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Les soignants ont la rage, et nous aussi

Article paru dans le journal nº 79 Acheter ce numéro
  • Injonctions contradictoires et incohérences manifestes tout au long de la crise. Injonctions contradictoires et incohérences manifestes tout au long de la crise.

À l’heure où nous mettons sous presse, le pays attend la fin du confinement prévu le 11 mai. Celui-ci aura duré près de deux mois pendant lesquels les Français ont consenti à de très grands efforts, sacrifiant leur travail et leur liberté de mouvement. Ils ont surtout dû subir les injonctions les plus contradictoires et les incohérences les plus manifestes. Ils ont dû entendre leur ministre de la Santé de l’époque, Agnès Buzyn, affirmer en janvier que le risque d’épidémie était quasi nul, et l’entendre en mars déplorer savoir, dès décembre, que le Covid-19 engendrerait une catastrophe sanitaire. Ils ont vu la porte-parole du gouvernement affirmer que les écoles ne fermeraient pas alors qu’elles ont fermé ; que le port du masque était parfaitement inutile avant qu’on ne leur dise qu’il sera obligatoire, avant qu’ils ne lisent que sa pénurie est responsable de la propagation du virus et donc de décès. Ils ont dû supporter d’être rendu coupables de l’épidémie par leurs mouvements, leurs activités. Ils ont accepté de ne plus bouger, de respecter des mesures, imposées au niveau national, sans distinction régionale, alors que tout l’ouest du pays aurait pu suivre un régime plus souple, à l’image de l’Italie et de l’Allemagne beaucoup plus pragmatiques.

Ils ont dû supporter de n’entendre ou de ne voir, du matin au soir, que les mots coronavirus ou Covid-19, sans (trop) sombrer dans la panique ou la paranoïa.

Ils voyaient les pontes, les caciques des autorités médicales intervenir à l’écran ou à la radio, faire entendre la multiplicité de leurs expertises confinant (sans mauvais jeu de mots) à la schizophrénie. Seul leur ego comptait. Mais ce sont leur voix qui a conduit à ce confinement. C’est à ces autorités médicales que le président de la République s’en est voué. Bernard Godard, ancien fonctionnaire du ministère de l’Intérieur, remarque : « S’il est d’usage que les politiques demandent leur expertise aux médecins, ce n’est pas à eux de dicter la politique du gouvernement. On aurait dû penser à un confinement intelligent. »

Et si ces autorités ont exigé de la population de respecter des mesures inédites, que dire de ce qu’ils ont demandé aux soignants ? D’être en contact avec des personnes contaminées sans protection particulière, alors qu’ils n’avaient de cesse de réclamer des masques, des blouses, des charlottes. De circuler sans être dépistés. D’être les premières victimes du virus et dans un sens, en connaissance de cause mais sans autre choix d’en être les premiers propagateurs. Autant dire que certains ont la rage.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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