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Questions interdites

Article paru dans le journal nº 43 Acheter ce numéro
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Dans le courant de l’automne, nous avons été contactés par l’équipe de la rubrique « Question conso » de l’émission « La quotidienne », sur France 5. Le thème était : « Médecines douces, comment ne pas se tromper ? ». Lors de notre entretien, j’ai eu droit à la question inévitable que se posent systématiquement les grands médias quand ils se penchent sur les médecines alternatives à celles recommandées par le Conseil de l’Ordre : « Pourquoi des gens vont-ils consulter ce genre de thérapeutes ? »

Depuis des décennies, cette question est systématiquement posée. Comme si rien ne pouvait justifier l’hérésie consistant à ne pas consulter un… médecin, et à lui préférer tout autre thérapeute. Alors, j’ai répondu que, même si je fréquente au quotidien les acteurs de ces thérapies si inquiétantes ou du moins intrigantes à leurs yeux, je ne suis pas en mesure de répondre à la place de mes lecteurs. La question, si intime, de guérir son corps, son esprit, quand ils sont meurtris par la maladie, ne peut être trahie par quiconque. Et surtout, il serait peut-être intéressant de s’interroger sur les motivations qui poussent des médecins à se convertir aux thérapies dites alternatives, complémentaires, douces, parallèles, etc. Après avoir concédé tant d’années à leurs études pour obtenir un prestige social, une notabilité, un salaire conséquent, forts du respect et de l’autorité que leur confère leur diplôme, certains choisissent pourtant de quitter leur zone de confort parce qu’ils ne peuvent plus soigner comme ça. Reste à savoir ce que veut dire « comme ça », et ce qu’ils trouvent ailleurs. Un ailleurs dont ils ne reviennent pas, même si le Vidal peut trôner derrière leur bureau et qu’ils pourraient prescrire des pilules allopathiques.

Alors, je lui ai retourné la question, à cette jeune journaliste. C’est vrai, ça. On se demande toujours pourquoi des gens font le choix de thérapies alternatives pour se soigner, on les soupçonne implicitement d’être trop crédules, sans jamais remettre en cause les motivations de tous ceux qui persistent à consulter des médecins généralistes perclus de paperasse administrative, de rondes incessantes de visiteurs médicaux des laboratoires pharmaceutiques, et qui ont en ligne de mire l’objectif des 15 minutes par consultation, pour que cette dernière reste rentable. Ils vont les consulter alors qu’ils ont été informés le matin même d’un énième scandale sanitaire. Tout ça pour obtenir une ordonnance listant des médicaments qui, au mieux, calmeront des symptômes, au pire, povoqueront des effets secondaires – sans jamais traiter les causes. Et ils retourneront voir le médecin quelques semaines ou mois plus tard, comme Sisyphe soulevant son rocher. La journaliste m’a dit que j’exagérais et a gentiment mis fin à notre entretien. Nous ne parlions pas tout à fait la même langue.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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