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Le paracétamol tue la compassion

Article paru dans le journal nº 37 Acheter ce numéro

Qui ne connaît pas le Doliprane®, l'Efferalgan® ou le Dolko®, et
même qui n’a pas chez soi l’une des 60 formules de paracétamols vendues en pharmacie ? La plupart des médecins et pharmaciens prescrivent et conseillent systématiquement des paracétamols pour les douleurs inflammatoires, les préférant à l’aspirine en raison de l’agressivité connue de l’acide acétyl salicylique. Les hôpitaux et les cliniques utilisent exclusivement les paracétamols comme antalgiques dans les perfs des malades, plutôt que de l'aspirine qui présenterait, pour certains, un risque hémorragique ou allergique. Mais la consommation de paracétamol n'est pas sans risques.

Après une longue période d’ignorance, le grand public sait maintenant qu’un léger dépassement de la dose quotidienne recommandée de 4 grammes de paracétamol pendant quelques jours peut entraîner une maladie grave et même la mort.
Mais une nouvelle étude vient de démontrer quelque chose de totalement inattendu : l’acétaminophène des paracétamols réduit drastiquement l’empathie et la compassion humaine face à la douleur et la souffrance des autres ; cette étude a été publiée dans la revue « Social Cognitive and Affective Neuroscience » (Mischkowski et al., 2016).

Or pas moins de 600 spécialités pharmaceutiques contiennent du paracétamol.

Le Dr. Dominik Mischkowski, premier auteur de l’étude, explique :
« Ces résultats suggèrent que lorsque vous avez pris de l’acétaminophène, la douleur des autres ne vous semble pas aussi importante qu’il n’y paraît ».
Selon l’étude, la compassion est le modulateur du comportement prosocial /antisocial. Le déséquilibre psychique induit par l’acétaminophène dans l’empathie soulève des inquiétudes concernant les effets sociaux conséquents, lors d’une prise régulière telle qu’on la constate dans de nombreux pays développés, notamment aux États-Unis.

Le Dr Baldwin Way, un co-auteur de l’étude, explique :
« Nous ne savons pas pourquoi l’acétaminophène a ces effets, mais c’est inquiétant.
L’empathie est une chose importante. Si vous avez une dispute avec votre conjoint et vous venez de prendre de l’acétaminophène, cette étude suggère que vous serez peut-être beaucoup moins compréhensif de ce que vous avez fait pour blesser les sentiments de votre conjoint. »

L’étude a été réalisée à l’aide de 80 étudiants, dont la moitié ont reçu 1000 mg d’acétaminophène, et l’autre moitié un placebo. Les élèves ont ensuite lu des histoires de gens qui avaient été blessés et ont été invités à évaluer leur douleur. Ceux qui ont reçu l’acétaminophène ont toujours donné des notes bien plus faibles concernant l’appréciation des douleurs des gens.

Le Dr Way a expliqué les résultats de l’expérience :
« Les participants ont eu une chance de faire preuve de compassion avec la souffrance de quelqu’un auquel ils ont pensé et qui traversait une épreuve socialement douloureuse. Mais ceux qui ont pris de l’acétaminophène ont été peu touchés. Ils étaient peu préoccupés par les sentiments des personnes blessées et rejetées. »
Les chercheurs vont maintenant s’intéresser à l’ibuprofène pour voir si les résultats sont les mêmes. Mais le mal est sans doute déjà fait.

Source :

"From painkiller to empathy killer: acetaminophen (paracetamol) reduces empathy for pain", Social Cognitive and Affective Neuroscience, 2016

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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