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Vaccins contre le papillomavirus et cancer du col de l’utérus : les alertes s’accumulent

Article paru dans le journal nº 76 Acheter ce numéro
  • Vaccin anti-HPV : les recommandations se multiplient à l’échelle mondialeVaccin anti-HPV : les recommandations se multiplient à l’échelle mondiale

Alors que les recommandations se multiplient à l’échelle mondiale quant à la nécessité pour les jeunes femmes (et maintenant les jeunes garçons) de se faire vacciner contre le virus HPV (papillomavirus humain), de plus en plus d’études scientifiques viennent semer le doute.

Éradiquer le cancer du col de l’utérus, tel est le credo des politiques mondiales de santé publique. Depuis que le prestigieux « Lancet Public Health » a annoncé d’ici à vingt ans, la disparition de la maladie en Australie, pionnière de la vaccination anti-HPV dans les collèges, l’objectif mondial est d’étendre la couverture vaccinale : les vaccins Gardasil et Cervarix sont extraordinairement efficaces contre les infections aux HPV 16 et 18, responsables de 70 % des cancers. Et Gardasil 9, le dernier-né, promet une efficacité de 90 %. Étendre la vaccination aux garçons permettrait d’accélérer les progrès de la prévention. Si les chercheurs et médecins qui contestent cette vaccination depuis des années sont décrédibilisés, des études qui contredisent les prévisions d’efficacité du vaccin sont publiées.

Fin janvier, des scientifiques britanniques (1) ont exprimé des réserves quant à l’efficacité de la vaccination anti-HPV après avoir analysé les douze essais cliniques (de phase 2 et 3) qui ont validé l’efficacité des vaccins avant leur commercialisation. « Nous ne disposons pas de données suffisantes pour conclure clairement que la vaccination anti-HPV empêche la survenue des anomalies cellulaires de haut grade (CIN3+), susceptibles d’évoluer en cancer », a déclaré la chercheuse à la presse britannique.

Les chercheurs expliquent que ces essais n’ont pas été conçus pour évaluer sa capacité à prévenir les cancers du col, qui mettent des décennies à se développer. Ils critiquent la prise en compte des lésions courantes et bénignes (CIN 1) et leur dépistage trop fréquent dans l’évaluation du vaccin. Selon eux, les essais ont généré un surdiagnostic de lésions qui n’auraient jamais été cancéreuses et auraient régressé spontanément, surestimant peut-être ainsi le score d’efficacité des vaccins.

Ces doutes arrivent au moment où le Cancer Resarch alerte sur une tendance inquiétante. Bien qu’au Royaume-Uni, le taux de vaccination soit un des plus élevés au monde, le nombre de femmes atteintes d’un cancer du col de l’utérus a fortement augmenté (surtout chez les 25-29 ans) depuis l’introduction du programme en 2008. Pourtant, l’incidence des infections aux HPV 16 et 18, ciblés par le vaccin, est passée de 15 % à moins de 2 % en dix ans! Troublant.

Une autre publication, italienne celle-là, sortait aussi en janvier (2), qui étudiait la prévalence des différents types de papillomavirus - il en existe près de 120 - sur la base de 15 000 prélèvements de patientes entre 1998 et 2018. L’étude révèle que le pourcentage de cinq souches de HPV, à haut risque de cancer mais non couverts par Gardasil 9, est passé de 3 à 13 % dans les dysplasies génitales. La hausse des lesions issues de ces HPV non ciblés par le vaccin pose un problème d’efficacité thérapeutique et interroge sur son impact : assiste-t-on à un remplacement de certaines souches du virus par d’autres ?

C’est la question soulevée depuis dix ans par l’enquête des journalistes Catherine Riva et Serena Tinari avec le gynécologue Jean-Pierre Spinosa (3) : les filles vaccinées ne font plus de lésions précancéreuses associées aux HPV 16 et 18 certes, mais elles en font toujours autant (toutes souches confondues) ! D’après l’étude de données non publiées par les fabricants, ils concluent qu’il n’y a pas de différence statistiquement significative entre le groupe des filles vaccinées et celles du groupe placebo.

La collaboration Cochrane, mondialement réputée pour l’excellence et l’indépendance de ses travaux a rendu en mai 2018 un avis favorable sur les vaccins anti-HPV. Avec deux autres chercheurs, Peter C. Gøtzsche, membre fondateur de l’organisation, avait publié une critique virulente de la revue Cochrane sur ces vaccins, dénonçant sa méthodologie et l’emprise de l’industrie pharmaceutique sur le savoir médical. Par 6 voix favorables et 5 contre, il a été expulsé du conseil de gouvernance. Du jamais-vu.

En France, en 2019, quinze professionnels de santé indépendants de l’industrie pharmaceutique ont réagi à « l’Appel des 50 », la communication alarmiste de cinquante sociétés savantes qui réclamaient d’urgence la généralisation et l’extension de la vaccination aux garçons. Dans un droit de réponse solidement documenté, les « 15 » ont expliqué que « des incertitudes majeures pèsent sur l’efficacité et la sécurité des vaccins anti-HPV ». Appelant les pouvoirs publics à résister à l’offensive médiatique des « 50 », ils ont publié une analyse de leurs liens et conflits d’intérêts : « Entre 2012 et 2018, l’ensemble des signataires ont reçu 1 611 066 euros de la part des fabricants des vaccins anti-HPV . »

En novembre dernier, la commission technique des vaccinations a lancé une consultation publique. Associations de patients et d’usagers, collèges nationaux professionnels, sociétés savantes, institutions publiques, industriels… « Tous les acteurs concernés par la politique vaccinale » étaient invités à débattre de l’extension de la vaccination aux garçons… sauf les professionnels de santé. Ceux qui risquaient le plus de s’y opposer? Pour l’heure, la HAS a donné son feu vert pour recommander le vaccin aux garçons.

 

Lire aussi Vaccin anti-HPV : « les données scientifiques justifient pleinement d’en appeler à la prudence »

Sources :

(1) « Will HPV vaccination prevent cervical cancer? »,

Journal of the Royal Society of Medicine, 21 janvier 2020.

(2) « Trends in prevalence in human papillomavirus types and their association with cervical dysplasia », European Journal of Cancer Prevention, janvier 2020.

(3) La piqûre de trop ? Pourquoi vaccine-t-on les jeunes filles contre le cancer du col de l’utérus ?, Catherine Riva, Jean-Pierre Spinosa, éditions Xenia, 2010


 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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