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La science doit-elle se mêler de politique ?

  • La science doit-elle se mêler de politique ?
Article paru dans le journal nº 113

Dans un récent édito1, la revue scientifique Nature annonce qu’elle prendra probablement position à l’occasion de la présidentielle américaine de 2024. Selon elle, « lorsque des candidats représentent une menace pour la raison, la science doit s’exprimer ». Une posture déjà adoptée en 2020 en faveur du candidat Biden face au candidat Trump, ou en 2012 en appelant à la réélection de Barack Obama. En 2020, l’édito de Nature mettait en garde contre le danger que représenterait un mandat supplémentaire de Donald Trump, « pour la science, mais aussi pour la santé et le bien-être de la société américaine et du monde entier ». L’article affirmait que « lorsque des individus briguant le bureau ovale ont un bilan lourd de dommages, qu’ils méprisent ouvertement les faits […], il devient important de se faire entendre ».

Dont acte. D’autant que personne ne voit rien à redire lorsque les scientifiques du Giec interpellent les gouvernements sur les actions à mener contre les dérèglements climatiques. Alors pourquoi la démarche de Nature poserait problème ? Peut-être que choisir ouvertement un camp (les Démocrates) plutôt qu’un autre (les Républicains), c’est afficher une orientation politique qui semble incongrue. Car si les arguments avancés par Nature à l’encontre de Donald Trump sont audibles, comment comprendre que soit sacrifiée la neutralité scientifique au profit de la réélection de Barack Obama ? De mémoire, Mitt Romney [candidat des Républicains en 2012, NDLR] ne mettait à mal ni « la science » ni « les institutions scientifiques » et ne représentait aucune « menace pour la raison ».

Mais surtout, si le Giec n’a jamais été confronté à des scandales mettant en jeu sa probité, il en va autrement des fameuses institutions scientifiques, et plus précisément sanitaires, soutenues par Nature. Le NIH (National Institutes of Health) d’Anthony Fauci, les CDC (Centers for Disease Control and Prevention) de Rochelle Walensky, voire l’OMS sont aujourd’hui soumis à la question des commissions et tribunaux, et confrontés aux révélations qui font suite aux investigations post-Covid. Quant aux revues scientifiques, doit-on rappeler que The Lancet publiait sur l’inefficacité de l’hydroxychloroquine une étude si corrompue qu’elle a abouti à l’affaire dite du « Lancet Gate »2.

Dès lors, on peut s’interroger sur la prise de position de Nature. Lorsque la probité scientifique est corrodée par le manque d’intégrité, que peut valoir un soutien politique si ce n’est consolider un entre-soi ? C’est en tout cas une énième collusion qui achève de prononcer le divorce avec le grand public.

Références bibliographiques

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé