Pour consulter le site sans publicités inscrivez-vous

Vaccin ou pas, micronutrition et microbiote seront décisifs

Article paru dans le journal nº 86 Acheter ce numéro
  • La longévité de nos lymphocytes est directement liée au statut nutritionnelLa longévité de nos lymphocytes est directement liée au statut nutritionnel

Face à la menace du Covid comme de la grippe, que vous fassiez le choix du vaccin ou que vous comptiez sur votre seule immunité naturelle, vous ne pourrez faire l’impasse sur la question nutritionnelle. La crise du Covid aura eu le mérite de révéler le statut micronutritionnel fort médiocre de la population générale. Nous disposons pourtant de connaissances à profusion sur les liens entre micronutrition et immunité, avec un niveau élevé de preuves.

Efficacité et sécurité vaccinale : l’environnement nutritionnel en question

La vaccination vise la production d’anticorps par les lymphocytes, des cellules œuvrant pour l’immunité adaptative et qui produisent des anticorps spécifiques à chaque ennemi. En permettant une réponse plus ciblée, cette voie évite de mobiliser toute l’armée à chaque intrusion et donc d’épuiser l’organisme. Un lymphocyte bien nourri produit beaucoup d’anticorps et fait son travail efficacement. Alors que s’il est dénutri, il va rapidement péricliter. Plus ces anticorps sont nombreux et de qualité, plus la vaccination sera efficace. La longévité des lymphocytes est directement liée au statut nutritionnel.(1) Par ailleurs, un mauvais fonctionnement des lymphocytes constitue un risque d’auto-immunité, phénomène souvent rencontré dans les accidents vaccinaux.

Que ce soit suite à un vaccin ou lors de la rencontre naturelle avec un microbe, nous réagissons tous d’une manière différente. Il est nécessaire de comprendre pourquoi. Les trois déterminants majeurs sont le polymorphisme génétique (variations dans l’expression des gènes qui vont rendre les protéines plus ou moins fonctionnelles), le microbiote intestinal et le statut micronutritionnel. Et ces deux derniers ont une influence non négligeable sur le premier. Nous devons avoir une réponse immunitaire suffisante et adaptée, c’est-à-dire avec un maximum d’efficacité, le moins d’effets collatéraux possibles et qui sache s’arrêter à temps. Pour le Pr Vincent Castronovo, « si l’on s’occupait davantage du système immunitaire, il y aurait moins d’accidents vaccinaux et probablement aussi moins de vaccins. » Selon lui, avant tout acte vaccinal, les médecins devraient préparer le patient à ce que la réponse immunitaire soit la plus juste possible.


Mais la vaccination ne doit pas occulter l’immunité naturelle, c’est-à-dire les capacités intrinsèques de l’organisme à se défendre. C’est ce que nous rappelle cette publication dans le Journal of Clinical Immunology and Immunotherapy, qui estime contraire à l’éthique de laisser la population exposée sans protection immunitaire pendant la période nécessaire à la mise au point d’un véritable vaccin (plusieurs années), alors qu’un soutien micronutritionnel adapté permettrait de développer un immunité collective.(2) Ce qui peut choquer, c’est qu’à l'exception sans doute des médecins du réseau international FLCCC (qui proposent notamment dans leurs protocoles prophylactiques ou ambulataire précoces vitamine D, C, Zinc, quercétine, ivermectine et mélatonine) (3) aucun expert ou presque n’a appelé, entre les deux vagues, à profiter de l’accalmie pour dresser en urgence un état des lieux de l’immunité de la population et le cas échéant, à lancer une campagne de supplémentation. Ceci est un symptome, parmi d'autres, du stupéfiant déni des traitements précoces,  en France comme dans d'autres pays développés, qu'a analysé en détail le sociologue Laurent Muchielli (4).

Vitamine D, zinc et oméga-3 font la différence

Les principaux micronutriments influenceurs de la vaccination sont le zinc et la vitamine D, mais il faudrait aussi vérifier le statut d’autres micronutriments qui interviennent comme cofacteurs de nombreuses réactions enzymatiques de l’immunité, ou bien qui agissent sur le comportement des mitochondries ou la transcription de certains gènes lors d’un évènement immunitaire. C’est le cas par exemple des vitamine A et B12, du magnésium et du cuivre.

Ces micronutriments interviennent à chacun des trois niveaux sur lesquels repose notre système immunitaire : les barrières (muqueuses), l’immunité innée et l’immunité adaptative.

  • Au niveau des barrières, le zinc participe au renouvellement des entérocytes (cellules de l'intestin), la vitamine D à la production des peptides antimicrobiens.
  • Au niveau de l’immunité non spécifique, la vitamine D encadre la production d’interleukines pro-inflammatoires et l’activité des macrophages, les antioxydants la production de radicaux libres, les oméga-3 l’intensité de la réponse inflammatoire.
  • Au niveau de l’immunité adaptative, le zinc est nécessaire à l’amplification clonale (réplication des lymphocytes) et la vitamine D à la production des cellules T-Reg, casques bleus de l’immunité.

On comprend rapidement que sans un niveau suffisant de ces micronutriments, notre immunité va se trouver en difficulté. Le jour où l’on rencontre un pathogène plus agressif que les autres, ça peut très mal se passer, parce que le système immunitaire n’a plus de garde-fou. Des bilans de biologie nutritionnelle préventive existent, mais ils sont rarement proposés et très mal remboursés. Il faut dire que pour l’essentiel, le financement de la recherche médicale est consacré au curatif, nettement plus rentable, et très peu à la prévention.

Pour la vitamine D, la crise du Covid aura été la consécration. Elle tient dans l’attitude du système immunitaire un rôle incontournable que chaque nouvelle étude vient confirmer et préciser. Nous savons à présent qu’un taux insuffisant est associé à un risque significativement plus élevé de dépistage positif au Covid.(5) Une méta-analyse incluant 27 études montre qu’un taux bas de vitamine D accroît le risque d’hospitalisation et la mortalité. (6) Les chercheurs ont observé une corrélation entre la carence en vitamine D et la sévérité de la maladie.

Une autre méta-analyse, totalisant 11 321 participants et couvrant toutes les tranches d’âge, il ressort qu’une supplémentation quotidienne ou hebdomadaire en vitamine D réduit le risque d’infection aiguë des voies respiratoires pour l’ensemble des participants.(7) Mais la vitamine D soulève aussi des polémiques. Si la sévérité du Covid semble proportionnelle à la carence en vitamine D, pour le Jean-Michel Wendling, la non prise en compte de cette information pourrait remettre en question la plupart des études randomisées sur les traitements du Covid.(8)

Le zinc est proposé comme adjuvant de vaccins contre le SARS-COV-2, préférentiellement dans un vaccin oral pour en bénéficier pleinement.(9) Il peut aussi être utilisé comme traitement préventif et adjuvant dans le Covid, notamment parce qu’il intervient dans la régulation de l’inflammation, de la réponse antivirale et antibactérienne, de la production de mucus et préviendrait les lésions pulmonaires.(10) Par ailleurs, le zinc est nécessaire au transport de la vitamine A, elle-même nécessaire à la biodisponibilité de la vitamine D. En effet, les récepteurs cellulaires à la vitamine D ont besoin de vitamine A pour être exprimés.

La supplémentation en oméga-3 peut-elle aider à réduire les complications dans le Covid ? Le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) est principalement associé à une surproduction incontrôlée de cytokines inflammatoires. Les acides gras oméga-3 sont connus pour leur contribution à un climat physiologique anti-inflammatoire, notamment comme précurseurs des prostaglandines qui encadrent l’inflammation. Généralement utilisés pour équilibrer le terrain biologique en prévention des affections hivernales, des chercheurs envisagent cette fois-ci de les utiliser pendant la phase aigüe de la maladie, en plein choc inflammatoire afin de limiter l’intensité et la durée de celui-ci.(11)

Pour revenir à la prévention, les mêmes chercheurs rappellent que les apports alimentaires en oméga-3 dans les pays occidentaux restent très insuffisants. Améliorer ces apports, notamment en EPA et DHA qu’on trouve dans les produits de la mer, pourrait s’avérer utile pour prévenir les maladies infectieuses, y compris le Covid.

Lire aussi Des super-probiotiques à l’épreuve du COVID

Vaccination : l'intestin aussi a son mot à dire

Il n’est pas possible aujourd’hui de comprendre une réaction immunitaire sans inclure dans l’équation l’intestin et son microbiote. Dans les premières années de la vie, le microbiote va véritablement façonner le système immunitaire. Sans stimulation microbienne, le système immunitaire est sous-développé.(12) Même tout au long de la vie, la présence permanente de bactéries aux portes de l’intestin est nécessaire à l’entraînement de nos troupes de défense.

Tout ce qui transite par l’intestin est échantillonné par les cellules dendritiques et les cellules M, présenté ensuite aux cellules de la mémoire immunitaire pour y être comparé avec le registre des amis et des ennemis. Il existe des immunoglobulines, les IgA, qui ne sont pas produites en réponse à une intrusion mais qui vont au-devant de l’intrus potentiel, histoire de toujours savoir qui se présente à la porte. Il se trouve que les vaccins oraux stimulent d’abord les IgA. Ce n’est pas le cas des vaccins injectés, majoritaires, qui ne prennent pas en compte ce système de veille immunitaire.

Tout est question d’équilibre et de régulation. Les cellules du système immunitaire entérique (GALT) peuvent produire des molécules protectrices ou agressives en fonction du contexte. L’hyper-inflammation et les tempêtes de cytokines observées dans les formes sévères de Covid (ou dans des réponses vaccinales inadéquates) prennent leur source ici. La composition du microbiote intestinal et son activité métabolique exercent une influence profonde sur l’aiguillage de départ de la réponse immunitaire. Les preuves continuent de s’accumuler : des altérations du microbiote intestinal peuvent impacter non seulement l’immunité intestinale mais aussi celle des autres muqueuses de l’organisme, incluant l’arbre respiratoire.

Nous avons donc la surface du tractus digestif, équipée d’un vaste éventail de cellules immunologiquement actives, qui fait face à une foule de bactéries en plus grand nombre que nous n’avons de cellules dans tout le corps humain. Ce duo, qui joue au tennis dans notre ventre à chaque instant, a le pouvoir de décider si une vaccination va être efficace ou non.

La corrélation entre microbiote et réponse vaccinale est établie dans plusieurs études récentes. Lors d’une vaccination, le microbiote agirait à la fois comme modulateur immunologique et comme adjuvant naturel.(13) Les mécanismes sous-jacents au dialogue entre microbiote et système immunitaire sont d’une importance capitale, surtout en début de vie, lorsque la majorité des vaccins sont administrés. Sur modèle animal, une dysbiose causée par des antibiotiques en début de vie empêche une bonne réponse, en termes de quantité d’anticorps, à cinq vaccins courants. En bref : moins d’anticorps produits, mais pas moins de production de cytokines pro-inflammatoires.(14)

La réponse individuelle aux vaccins est particulièrement sensible à la composition et la richesse du microbiote, c’est-à-dire la diversité des familles bactériennes présentes, leur nombre et leur répartition. Nous revenons ici à la nutrition, parce que nous entretenons les bactéries que nous nourrissons. Chez les personnes âgées, on observe que les altérations du microbiote induites par l’alimentation sont corrélée au déclin de la santé après le vieillissement. On retrouve un microbiote appauvri, avec notamment moins de bifidobactéries et davantage d’entérobactéries, moins d’acides gras à chaîne courte (monnaie d’échange entre bactéries symbiotiques et cellules intestinales), davantage d’interleukine-6 et de TNFα, qui sont les principales cytokines pro-inflammatoires.(15)

Outre les corrections nutritionnelles, un apport en probiotiques (des bactéries qui viennent en renfort du microbiote), montre-il un intérêt pour améliorer l’efficacité vaccinale ? Une méta-analyse compilant 26 études, totalisant 3 812 participants et concernant 40 souches de probiotiques, conclue à une amélioration de la réponse au vaccin antigrippe chez les personnes âgées, habituellement mauvais répondeurs. Les effets sont les plus concluants avec les vaccins oraux et parentéraux, ce qui confirme l’importance de ne pas court-circuiter l’intestin lors d’une stratégie vaccinale.(16)

Pour les chercheurs, les probiotiques offrent une intervention bon marché pour améliorer l’efficacité du vaccin et la durée de protection. Des études sont en cours pour déterminer quelles sont les souches les plus efficaces, à quelles doses et à quel moment les administrer dans le calendrier vaccinal.

Conclusion

Face à la question des vaccins, non seulement il serait bien que la décision de chacun soit éclairée, mais quel que soit ce choix, l’état du terrain biologique reste déterminant et en prendre soin n’apparaît plus comme une option. En l’état actuel des connaissances, nous devrions, avant toute vaccination, prendre du zinc et de la vitamine D, ainsi que des probiotiques suffisamment dosés en bifidobactéries et lactobacilles.

Enfin, n’oublions pas que l’immunité est étroitement liée à notre état psychoaffectif. L’intestin est physiologiquement une "poubelle à émotions" et les molécules du stress impactent directement l’activité des cellules immunitaires. Il est probable que la communication anxiogène autour du Covid contribue à diminuer ou à perturber nos capacités de défense. La première chose à faire actuellement est peut-être de sortir de la peur et de retrouver notre sens critique.

 

Références :

  1. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/imr.12732
  2. http://news.drwlc.com/Documents/HCIIT-20-011.pdf
  3. "I-MASK+ Prophylaxis & Early Outpatient Treatment Protocol for COVID-19", Front Line Covid-19 Critical Care Alliance
  4. https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/091220/comment-comprendre-le-deni-des-traitements-precoces-de-la-covid
  5. https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/article-abstract/2770157
  6. https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/10408398.2020.1841090
  7. https://www.bmj.com/content/356/bmj.i6583
  8. http://www.francesoir.fr/societe-sante/la-carence-en-vitamine-d-un-facteur-determinant-dans-la-severite-de-la-covid
  9. https://www.researchgate.net/publication/340630386_Proposal_for_a_vaccine_for_COVID-19_with_inhibited_virus_and_zinc
  10. https://www.spandidos-publications.com/10.3892/ijmm.2020.4575
  11. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0300908420302091
  12. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/imm.12231
  13. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6616116/
  14. https://jlb.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1189/jlb.5MR0617-216R
  15. https://www.nature.com/articles/nature11319
  16. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0264410X17311672
  17. https://mbio.asm.org/content/12/1/e03022-20

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

Pour consulter le site sans publicités inscrivez-vous