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Quand l'hôpital maltraite les personnes âgées

Article paru dans le journal nº 42 Acheter ce numéro
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Nous avions prévu de publier un article sur l’endobiologie. Mais juste avant le bouclage, nous recevions par mail ce témoignage d’une femme dont la mère est décédée le mois dernier à l’hôpital. Un témoignage poignant d’un mois d’hospitalisation, de combat, d’écœurement. Voici le texte intégral.

Le 3 octobre 2016

Je trouve que maman a quelques difficultés respiratoires sans que ce soit catastrophique, je ne la trouve pas en pleine forme. J’appelle SOS Médecins qui trouve un encombrement du poumon gauche, et fait une demande de radio pulmonaire à l’hôpital de la Pitié. Elle est transportée en ambulance et est admise aux urgences de celui-ci. Un début de pleurésie est diagnostiqué.

Ils souhaitent qu’elle soit transportée à l’hôpital Charles-Foix, mais je refuse, car celui-ci étant un mouroir a une très mauvaise réputation… Ce service d’urgence trouve finalement une place dans un pavillon de médecine interne au sein de la Pitié, ce qui est plus confortable puisque je pouvais rester auprès d’elle de 8 h 30 à 20 heures, lui donner ses médicaments (que le personnel me préparait), et lui donner à manger.

Le premier jour dans ce service, je suis interpellée par une soignante, qui me dit : « Vous voulez la conserver ? » J’ai trouvé que c’était très déplacé de la part du personnel soignant… Elle est restée quatre jours sans couverture simplement avec un drap et une couverture en intissé jetable, qui n’est pas du tout chaude puisqu’ils n’avaient pas encore mis le chauffage dans l’hôpital. Nous avons dû apporter une couverture de chez nous.

Entre-temps, ils me demandent de passer dans le couloir pour faire la toilette de maman, et je trouve qu’il y a beaucoup de personnes, c’est-à-dire 5 pour une toilette… En fait, ils apprenaient à des jeunes à s’exercer sur une personne qui ne bougeait pour ainsi dire plus et ne pouvait s’exprimer, le tout pendant près d’une heure dans une chambre non chauffée...

En passant dans le couloir, je vois d’autres chambres ouvertes dans lesquelles il y a des couvertures jaunes en laines, de l’APHP. Une colère monstre me prend et je vais trouver une soignante, en lui disant ce que j’ai sur le cœur, dans les 30 secondes, et comme par hasard, maman aura une couverture sur son lit…

Au bout de quelques jours, maman pouvait rentrer à la maison, c’est-à-dire le 11 octobre 2016. Et là, le grand sourire d’être enfin parmi les siens.

Vendredi 21 octobre 2016

Au déjeuner, en donnant à manger à ma mère, à la cuillère, elle fait une fausse route au milieu du repas. Je vois qu’elle n’est pas bien et je fais appel au kiné qui devait venir ce jour pour des séances prescrites par la Pitié. J’ai téléphoné deux fois sans succès. Au bout de quelques heures, voyant que maman était toujours aussi inconfortable, je fais de nouveau appel à SOS Médecins, qui prescrit une ambulance pour les services d’urgence de l’hôpital Cochin.

Après le diagnostic, c’est-à-dire le lendemain, nous sommes pris à part, ma fille et moi, pour nous dire qu’elle n’a que quelques heures à vivre… Ils suggèrent qu’un peu de morphine pourrait la soulager ? Nous n’y voyons pas d’inconvénient et un traitement à base d’antibiotiques et de morphine lui est administré.

Le lundi dans la matinée du 24 octobre, elle est transportée à l’hôpital Broca, qui est un Centre gériatrique, dans la chambre 580 du couloir Ouest.

Le mardi, elle était encore fatiguée…

Mercredi 26 octobre

Lorsque je suis arrivée dans la matinée, elle était installée dans un fauteuil avec les pieds sur une chaise, l’œil tout ragaillardi. J’étais toute contente et je téléphone à ma sœur pour lui dire que maman était ressuscitée… Sur ce, je demande une couverture à mettre sur elle, puisqu’elle n’avait que la chemise de l’hôpital et un oreiller pour la soutenir du côté droit.

Quelques heures après, une interne rentre dans la chambre et me dit qu’ils allaient de nouveau la réalimenter et allaient faire venir une orthophoniste pour tester sa déglutition ; cela me ravit, car à Cochin, ils avaient envisagé de la mettre en soins palliatifs.

Une jeune orthophoniste, qui devait débuter dans son métier, vint effectivement et lui donna 1/3 de cuillère à café en plastique blanc, de compote de pommes et déclara que maman ne déglutissait pas, avant de s’en aller… Avec le si peu de matière dans la cuillère à café, je ne vois pas comment il est possible de constater que maman était en mesure de déglutir, puisqu’elle avait un double menton et que, sur une femme, la pomme d’Adam n’est pas aussi prononcée que celle des hommes...

Tout de suite après, je lui donne la moitié du petit pot, qu’elle avale sans problème, ce qui signifie qu’elle déglutit parfaitement… Je repose ce pot en pensant lui donner le reste un peu après, mais au bout de dix minutes, une soignante vient chercher le reste du pot… Je lui demande pourquoi elle récupère le pot et elle me répond que c’est parce qu’elle ne déglutit pas…

Je demande que maman soit remise au lit parce que je trouve qu’elle fatigue. Eh bien ils sont venus plus de 3 heures après…

À partir de là, tout s’enchaîne… L’interne vient, avec une soignante, débrancher la perfusion d’hydratation de maman, simplement avec un geste de la tête, comme d’un commun accord, sans me donner plus d’explications et repartent plus rapidement qu’elles étaient venues ! Seule la morphine continue de lui être administrée.

Le soir, avant de partir, je parle à cette soignante, et lui dis que ma mère avait passé l’été dans sa maison de Bretagne et que je souhaiterais qu’elle y retourne. Elle me dit que comme je n’étais pas tutrice de maman, je ne pouvais rien faire…

Le 28 octobre 2016

Tous les jours, j’ai demandé à ce qu’elle rentre à la maison, mais l’obstacle est devenu infranchissable...

Je parle avec une autre soignante de mon souhait de faire sortir ma maman. Elle me dit battez-vous !

Ma fille, voyant ce qui se passe, descend voir le personnel de l’Admission et explique que l’on voudrait bien emmener maman chez elle.

Le Dr A…… et une secrétaire, adressent un mail à ma sœur Danielle qui habite en Bretagne, afin qu’elle commande un lit médicalisé et un matelas anti-escarre à la pharmacie de Messac (près de Rennes, Ndlr), plus tout le nécessaire pour le confort de maman.

De ce fait, j’émets le souhait au Dr C….., de ramener ma mère dans sa maison en Bretagne. Il m’a été répondu que je la tuerais, si elle était transportée en ambulance… Je lui réponds que c’est ce qu’elle est en train de subir puisqu’elle n’est plus ni alimentée ni hydratée…

Un soignant qui vient pour remettre une perfusion, la pique plusieurs fois à cinq endroits différents en cherchant la veine avec l’aiguille. Il transperce une veine du bras droit qui « pisse le sang » et lui fait un point de compression à cet endroit. Je voyais la souffrance de maman rien qu’à son visage. Il n’a pas la pudeur de demander de l’aide, alors que cela peut arriver, d’avoir du mal à piquer. Un véritable boucher !

Sur ce, le Dr C…., vient dans la chambre, trouve maman qui fronce les sourcils, et constate qu’elle souffre. Je lui explique ce qu’elle vient de subir… pas de réponse, le médecin ordonne une augmentation de morphine, ce qui la rend encore plus inconsciente...

Lundi 31 octobre

Je rencontre le Dr L…, responsable de ce service, il me dit que ma maman est faible, ce que je conçois puisqu’elle n’était plus ni alimentée, ni hydratée depuis le 26 octobre… Je pense qu’une personne, même bien portante, aurait eu quelques faiblesses…

Je lui demande à nouveau de sortir ma maman de cet hôpital. Pas de réponse !

Je le revois le lendemain, il me dit qu’il a contacté l’HAD Chartres-de-Bretagne pour qu’elle puisse rentrer chez elle et qu’il attend une réponse de leur part. Je me doutais de leur réponse, car j’avais demandé à ma sœur d’envoyer un mail à l’HAD, pour vérifier que Broca avait fait bien fait le nécessaire. Comme elle n’avait pas reçu de réponse de leur part, c’est donc que rien n’avait été entamé…

Je discute avec une soignante qui m’écoute et je lui dis que c’est comme si on avait affaire à la Justice lorsque l’on est innocent et que l’on n’arrive pas à se faire entendre et que l’on se retrouve en prison… avec de la chance, on peut sortir de la prison ? Mais dans cet institut, on ne ressort que les « pieds devant »... Elle me demande, « c’est ainsi que vous le ressentez ? » et je lui réponds, « oui » !

Le soir, je vois l’infirmière qui a débranché maman, je lui reparle du Dr A…., au sujet de la démarche pour qu’il a faite pour que maman puisse rentrer chez elle. Elle m’a simplement répondu qu’il s’était trompé et que le transfert sur la Bretagne était devenu inenvisageable du fait que trop de temps était passé… Une autre fois avec cette même infirmière, je lui demande de lui remettre un peu de glucose pour la réhydrater, elle me répond que je n’avais qu’à lui donner de l’eau gélifiée, ce que je n’ai pas pu faire, sachant que maman était pratiquement endormie avec la morphine.

Vendredi 4 novembre

Le matin j’arrive vers 10 h 30, je trouve un médecin manipulant le bras droit de ma mère avec force pour voir comment elle réagissait. J’ai trouvé inadmissible de faire cette manipulation sur une personne âgée, car son bras et sa main sont restés très gonflés, prêts à éclater…

Samedi 5 novembre,

Quand je viens voir maman vers 11 heures, je vois un interne qui est dans la chambre et je lui parle de ce qui se passe, qu’avec les traitements qu’elle reçoit, elle est de plus en plus faible : 10 mg de morphine sur 24 cc de sérum injecté dans la journée, tout ce qu’il faut pour qu’elle ne reste pas dans le monde des vivants… (Je vois mal son transfert dans un tel état.) Je lui dis que ce sont des médecins assassins, et que je souhaite qu’il leur arrive la même chose, que ce qu’ils font à ma maman, sachant que même si elle ne s’exprime plus depuis le début de l’année, elle se rend compte de ce qui lui arrive.

Dimanche 6 novembre

Je demande au service de soins de l’étage qu’il veuille bien diminuer la dose de morphine pour qu’elle puisse se réveiller. Pas de réponse. Mais un médecin et un interne me disent qu’ils ne prennent pas la décision de baisser la morphine. Je constate que le lendemain matin ils avaient enfin baissé la morphine, mais malheureusement je crois qu’elle ne se réveillera plus avec ce qu’elle a subi depuis qu’elle se trouve dans cet hôpital…

Lundi 7 novembre

Je viens d’arriver à l’hôpital. Dans le couloir de la chambre 580, l’interne du samedi me dit qu’il a fait le nécessaire ce matin auprès de l’HAD de Chartres-de-Bretagne et qu’il attendait une réponse.

Mardi 8 novembre

Maman est toujours en vie, mais ne se réveille plus (19 jours d’hospitalisation).

J’ai été reçu par le Dr C… avec qui j’ai une discussion. J’ai menacé de porter plainte. Il m’a répondu qu’ils avaient tous les arguments et qu’ils avaient le droit pour eux, c’est-à-dire le droit de tuer…

Que maman ait 105 ans et qu’elle ne parle plus n’était pas une raison suffisante pour mettre fin à sa vie... Je me suis plainte du Service, qui lui administrait une dose de morphine tellement forte qu’elle ne pouvait plus ouvrir les yeux... (Quatre jours d’agonie à chercher son souffle…)

La famille et moi sa fille, n’avons jamais demandé de faire des soins palliatifs puisqu’elle allait beaucoup mieux au bout de quatre jours. Ils avaient même envisagé de la réalimenter. Ils n’avaient aucune autorisation de faire ce qu’ils ont fait.

Mercredi 9 novembre

Maman est décédée ! Ce n’est pas parce qu’une personne ne parle plus, qu’elle répondait par oui ou par non à la question qu’on lui pose, qu’elle doit être condamnée. Quand elle rêvait, elle s’exprimait, parlait tout haut et ce qu’elle disait était très compréhensible.

Elle se faisait comprendre de sa petite fille et de ses trois arrière-petits-enfants adultes qui vivent sur le même palier que nous. Maman était heureuse de vivre parmi les siens et participait à toutes les fêtes de famille. Elle n’est jamais restée seule, il y avait toujours une personne de la famille auprès d’elle.

Je me suis occupée de ma maman avec mon mari, pendant plus de 10 ans, je savais comment elle réagissait et je la connaissais mieux que quiconque, surtout mieux que toute l’équipe soignante de Broca… Je suis persuadée que sans son passage à l’Hôpital Broca, elle aurait fêté ses 106 ans le 20 mars prochain, car avant son hospitalisation, elle marchait tous les jours (certes, avec de l’aide)…

Mais l’homme en blouse blanche a tous les pouvoirs, il a même le droit de supprimer la vie sans aucune gêne, surtout en Gériatrie, car il sait que la Justice ne passera pas.

Conclusion

Quand vous allez aux Urgences et que vous avez un certain âge, méfiez-vous de ces médecins qui vous prennent en aparté et qui vous disent que la personne n’en a plus que pour quelques heures à vivre et que pour la soulager ils vont lui donner un petit peu de morphine. Ils vous endorment avec leurs paroles. Ils ont déjà programmé la fin…

Vous ne valez plus grand-chose pour la société. Vous êtes transféré dans un hôpital gériatrique et là, vous ne ressortez que les pieds devant. Vous n’avez plus aucun droit sur votre vie et votre propre famille n’a plus son mot à dire, avec ces ratés de médecins-exterminateurs, qui ont tous les droits pour mettre fin à votre vie. Finalement tous les hôpitaux gériatriques se valent. Aucun n’a le respect de la personne et ils se permettent de faire leurs expériences.

Par contre si vous faites partie de la haute société, ils prennent plus de précautions... Il n’y aurait jamais eu en France une doyenne de l’humanité comme Jeanne Calment, si elle avait fait un séjour dans ces hôpitaux…

Ils n’ont plus aucun respect pour nos personnes âgées et surtout il y a de la maltraitance… Je leur souhaite de subir le même traitement qu’ils administrent à leurs patients durant leur activité professionnelle...

 

Pour Maman, 105 ans

Sa fille

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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