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Paul Alimi : "Je me suis demandé si j’étais commerçant ou soignant"

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  • Paul AlimiPaul Alimi

Paul Alimi n’a rien à vendre. Ce médecin généraliste n’est riche que de ce qu’il veut transmettre à ses patients. Issu du sérail, ce soignant pas comme les autres a eu, un jour de 2006, une prise de conscience et s’est juré de ne « plus soigner comme ça », de sortir du carcan de la médecine conventionnelle. Celui qui répond à vos questions dans le Courrier des lecteurs répond aujourd’hui aux nôtres.

Alternative Santé Vous avez fait vos études de médecine au CHU de Saint-Antoine, à Paris. ­Comment vous sentiez-vous ?

Paul Alimi Assez mal pour débuter ma psychanalyse dès la deuxième année. J’étais profondément mal à l’aise dans ce grand amphi où les gens se croisaient sans se dire bonjour, où les étudiants étaient clairement d’une autre classe sociale que la mienne et me le faisaient bien comprendre…

A. S. On a coutume de dire que ce sont les premières années de médecine qui sont les plus dures. Pourquoi ?

P. A. Parce qu’on y attaque d’emblée les matières fondamentales, l’anatomopathologie, l’anatomie, la biologie… Ces matières sont les fondations qui vont constituer l’édifice de l’enseignement. Les années qui suivent sont beaucoup plus vivantes, avec l’enseignement des symptômes, des maladies, et surtout la rencontre avec les malades dans les hôpitaux.

A. S. Vous avez opté pour la médecine généraliste. Est-ce souvent le cas des étudiants ?

P. A. Non. À mon époque, le CHU de Saint-Antoine était celui des enfants de patrons et de médecins. Pour eux, il n’était pas concevable de faire de la médecine générale, qu’ils méprisaient, eux qui ne voyaient la médecine qu’à travers le prestige d’une spécialisation. Moi, je voulais vraiment embrasser ce métier dans la globalité ­qu’offrait la médecine générale.

A. S. Vous avez très certainement eu la visite de visiteurs médicaux… Comment pourriez-vous décrire ces relations commerciales ?

P. A. Au début, j’étais très naïf. J’étais toujours enthousiaste face aux nouvelles molécules. Mais assez rapidement, j’ai pris du recul, et j’ai pris le parti de prescrire très peu et seulement des médicaments que je connaissais bien, pour induire le moins d’effets secondaires possible.

A. S. Comment viviez-vous votre quotidien durant les quelque trente années de pratique de la médecine généraliste ?

P. A. Nombre de mes collègues tentaient de rompre ce quotidien par quelques verres d’alcool, car le médecin ingurgite beaucoup « d’infos » du patient, parfois des choses dramatiques. Mon protocole personnel, c’était de m’enfermer dans une sorte de huis clos, de sas. En arrivant chez moi, je devais ­passer du temps seul, sans entendre ni voir personne. Je dînais seul, je me murais dans le silence juste pour me laver de ces journées, pour pouvoir changer d’état et être ­disponible pour ma femme.

A. S. En 2006, vous vous dites que vous ne pouvez « plus soigner comme ça ». C’est-à-dire ?

P. A. J’ai commencé assez rapidement à très mal vivre le fait que je ne valais, aux yeux de mes patients, pas grand-chose. Ils n’avaient de cesse de me répéter : « Le spécialiste m’a dit que… ». Et mon diagnostic ou mes propositions ne pesaient pas lourd à leurs yeux. Du coup, piqué au vif, j’ai voulu me spécialiser et je suis devenu médecin du sport, puis traumatologue, médecin d’équipe et enfin, très naturellement, l’ostéopathie s’est imposée à moi. Comme ça demandait du temps, ...

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