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Thérapeute... plus qu'une vocation

Article paru dans le journal nº 42 Acheter ce numéro
  • Le dur métier de thérapeuteLe dur métier de thérapeute

Quand j'ai commencé à écrire sur les médecines naturelles, on comptait les praticiens et les thérapeutes sur les doigts de la main. On s'échangeait leurs précieuses adresses sous le manteau. Il y avait bien quelques grands noms (Paul Carton, Pierre-Valentin Marchesseau, André Passebecq, André Roux, Robert Masson, Daniel Kieffer,  Philippe Dargère,...), mais ils étaient disparus ou si demandés qu'on n'avait quasiment aucune chance de les avoir comme thérapeute régulier.

Aujourd'hui, au contraire, il y a pléthore de thérapeutes. L'inflation du nombre d'élèves a accompagné l'augmentation du nombre des écoles, des pratiques... et des patients. Certains syndicats professionnels estiment qu'il pourrait y avoir aujourd'hui 100 000 thérapeutes «alternatifs» qui exercent en France (soit un peu plus que de médecins actifs). Pour nous, c'est une bonne nouvelle, à condition que tous soient sérieux, compétents et surtout qu'ils aient le courage de suivre cette voie pendant longtemps. Car beaucoup ne font qu'un aller-retour.

Lorsqu’on interroge ces thérapeutes des médecines naturelles sur les raisons qui les ont poussés à s’engager dans une voie professionnelle aussi controversée, on obtient une réponse quasi unanime : la vocation. Il est vrai qu’on ne voit pas, au premier abord, quels pourraient être les autres motifs de leur choix. L’argent ? Chacun sait que, dans le domaine des médecines alternatives, vivre de sa pratique n’a rien d’évident. La reconnaissance sociale ? Un naturopathe n’est pas un médecin, et on le voit plus comme un charlatan que comme un notable. Un travail moins contraignant ? Mieux vaut choisir, alors, de travailler à la Sécu.

La vocation, si elle est en effet essentielle dans nos métiers, peut toutefois être mauvaise conseillère, car elle fait souvent oublier toute prudence à ceux qu’elle a atteints. Auparavant, les contraintes administratives liées à une installation, malgré leur côté inepte, avaient l’avantage de faire réfléchir les candidats. Mais depuis que le statut de l’autoentrepreneur existe, il suffit d’un instant d’illusion, d’un coup de tête, pour se lancer dans l’aventure.

Parmi ceux qui ont choisi, ces derniers mois, de s’installer en tant que thérapeutes, combien exerceront encore dans dix ans ? Nous voyons bien qu'un certain nombre des thérapeutes nouvellement inscrits sur annuaire-therapeutes.com (notre site de recherche de thérapeutes) abandonnent la partie au bout de deux ans, ne conservant de cette expérience que le gout amer de l’échec... accompagné, sans doute, d’un découvert bancaire important.

Le moteur de la vocation, essentiel dans nos métiers, ne doit, en effet, pas être confondu avec un rejet : « Je n’en peux plus de cette société de presse-citron » ; ni avec une opposition : « Il faut faire quelque chose pour briser le monopole de la médecine allopathique. » La vocation ne peut pas, non plus, se limiter à une révélation quasi divine : « J’ai compris que ma voie était d’aider les autres », ou à une démarche que l’on pourrait assimiler à du développement personnel : « Je vais enfin pouvoir m’épanouir. » Non, dans le domaine qui nous concerne, la vocation est un mélange de réalisme et de passion.

De la passion, il en faudra une bonne dose pour accepter de retourner sur les bancs de l’école et assimiler sans rechigner les cours de chimie, de biologie ou d’anatomie. Il en faudra plus encore lorsqu’il s’agira, chaque jour, de partager les problèmes de santé des patients.

Du réalisme, il en faudra peut-être plus encore pour monter son cabinet et se demander comment développer sa patientèle... et il en faudra encore plus quand viendra l’heure de payer les charges sociales ou de demander un coup de pouce à son banquier...

Quant aux satisfactions, elles seront vite oubliées lorsqu’elles seront confrontées aux échecs thérapeutiques, aux patients mécontents, aux vexations administratives, au sacrifice des week-ends et de la vie de famille.

Sans aller jusqu’à décourager les élèves dans le but de pousser vers la sortie les moins motivés, c’est aujourd’hui le rôle des écoles de thérapeutes de parler franchement de ce métier et d’éprouver, dès que possible, la détermination de leurs élèves. Jusqu’ici, elles n’ont pas osé le faire de peur de décourager les vocations. Mais maintenant que les nouveaux élèves affluent, elles leur doivent la vérité si elles veulent préserver la crédibilité acquise si péniblement par les thérapeutes des médecines alternatives.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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