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Les vaccins jugés non essentiels pour les jeunes enfants... britanniques

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  • Les vacins contre le Covid-19 pour les enfants jugés non essentiels pour l'instant au Royaume-UnisLes vacins contre le Covid-19 pour les enfants jugés non essentiels pour l'instant au Royaume-Unis

Ces dernières semaines dans les médias français, de plus en plus de commentateurs semblent s’inquiéter du « taux extrêmement faible d'enfants vaccinés dans la perspective de la rentrée de septembre », anticipant une reprise de l’épidémie de Covid-19 à l’automne et un potentiel « retour de bâton virulent ». A contrario, certains pays comme le Royaume-Uni refusent de s'engager hâtivement sur la vaccination massive des jeunes enfants.

En février dernier, l’Union Européenne approuvait l'utilisation du vaccin de Moderna chez les enfants de plus de 6 ans et l'Agence européenne des médicaments (EMA) commençait à évaluer son utilisation chez les moins de 5 ans. En France, dans son avis du 6 décembre 2021, le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale recommandait la vaccination des 5-11 ans (avec les vaccins disponibles et validés au niveau européen comme la formule pédiatrique du vaccin Pfizer-BioNTech), et, début janvier 2022, l’Académie nationale de médecine appelait à « ne plus hésiter » afin d’obtenir une « immunité collective suffisamment élevée. D’autres pays, comme le Royaume-Uni ont une vision différente et refusent de se précipiter pour des raisons qu’un scientifique vient d’expliciter récemment dans un article scientifique.

85 % des 5-11 ans ont déjà acquis une immunité naturelle depuis Omicron

En février dernier, le Comité mixte sur la vaccination et l'immunisation (JCVI) du Royaume-Uni indiquait que les vaccins contre le COVID-19 chez les enfants de 5 à 11 ans n'étaient pas essentiels, ce qui avait provoqué l'indignation de certains professionnels de la santé dans le pays. Le docteur Hamid Merchant, actuellement à la tête du département de pharmacie de l’université de Huddersfield, n’a eu de cesse de promouvoir la vaccination durant la pandémie, le rendant peu suspect d’être un opposant farouche à la vaccination. Il a pourtant publié, fin mars2022, un article d’opinion intitulé « Pourquoi les vaccins COVID pour les jeunes enfants (5-11 ans) ne sont pas essentiels dans l’immédiat ? »

Dans cet article remarqué, il appelle à ne pas se « précipiter » concernant la vaccination massive des jeunes enfants, expliquant que les « besoins » en vaccination de cette tranche d’âge ne sont pas essentiels, notamment car plus de 85 % des enfants y appartenant  été contaminés durant la vague Omicron et ont acquis une immunité naturelle qui leur « fournira toujours une protection contre les maladies graves lors d'une future réinfection ».

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Un public trop hétérogène pour un vaccin unique par injection

Détaillant les mécanismes sous-jacents des vaccins contre le COVID-19 actuellement déployés, le docteur rappelle que ces derniers ont du mal à s’adapter rapidement aux nouveaux variants et que l’hospitalisation, l'admission en soins intensifs et le décès sont « peu fréquents» chez les enfants. Il poursuit en alertant sur le fait que les fortes variations de taille et de poids chez les enfants font qu’un format unique de vaccin ne conviendrait pas à tous et « augmentent potentiellement les risques », un critère clef qui, selon l’expert, « déséquilibre » la balance bénéfice-risque.

Il explique en effet que chez les 5-11 ans, la masse musculaire du haut de l’épaule (deltoïde) varie considérablement d’un enfant à l’autre et que les injections intramusculaires sont souvent contre-indiquées chez les très jeunes enfants avec une masse deltoïde minimale (ilsse voient plutôt proposer des injections dans les muscles fessiers). Injecter par inadvertance un vaccin contre le Covid-19 dans le système vasculaire du muscle deltoïde d’un enfant peut ainsi entraîner, si le muscle n’est pas assez développé, la diffusion du produit dans des tissus éloignés et augmenter les risques d’effets indésirables comme la myocardite ou péricardites postvaccinales.

Il conclut en rappelant que de futurs vaccins par voie nasale seront très certainement « plus adaptés » aux enfants, les protégeant contre de possibles – mais rares – formes graves et, surtout, contre l’infection elle-même, aidant en ceci à lutter contre la propagation du virus.

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Sources :

« Why COVID vaccines for young children (5–11 years) are not essential at this moment in time? », Journal of Pharmaceutical Policy and Practice, 28 mars 2022.

Conseil d’Orientation de la Stratégie Vaccinale Avis du 6 décembre 2021 – Vaccination des enfants âgés de 5 à 11 ans, Solidarites-sante.gouv.fr.

"Vaccination des enfants de 5 – 11 ans contre la Covid-19 : ne plus hésiter", communiqué de presse de l'Académie Nationale de Médecine, 25 janvier 2022.

"Independent report JCVI statement on vaccination of children aged 5 to 11 years old", Gov.uk, 16 février 2022.

"Risk of myocarditis and pericarditis after the COVID-19 mRNA vaccination in the USA: a cohort study in claims databases", 11 juin 2022, et "Myocardite et péricardite après la vaccination Covid-19", rapport epi-phare, 7 avril

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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