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L’endobiogénie : vers une médecine intégrative

Article paru dans le journal nº 48 Acheter ce numéro
  • Une vision intégrative de la maladie Une vision intégrative de la maladie

L’endobiogénie, née il y a quarante ans, cherche à stimuler les capacités d’autoguérison du corps en identifiant, derrière les symptômes, les déséquilibres du système endocrinien. Spécialiste de la discipline, Jean-Christophe Charrié détaille les points forts de cette approche holistique, fondée sur l’écoute du patient et le recours aux plantes médicinales.

Médecine de « terrain », l’endobiogénie participe d’une conception de la pratique médicale qui refuse de s’en tenir aux symptômes : elle traite en priorité les causes sous-jacentes de la maladie. Jean-Christophe Charrié, médecin endobiogéniste, nous éclaire sur les principes de cette approche qui s’attache à une prise en compte globale de l’organisme, dans un processus de diagnostic et de soin préventif.

Endobiogénie : une vision intégrative de la maladie

Intégrative, l’endobiogénie considère le système endocrinien comme le coordinateur du fonctionnement du corps humain tout entier. Fondée sur des analyses bien cliniques, cette forme de médecine place la phytothérapie au cœur du soin, pour enfin aider le corps à s’auto-guérir, sans lui nuire.

« L’idée a germé dans le cerveau du Dr Christian Duraffourd il y a plus de quarante ans, et le Dr Jean-Claude Lapraz (médecin et président de la Société internationale de médecine endobiogénique et de physiologie intégrative) l’a accompagné dans cette réflexion dès le début. »

L’endobiogénie signifie, littéralement, l’étude du fonctionnement de la vie intérieure. Les principes de cette approche médicale s’enracinent dans la tradition de la médecine occidentale : « Le paradigme est changé, mais le savoir de base reste le même que celui de tout médecin », explique Jean-Christophe Charrié.

Effectivement pratiquée par un médecin, l’endobiogénie se distingue par cette conception plus holistique de l’organisme et des pathologies qui s’y déclarent. Partant du principe que les maladies sont le résultat de dysfonctionnements plus profonds et généraux, elle ne se focalise pas sur la physiopathologie (la maladie), mais davantage sur la physiologie, c’est-à-dire les multiples systèmes en interaction perpétuelle au sein de l’organisme.

Ces différents éléments interconnectés vont des plus infimes structures contenues dans les cellules, aux tissus, aux organes et à l’organisme tout entier. C’est en étudiant ce fonctionnement propre à l’individu, son « terrain », son organisation intrinsèque, que le médecin en endobiogénie soigne.

La nature de l’agression à l’origine du mal peut varier : émotionnelle, externe (pollution, changements de saison), ou encore « endogène », c’est-à-dire spécifique au terrain du patient. L’endobiogénie est en somme à la physiologie ce que la médecine traditionnelle chinoise est à l’énergie. Ce type d’approche marque la fin des traitements « typiques » puisqu’il s’agit de comprendre l’origine de la pathologie en cernant le fonctionnement mécanique des divers éléments dont elle dépend.

Le système endocrinien, chef de chantier de l’organisme

Selon les médecins qui pratiquent l’endobiogénie, le fonctionnement de l’organisme dépend d’un gestionnaire, d’un « chef de chantier », à savoir le système endocrinien.

Depuis la naissance, le système hormonal gère le métabolisme via les interactions entre les cellules, et se fait accompagner par la suite du système neurovégétatif, dès les 6e et 7e semaines de la vie. Il comporte quatre axes, en partant de l’hypophyse, qui ordonne l’information, en passant par les glandes surrénales, les gonades (ovaires et testicules), la thyroïde, « chaudière » qui procure l’énergie, et finalement le foie et le pancréas.

Toute la vie, les phases d’entretien alternent avec des phases de restauration lorsqu’un déséquilibre apparaît. Ce mécanisme d’auto-restauration bénéficie de la supervision du système hormonal, qui régule toutes les interactions du corps et se gère lui-même.

« Nous comprenons les mécanismes d’auto-réparation et nous nous attachons, chez un patient, à rechercher pourquoi celle-ci ne fonctionne pas bien, afin d’expliquer l’émergence de la maladie. » C’est donc précisément quand un déséquilibre affecte ce gestionnaire que la maladie se déclare : l’organisme n’a pas pu réagir et s’auto-réparer face à la perturbation. Ce déséquilibre, l’agression, vient bouleverser le fonctionnement normal du système et fait dévier l’individu de son état de santé, pouvant à terme causer la maladie.

La prévention et l'écoute au cœur du soin

L’organisme doit donc en principe être à même, lorsqu’il est dans un état physiologique normal, de se réadapter et de réagir face à une agression pour conserver son état d’équilibre. S’il ne parvient pas à opérer un rééquilibrage optimal, il entre en « déséquilibre pré-critique ». Ensuite, si d’autres agressions surviennent et menacent davantage cet équilibre, il peut alors basculer et la maladie se déclarer.

Contrairement à la pratique médicale traditionnelle qui vient « tuer » le symptôme une fois déclaré, l’endobiogénie analyse les éléments à la base de ces dysfonctionnements pour en comprendre l’origine. Les médecins la pratiquant essaient de repérer les déséquilibres qui affectent le terrain de chaque individu : « Nous déterminons cliniquement des fragilités d’organes chez l’individu. En procédant ensuite à un examen biologique, nous étudions de façon approfondie leur fonctionnalité et repérons leurs “défauts” ou “qualités”. À ce moment-là, nous admettons que, si une agression majeure s’annonce, ils seront plus enclins à contracter certains types de maladies : nous pouvons en conséquence mettre en place un soin préventif ciblant leur fonctionnalité, pour les aider à remédier à cette fragilité », précise Jean-Christophe Charrié.

C’est en cela que l’endobiogénie se différencie de la médecine classique, qui étudie le fonctionnement des divers éléments de l’organisme une fois qu’ils sont touchés par la pathologie. Pour pousser l’analyse clinique de l’état du patient, les médecins endobiogénistes ont recours à la « biologie des fonctions ». Ce bilan biologique, qui consiste en un prélèvement sanguin, tient une place essentielle dans le soin. L’analyse des chiffres des résultats permet non seulement de comprendre le fonctionnement physiologique du patient, mais également de rattacher l’anomalie repérée aux mécanismes originels, afin de tirer des conclusions et de prévenir d’éventuelles pathologies. Ces analyses permettront par la suite de suivre l’évolution de l’état du patient.

Au fondement de tout diagnostic, l’écoute du patient joue un rôle déterminant. Elle constitue un axe majeur dans la relation avec le médecin et se révèle souvent primordiale pour le malade, qui a besoin d’être écouté. « L’écoute du patient n’est pas une nouvelle forme de relation patient-médecin, elle doit exister. Il est malheureux qu’elle se soit perdue, car elle existe dans la relation soignant-soigné depuis la nuit des temps », souligne le Dr Charrié. L’endobiogénie constitue donc une rupture vis-à-vis d’une médecine et plus largement d’un système de soin devenu expéditif. Une première consultation peut d’ailleurs durer jusqu’à une heure et demie selon les praticiens. Appuyé par les propres observations du médecin au travers de la physionomie du patient, son comportement et ce qu’il exprime inconsciemment, chaque détail rapporté lors de la consultation a son importance et peut permettre de déceler des liens entre divers symptômes. « C’est cette écoute qui nous permet de comprendre comment l’organisme a réagi par rapport à diverses informations au cours de la vie et de cerner son fonctionnement ».

La phytothérapie clinique, une aide à l’auto-guérison

Pour le Dr Charrié, « la plante médicinale n’est pas une finalité en soi, mais le meilleur outil thérapeutique en endobiogénie, car elle présente des propriétés symptomatiques, de drainage, neurovégétatives, et endocriniennes ».

Le but du médecin, en endobiogénie, demeure donc de permettre au patient d’accompagner son organisme pour modifier son fonctionnement, via une prise en charge non-agressive, et ainsi de l’aider à faire son propre travail. Il ne s’agit plus de substituer des traitements lourds et banalisés à sa propre action, même en cas de manifestations sans gravité. Ces médicaments souvent puissants peuvent en effet entraîner des effets indésirables graves. Ainsi, ils handicapent l’individu au-delà des symptômes dont il souffrait déjà, ne correspondant pas nécessairement à la structure et au fonctionnement particulier de son organisme. Cette iatrogénicité du médicament, le fait qu’il puisse occasionner des pathologies par sa toxicité, est ici évitée.

Cependant, les traitements allopathiques ne sont pas complètement abandonnés, car parfois la phytothérapie ne peut pas être administrée comme seul point d’appui. Cela concerne les pathologies empêchant l’organisme d’opérer une « réactivité adaptative » dans des délais suffisants.

Quand l’organisme n’est effectivement pas en capacité de s’auto-restaurer assez rapidement sans mettre en danger la vie du patient, le traitement par les plantes médicinales vient en complément d’une thérapeutique pharmacologique. Dans tous les cas, la phytothérapie aide l’organisme à réguler par lui-même ses propres dysfonctionnements. Ici, elle se fait donc clinique, c’est-à-dire qu’elle nécessite que l’on possède des connaissances médicales du corps humain et donc que l’on ait effectué des études de médecine, puisqu’elle traite les mécanismes profonds et non plus les symptômes.

En France, seulement quelques médecins pratiquent la médecine endobiogénique. Cinq ans d’attente sont d’ailleurs nécessaires pour obtenir une consultation avec le docteur Charrié. La pratique tend aujourd’hui à se développer pour répondre à la demande grandissante des patients, notamment grâce à un futur institut de formation. Bien que cette prise en charge ait été conceptualisée par des médecins français, elle fait cependant ses preuves hors de nos frontières et s’installe lentement mais sûrement dans d’autres pays comme la Tunisie, la Lituanie et le Mexique, où le Dr Charrié a d’ailleurs déjà pu former une cinquantaine médecins.

Et en pratique...

Concrètement, en prenant l’exemple de la prise en charge d’une infection ORL classique faisant souffrir le patient de maux de gorge ou de sinusite, le traitement administré par le médecin en endobiogénie viendra réguler un autre système, en amont. « Nous nous intéresserons au fonctionnement du pancréas : il conditionne le système nerveux végétatif, et en particulier le système parasympathique qui favorise l’état congestif de la sphère ORL. Plutôt que d’administrer d’emblée des antibiotiques et des anti-inflammatoires, on préférera un traitement qui aura une action de soulagement sur le fonctionnement du pancréas, diminuant ainsi l’impact du système parasympathique sur l’état congestif à l’origine des troubles. » C’est par ce procédé que, parallèlement, la récidive de ces pathologies chroniques sera évitée.

 

Aller plus loin :

Association des usagers de la phytothérapie clinique

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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