organisme. Sa composante électrique est 60 fois supérieure à celle du cerveau, sa composante magnétique, 500 fois. À travers un électrocardiogramme, nous objectivons la trace de ces ondes. De nombreux travaux scientifiques ont montré que la communication entre cellules, organisme et molécules de l’ADN passe par les ondes électromagnétiques. Il se pourrait donc que le cœur, au champ d’ondes le plus important du corps, dirige et contrôle tous les processus de l’organisme, y compris le codage de la programmation de la matrice génétique et le contrôle de la prolifération cellulaire… Les guérisons extraordinaires pourraient donc peut-être avoir un lien avec une capacité particulière de certaines personnes à émettre et contrôler les radiations électromagnétiques du cœur. Quant aux méridiens d’acupuncture qui, selon diverses expériences scientifiques, assurent une communication hyper rapide dans le corps, bien supérieure à celle du circuit nerveux, ils pourraient constituer des voies de propagation privilégiées du rayonnement électromagnétique du cœur.

Quel avenir pour la recherche autour du cœur et des rayonnements magnétiques dans l’organisme ?

Depuis une quinzaine d’années, je travaille sur un projet scientifique concernant les applications thérapeutiques du champ électromagnétique biologique identique à celui du cœur. Pour l’instant, nous en sommes tout juste au début. Ailleurs dans le monde, différentes recherches sur le rôle exact joué par le cœur dans l’organisme sont menées de manière sporadique. De fait, les choses avancent. L’acupuncture, par exemple, est de plus en plus utilisée et acceptée en milieu hospitalier. En oncologie, elle inhibe les effets secondaires des chimiothérapies comme les nausées, les vomissements et les fatigue. Pour la procréation médicalement assistée, elle augmente considérablement, et de manière statistique, l’efficacité des fécondations in vitro. Il faut, à mon sens, utiliser l’exigence scientifique pour découvrir les mécanismes d’action de ce que l’on observe, sans rien exclure. Si Flemming avait écarté la boîte de Petri où s’étaient développées des moisissures de pénicilline, il n’aurait pas découvert les antibiotiques… Quand quelque chose dépasse notre compréhension, le travail du chercheur consiste justement à essayer de l’expliquer. C’est ce à quoi je consacre toute ma vie. Je suis convaincue que tôt ou tard, on finira par trouver la solution pour traiter des maladies difficilement guérissables aujourd’hui. C’est une question de temps.

 

Aller plus loin :

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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