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La rhinite allergique : maintenant c'est toute l'année

Article paru dans le journal nº 26 Acheter ce numéro

Il y a seulement une vingtaine d'années, on souffrait de rhinite allergique au printemps, avec l'arrivée des pollens. C'était le rhume des foins... Mais désormais on avoir le nez qui coule en permanence. C'est un phénomène de plus en plus fréquemment rencontré ces dernières années. Il y aurait ainsi environ 25 % de la population qui serait touché par les allergies chroniques en France, contre à peine 4 % dans les années 60. La rhinite allergique, comme toutes les autres maladies de ce type résulte d’une réaction immunitaire excessive face à une substance étrangère, mais pourquoi dure-t-elle maintenant si longtemps ?

La rhinite allergique est caractérisée par des éternuements à répétition, des chatouillements au niveau du nez, des yeux rouges qui picotent, un palais qui démange, un nez par où s’écoule un liquide aqueux transparent ou au contraire un nez qui se bouche. Il peut y avoir associé une perte de l’odorat.  Les symptômes sont ainsi très proche de ceux d’un simple rhume. Les différences principales résident dans la chronicité des troubles et l’absence de contexte fébrile.

La rhinite est donc due à une inflammation des muqueuses nasales, mais aussi souvent buccales et oculaires. C’est pourquoi la rhinite allergique peut être associée à d’autres pathologies comme une conjonctivite, une sinusite, une otite voire un asthme.

Lorsque des substances étrangères pénètrent dans l’organisme, le système immunitaire se met en branle afin de les éliminer. En cas d’allergie, après une première phase de sensibilisation (premier contact avec l’allergène), sa réaction est excessive et inappropriée induisant l’inflammation (la réaction allergique) des muqueuses touchées. Dans ce cas, la substance étrangère prend le nom d’allergène.

Les différentes rhinites allergiques

Il existe deux types de rhinites allergiques :

  • La rhinite allergique saisonnière ou rhume des foins qui survient tous les ans à la même période de l’année pour la même personne. Elle est due à l’arrivée des pollens.
  • La rhinite allergique perannuelle qui persiste toute l’année et qui est souvent associée à un asthme. Les allergènes en cause sont les poussières, les acariens, les poils d’animaux, les moisissures…

Ensuite selon la persistance des symptômes, on parlera de rhinite persistante ou intermittente selon qu’elle dure plus ou moins quatre jours par semaine, ou plus ou moins quatre semaines par an.

Enfin les quatre facteurs de gravité de la rhinite allergique sont :

  • L'existence d’un trouble du sommeil pouvant induire un état de fatigue.
  • L'impact sur les activités quotidiennes.
  • L'impact sur les activités professionnelles ou scolaires.
  • L'existence de symptômes gênants : nez bouché, perte de l’odorat, démangeaisons intenses…

Les allergies croisées
ont démultipilé les allergies

Il existe un certain nombre d’allergies croisées. C’est-à-dire que des personnes allergiques par exemple à un pollen, vont développer de ce fait, une allergie à un aliment. Ou inversement, une personne allergique à un aliment deviendra allergique à un pollen comme par exemple, une sensibilité à certains fruits (pomme, cerise, abricot) induisant une allergie au pollen de bouleau. Ce mécanisme serait très fréquent et se rencontrerait désormais dans près de 50 % des cas. L'organisme finissant par confondre l'aliment et le pollen, développe une réaction immunitaire inappropriée.

La cause proviendrait d’une partie de la structure moléculaire qui serait semblable entre le pollen et l’aliment. Cela expliquerait aussi pourquoi les problèmes intestinaux sont souvent liés aux rhinites allergiques.

Voilà pourquoi l'allergie dure si longtemps

La rhinite allergique chronique est en forte augmentation ces dernières années. Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer cela :

  • La diminution des infections, liée à l’hygiène et à l’antibiothérapie favorise le développement de réponse immunitaire davantage de type allergique qu’infectieux.
  • L’augmentation du nombre d’allergiques correspondrait à l’augmentation du nombre des vaccins prodigués dans la petite enfance.
  • Une exposition accrue aux allergènes domestiques à cause d’une meilleure isolation des maisons.
  • Le tabagisme passif…  mais aussi des fumées de cheminée et autres.
  • La pollution atmosphérique ainsi que les produits chimiques irritants à usage professionnel mais aussi domestique : aérosols, détartrants, parfums, solvants, colles, etc. qui vont induire une irritation des muqueuses nasales et oculaires favorisant ainsi une réactivité plus grande face aux allergènes.
  • Des pollens plus agressifs à cause notamment de la pollution et aussi des changements climatiques et atmosphériques. Un arbre au bord d’une simple route de campagne serait ainsi capable de produire un pollen jusqu’à 30 % plus agressif. Ainsi un pollen plus agressif et des muqueuses irritées… font un bon cocktail pour l’apparition d’allergies.
  • Des modifications des habitudes alimentaires.
  • Une flore intestinale déséquilibrée consécutivement aux antibiotiques, aux infections, à l’alimentation industrielle… mais aussi aux intolérances alimentaires… Car cette flore est un élément très important du système immunitaire.
  • Des facteurs génétiques sont un risque important pour déclencher une rhinite allergique. Ainsi si un parent est allergique, son enfant à entre 20 et 40 % de risque supplémentaire d’être allergique. Si les deux parents sont allergiques, ce risque croît à 50 à 80 %.
  • Le stress, bien que favorisant la sécrétion de cortisol, semble un facteur aggravant de la réaction allergique.
  • Signalons enfin que certaines ondes (champs électromagnétiques) seraient capables d’induire des phénomènes allergiques alors que d’autres seraient capables de les arrêter.

Comment faire le bon diagnostic ?


Devant des symptômes de rhinite, un examen clinique va être organisé, généralement chez un médecin ORL, afin d’éliminer les autres causes possibles de rhinite : infection, tumeur, polype…
Ensuite un bilan de l’allergie est organisé :

  • Le dosage des Ig E totaux est rarement indiqué.
  • Le dosage des Ig E spécifiques (d’un allergène) n’est réalisé qu’en cas de doute sur les tests cutanés.
  • Les tests multiallergéniques à réponse globale comme le Phadiatop qui recherche la présence d’IgE spécifiques dans un mélange d’allergènes. Ces tests ont une bonne sensibilité et une bonne fiabilité. Ils constituent sans aucun doute des examens de première ligne en cas de symptômes évocateurs d’allergie.
  • Les tests cutanés sont souvent indispensables, mais non obligatoires pour l’établissement du diagnostic. Ils permettent surtout de déterminer le ou les allergènes en cause. Actuellement, les intra-dermos ont laissé la place aux Pick-test. Ils consistent à placer une goutte d’allergène sur la peau et de réaliser un piqûre légère au sein de celle-ci et de regarder  la réaction 10 à 15 minutes plus tard. Cet examen a une excellente sensibilité. Elle est de plus de 95%. Une vingtaine de ces tests peuvent être réalisés sans danger au cours de la même séance.
  • Les tests de provocation nasale avec l’allergène sont rarement utiles.

Les traitements conventionnels

L’éviction de l’allergène est la première chose que l'on vous recommandera. C'est en effet toujours chose souhaitable, mais pas toujours aisée à réaliser. Elle permettra de diminuer les symptômes et non de les arrêter.

Ensuite les prespricptions tournenat autour de quelques molécules traitant les symptômes. :

  • Les antihistaminiques vont bloquer l’histamine qui est une substance importante de la réaction allergique. Leur principal inconvénient est qu’ils induisent de la somnolence. Mais ce phénomène est moindre avec les antihistaminiques de nouvelle génération.  Ils se présentent sous forme de traitement oral (voie générale) ou local (gouttes nasales ou oculaires). La forme locale est à favoriser car limitant les effets secondaires.
  • Les corticoïdes sont toujours les traitements les plus efficaces contre les symptômes de l’allergie. Ils ont une action anti-inflammatoire puissante et bloquent la réaction allergique. Par contre leur usage doit être limité compte tenu de leurs effets indésirables : gastrite, ulcère, baisse immunitaire, diabète, etc. Il existe maintenant des produits locaux qui sont plutôt à favoriser notamment en cas d’obstruction nasale ou de perte de l’odorat.
  • Les décongestionnants s’utilisent aussi par voie orale ou locale, éventuellement en association avec les antihistaminiques. Ils ont une bonne action sur les obstructions nasales.
  • Les cromones par voie locale.

Autrement la base du traitement repose sur une immunothérapie appelée plus communément désensibilisation. Le but est de limiter les réactions immunitaires face à un allergène et aussi de prévenir le passage de la rhinite vers l’asthme.

Ce traitement ne peut être indiqué que s’il n’existe qu’un à deux allergènes maximum. La désensibilisation n’intéresse que les allergènes des voies respiratoires (acariens, poils, pollens…) et les venins d’hyménoptères, mais pas les allergies aux aliments, aux médicaments ni les allergies de contact. Elle consiste à administrer des doses croissantes d’allergène afin d’habituer peu à peu l’organisme à sa présence. Cela prend du temps : environ 3 à 5 ans pour un résultat qui n’est pas certain.

Aujourd’hui, il y a deux modes d’administrations possibles : la voie injectable (sous-cutanée) et la voie sub-linguale (en gouttes) qui induisent beaucoup moins de réaction indésirable.

Le point de vue des médecines naturelles

Le point de vue des médecines naturelles sur les rhinites allergiques est légèrement décalé par rapport à celui de la médecine conventionnelle. Mais en y regardant de plus près, les différences tendent à s’amenuiser au fil des années.

Ainsi les médecines naturelles considèrent que lorsque l’organisme est trop encrassé, il va chercher un exutoire avec les émonctoires habituels (foie, reins, peau, poumon…). Et si ceux-ci se trouvent à leur tour débordés, l’organisme va rechercher un autre moyen d’éliminer les toxines… et dans notre cas, ce sera une rhinite allergique.

Celle-ci correspond donc à une porte de sortie des toxines afin de nettoyer l’organisme.

C’est d’ailleurs pourquoi, les médecins homéopathes étaient et sont toujours,  opposés à la cortisone dans la rhinite allergique… parce qu’en arrêtant l’allergie sans avoir préalablement éliminer les toxines du corps, la cortisone fermera la principale porte de sortie de celles-ci. L’organisme va alors en rechercher une autre. Ce sera très souvent l’asthme… mais cela pourrait être aussi une colite, une migraine… Et la personne n’est pas franchement gagnante dans cet échange…

Ainsi, lorsqu’une allergie survient, la première chose à faire est un grand nettoyage de l’organisme :

  • Suivre une alimentation biologique, pauvre en graisses cuites, en sucreries et en laitages.
  • Boire beaucoup d’eau pour favoriser la diurèse.
  • Reprendre une bonne activité sportive pour éliminer et pour assurer l’oxygénation du corps.
  • Avoir un transit intestinal régulier.
  • Assurer de bonnes nuits de sommeil.
  • Prendre des plantes favorisant l’élimination comme l’aloé véra, la spiruline, le jus de bouleau, l’ail, le chardon marie, etc.

Ceci étant réalisé, il est possible de suivre un traitement naturel qui sera de deux ordres :

  • Un traitements des symptômes, éventuellement associé à des traitements locaux conventionnels.
  • Un traitement de fond surtout, pour éviter les récidives dans un premier temps et faire disparaître l’allergie dans un deuxième temps.

Les traitements naturels

Pour commencer, il y a deux sortes de traitements à réaliser :

  • Pour désensibiliser l’organisme à un allergène, il existe la méthode Naet, mais aussi le TAT (Tapas Acupressure Technique) qui est une méthode très simple pouvant être réalisée par soi-même. Ces techniques peuvent libérer la personne totalement du problème en quelques séances…
  • La méthode Gesret est aussi d’une simplicité qui incite à l’indiquer en première intention. Car un déplacement vertébral (cervical ou dorsal) lèse des nerfs, qui envoient un message erroné au cerveau. Celui-ci réagit en déclenchant la réaction allergique. Un simple replacement des vertèbres solutionne aussitôt le problème.

Si ces méthodes n’ont pas complètement solutionné le problème d’autres voies sont possibles. Chacun choisira la sienne selon ses goûts et ses aspirations

L'homéopathie

  • Allium cepa composé et chelidonium composé (20 gouttes de chaque avant les trois repas).
  • Allium cepa 5CH pour les nez à écoulement clair,
  • Euphrasia 5CH pour les yeux irrités,
  • Apis 7CH pour les picotements du nez ou des yeux,
  • Sticta poulmoria ou Pulsatilla 5CH pour les nez bouchés,
  • Nux vomica 7CH pour les éternuements, Sabadilla, Naphtalinum, Arsenicum album… sans oublier Poumon histaminum 15CH pour l’allergie.

Il est possible d’y associer  la prise de Pollen 15CH en dose le dimanche et le traitement de terrain qui varie selon les individus : Psorinum souvent, mais aussi Sulfur, Natrum mur, etc.

Phytothérapie

  • La gemmothérapie est particulièrement efficace : le Ribes nigrum (cassis) qui agit sur la détoxication du foie, l’inflammation nasale et la réaction allergique, mais aussi, le Juniperus communis, l’Ulmus campestris, le Viburnum lantana.
  • Des plantes comme la pétasite (Petasites hybridus) et l’ortie auraient une certaine action sur l’allergie.
  • Des huiles essentielles peuvent aussi intervenir comme le cyprès, l’hysope, la camomille, le laurier noble…  à raison de 2 gouttes par jour à appliquer sur la peau du haut de la poitrine.

Nutriments

  • Les oligoéléments de manganèse, de soufre et de magnésium sont indiqués à raison d’une ampoule le matin en alternant les 3 remèdes.
  • Les oligoéléments d’or sont intéressants sur l’inflammation du nez et des yeux.
  • Certains nutriments sont indiqués comme les acides gras polyinsaturés oméga 6 et surtout 3 (huile de périlla), la vitamine C et le sélénium.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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