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Nationaliser l’industrie pharmaceutique ?

Article paru dans le journal nº 78 Acheter ce numéro

C’est exactement en ces termes que, début mars, trois auteurs britanniques ont titré leur point de vue dans le très respectable British Medical Journal. Toutefois, l’un de ces auteurs laisse la question en suspens, avançant que les profits réalisés par les firmes sont vitaux pour le développement de nouveaux médicaments. Alors, ce nouveau pavé jeté dans la mare aux conflits d’intérêts ne serait-il en réalité qu’un pétard mouillé de plus ?

Les faits suivants sont reprochés :

  • La priorisation des médicaments blockbusters (ceux dont le chiffre d’affaires au niveau mondial dépasse le milliard de dollars) au détriment des médicaments « commercialement peu attrayants », mais dont le public a un grand besoin.
  • La fixation du prix des médicaments qui ne prend pas en compte la contribution des autres acteurs, notamment celle des institutions publiques.
  • Le fait que les brevets sont si larges et forts que les prix élevés pratiqués peuvent se maintenir malgré la commercialisation des génériques.
  • La financiarisation excessive de certains secteurs de cette même industrie comme le rachat d’actions qui dépasse les budgets consacrés à la recherche et au développement.
  • La réduction des coûts par l’externalisation outremer des capacités de production, aux dépens des moyens de proximité.

Et, au registre de la défense :

  • L’industrie pharmaceutique a participé à la considérable amélioration de la santé dans son ensemble, en particulier par l’éradication de la variole, la découverte des médicaments contre le sida et plus récemment celle des anticorps monoclonaux : ces trois innovations ont sauvé à elles seules des millions de vies.
  • L’assertion que les pouvoirs publics ne pourraient pas engager les sommes faramineuses nécessaires à la découverte et à la mise au point de médicaments innovants.

À chacun de se faire une opinion. Mais il est certain que rester dans un tel statu quo ne peut être que délétère pour les deux parties. La santé publique dans un premier temps (elle en paie dès maintenant le prix fort) et l’industrie pharmaceutique à plus ou moins long terme dont l’arrogance finira par trouver un maître.

 

Source :

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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