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Le téléphone
inoffensif ?
Non mais
allô quoi !

Article paru dans le journal nº 19 Acheter ce numéro

Le débat sur le danger des téléphones portables a commencé au début des années 90. Bien-sûr, au début, on a pensé qu’il s’agissait encore d’une de ces rumeurs que ceux qui refusent le progrès s’ingénient à lancer pour empêcher les industriels de travailler tranquillement. Mais peu à peu la rumeur a pris corps et a été étayée par des études scientifiques, de plus en plus nombreuses.

En France, la polémique a véritablement démarré après l'expérience menée en 1999, par Madeleine Bastide, professeur d'immunologie à l'université de Montpellier : elle a été la première à suspecter les ondes électromagnétiques à basse fréquence émises par les appareils et à mettre en évidence leur nocivité. Elle a soumis des oeufs de poule porteurs d'embryons à des ondes à basse fréquence et elle a constaté qu'ils présentaient un taux de mortalité significativement supérieur à celui d'oeufs non exposés. Le Pr Bastide a également démontré que les ondes à basse fréquence correspondent aux ondes alpha du cerveau humain. En interférant avec ces dernières, les basses fréquences engendreraient une diminution de l'activité du système immunitaire, fragilisant de la sorte l'organisme.

On l’a, à l’époque, beaucoup critiquée comme on l’a fait, d'une façon générale, de tous les résultats mettant en cause la téléphonie mobile, mais aujourd’hui des scientifiques, de plus en plus nombreux soupçonnent les radiotéléphones d’être responsables de l'augmentation des tumeurs cancéreuses du cerveau en France. Après avoir traversé la peau, les muscles du visage et les os du crâne, les ondes électromagnétiques qu’il émettent atteignent, à 2 cm de profondeur, la région la plus superficielle - mais aussi la plus sensible - du cerveau : le cortex, ou écorce cérébrale. L'énergie électromagnétique est convertie en chaleur  provoquant une élévation de la température du tissu cérébral. Au niveau du cortex, cette augmentation est d'environ 1° C et si l'on téléphone régulièrement et pendant de longues périodes, il n'est pas impossible que l'effet thermique finisse par léser l'ADN cellulaire et provoquer des tumeurs cancéreuses.

On sait que des ondes électromagnétiques d'une puissance cent fois supérieure à celle des portables (mais de même fréquence) cassent les chromosomes de la cellule en morceaux et les recombinent : la cellule devient cancéreuse. Les ondes électromagnétiques des portables pourraient avoir, à terme, le même effet.

S'il y a un lien entre portable et cancer, il doit se retrouver dans les statistiques. Le nombre de décès par tumeur maligne du cerveau au cours des dix dernières années (en France), pour les deux sexes, a été communiqué par l’INSERM et démontre une augmentation de 31 %, de tumeurs cérébrales en dix ans.

Aux Etats-Unis, une vingtaine d'études épidémiologiques ont prouvé la multiplication des tumeurs. En finir avec l'ignorance : voilà bien ce qu'espère Elizabeth Cardis, qui coordonne depuis 2001 une enquête épidémiologique auprès d'une population urbaine âgée de 30 à 59 ans dans quatorze pays européens. A savoir 6000 personnes atteintes d'un cancer du cerveau, 700 atteintes d'une tumeur de la glande salivaire et 1000 souffrant d'un neurinome acoustique sont suivies, comparées à des cas témoins, et interrogées sur leur usage du mobile.

Va-t-il falloir faire figurer sur les téléphones portables les mêmes mises en garde que sur les cigarettes et l'alcool?

Les juristes estiment que le principe de prévention doit alors s'imposer : les opérateurs, pourraient préconiser l'utilisation du kit mains libres et mettre en garde les parents sur les dangers pour les enfants de moins de 13 ans de l'exposition prolongée aux mobiles. Les ratios de watts, par kilo, émis par les terminaux, pourraient aussi être vulgarisés. Opérateurs et fabricants de terminaux ont  peut-être intérêt à ouvrir le débat sur ce sujet qui pourrait, dans quelques années, se transformer en bombe à retardement.

 

Aujourd’hui, les études scientifiques qui mettent en évidence les dangers des téléphones portables pour la santé se multiplient. Mais les  datent de plus de quinze ans. On compte aujourd'hui 1 milliard 400 millions d'abonnés au téléphone mobile dans le monde sans qu’aucune étude préalable de nuisance n’ait été faite. Conclusion : on a mené, sans aucun contrôle, une "expérience" médicale planétaire dont on ignore encore, faute de recul suffisant, les conséquences sur la santé.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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