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Robert Masson : l'interview qui fâche

Article paru dans le journal nº 8 Acheter ce numéro
  • Robert Masson : l'interview qui fâche

Dans ses nombreux ouvrages, Robert Masson s’attache à mettre de l’ordre dans les théories fantaisistes et utopistes de certains théoriciens des thérapeutiques dites naturelles. Cinquante ans après avoir été condamné par le corps médical, et après avoir enseigné au département naturothérapie de la Faculté de médecine Paris XIII, il continue, à l’âge de 72 ans, à dispenser son enseignement au Centre européen de naturopathie appliquée.
Autodidacte passionné par l’étude des plantes, la nutrition et les médecines naturelles, Robert Masson a contribué dès les années soixante-dix à un très fort courant de naturopathie en France. Ses prises de position très étayées et sans ambiguïté et ses talents de pamphlétaire font de lui une des figures de la naturopathie. Pour Alternative Santé, il tord le cou à quelques idées reçues.

Alternative Santé : Vous donnez un sérieux coup de canif dans le mythe de l’alimentation carnée responsable des cancers !

Robert Masson : Si c’était vrai, les esquimaux qui consommaient uniquement de la viande et des graisses animales, auraient été décimés depuis longtemps par cette maladie. Or, avant d’être « touchés » par la civilisation, ils ignoraient totalement le cancer. Et comment expliquer la fréquence des cancers chez les végétaliens ?
La vérité est que dans les pays industrialisés, on surconsomme de tout : viandes, alcools, saccharose industriel, tabac, additifs de synthèse, pesticides, fongicides, herbicides et j’en passe. Sans oublier le stress, la pollution et la sédentarité…

Mais alors à quoi imputez-vous l’origine du cancer ?

À la destruction cellulaire. En effet, toute usure anormalement rapide des cellules suite à un travail métabolique intense et inhabituel sera suivie inévitablement d’un renouvellement cellulaire accéléré qui va augmenter les mutations de l’ADN et deviennent ainsi potentiellement cancérigènes. Cette destruction cellulaire anormale peut être due à des brûlures répétées – boissons brûlantes, soleil, une irritation chronique – rasoir ébréché, piment, poivre, alcools, une toxicité – tabac, fumures ou de produits chimiques.

Même constat pour la suralimentation. Tout excès de farineux, céréales, légumineuses, poissons, lipide animal ou végétal, vitamines de synthèse, minéraux inorganiques, va entraîner une suractivité de l’organe impliqué – intestin, estomac, foie – suivie d’une usure cellulaire, suivie d’un renouvellement cellulaire accéléré et, par conséquent, d’une augmentation des mutations de l’ADN qui vont augmenter les risques de cancer dans l’organe le plus sollicité par le métabolisme de l’aliment considéré. La règle qui se dégage est la suivante : aucun toxique n’est cancérigène en deçà d’un certain seuil, mais tout aliment est cancérigène au-delà d’un certain seuil.

Vous soutenez que les protéines végétales entraînent des carences fatales.

Aucune protéine végétale n’est complète. Les céréales sont carencées en thréonine, lysine, isoleucine. Les légumineuses en tryptophane, méthionine et cystine. Les adeptes du végétalisme pensent qu’en associant céréales et légumineuses, ils obtiennent une complémentarité apportant tous les acides aminés.

Effectivement tous sont présents. Mais l’apport protéique est insuffisant car certains aminoacides sont présents en quantité insuffisante. Or, si un seul aminoacide n’est apporté qu’à 30 % des besoins organiques, non seulement l’organisme va souffrir de carence de cet aminoacide en particulier, mais en plus, il ne va utiliser les autres aminoacides acides qu’au prorata du plus manquant. Les besoins de l’organisme en protéines ne seront assurés qu’à 30 %. C’est la loi du minimum.

Ajoutez à cela que les protéines végétales ont une faible biodisponibilité, et qu’elles entraînent une atonie fonctionnelle de l’appareil digestif et vous comprendrez pourquoi on assiste souvent chez les « vrais » adeptes du végétalisme à une cachexie par malnutrition (amaigrissement, affaiblissement). On constate aussi les troubles suivants : anémie, dermatoses, décalcification, fonte musculaire, blocage de la croissance chez l’enfant, baisse de l’immunité… et très souvent irritabilité, frigidité, impuissance… et sectarisme.

Que sous-entendez-vous par « vrais » adeptes du végétalisme ?

Dans neuf cas sur dix, les « écarts » alimentaires sont nombreux et inavoués. C’est ce qui sauve l’individu. Les seuls végétaliens qui s’en sortent sans dommages, sont ceux qui mentent effrontément et mangent, à l’insu de leurs proches, des œufs, du fromage, du poisson…

Vous dites avoir constaté un taux de cholestérol et de lipides faramineux chez des purs végétaliens qui en principe n’ingèrent pas de graisses animales. Comment est-ce possible ?

C’est en observant des végétaliens venus me consulter pour un taux de cholestérol de 3 à 5 g et de lipides totaux de 10 à 15 g que j’ai compris l’origine de leurs problèmes cardio-vasculaires. Ces adeptes des aliments « purs », sous-entendu « aliments végétaux » souffrent de « faim chronique » par carences protéiques. Résultat, ils « grignotent » toute la journée des biscuits, gâteaux, pâtes d’amandes bio… mais bourrés de calories. Et fabriquent à partir de cet excédent calorique du cholestérol et des lipides… qui se déposent sur les artères. CQFD…

Mais alors à quoi attribuez-vous l’exceptionnelle longévité des Crétois, si ce n’est au régime végétarien ?

Il faut savoir que les Crétois – tout du moins les anciens, car les jeunes vivent désormais à la mode occidentale – se gavent d’escargots, midi et soir, qu’ils font tous les jours une sieste d’une demi-heure après les repas, qu’ils pratiquent un jeûne de printemps et un jeûne d’automne, que leur nourriture est biologique, et qu’ils ne sont ni médicalisés, ni psychiatrisés, ni industrialisés, ni fiscalisés… C’est le vrai secret de leur longévité.

Chez l’individu âgé, le renouvellement cellulaire est diminué. Pourtant vous assurez que les diététiciens commettent une grave erreur en leur conseillant de réduire les apports protéiques.

Chez les personnes âgées, les cellules consomment moins d’énergie car elles se renouvellent moins vite, mais la capacité de la muqueuse intestinale à absorber les protéines diminue aussi. Il faudrait presque leur conseiller d’en consommer plus que l’adulte pour compenser la perte subie lors de l’absorption intestinale.

Sur quels arguments vous basez-vous pour affirmer que la suralimentation et le grignotage réduisent la longévité ?

Il faut savoir que chaque être humain naît avec un nombre déterminé de divisions cellulaires au-delà desquelles il meurt. Or la suralimentation et le grignotage augmentent la cadence des divisions cellulaires car ils suractivent les métabolismes et usent plus vite les cellules et donc leur mort et leur renouvellement accéléré. Les cellules ne pouvant se diviser qu’un nombre de fois déterminé, la vie s’en trouve raccourcie.

Vous incriminez la suralimentation et le grignotage dans les cancers du côlon et de l’intestin grêle.

Le grignotage que j’appelle le non-stop alimentaire et la suralimentation sollicitent le tube digestif de manière intempestive et exagérée, d’où une suractivité des cellules qui s’usent, se renouvellent de manière hyperaccélérée, augmentant ainsi le processus de mutation potentiellement cancérigène de l’ADN. Ce processus est la première cause de cancérisation de l’intestin grêle et du côlon.

Vous accusez les naturopathes de conseiller trop de vitamines de synthèse et d’induire ainsi chez leurs patients des cancers du foie et des reins.

Donner 200 mg de vitamine B1 par jour correspond à 9 kg de germe de blé ou 25 kg de pollen ou 1 000 kg de pain complet. Comment les naturopathes peuvent-ils penser qu’on peut faire ingérer à un organisme fatigué en un jour ce que nos ancêtres ingéraient en plusieurs mois sans générer des troubles et des maladies.

Non seulement ces jolis comprimés et gélules « 100 % naturels » sont le résultat des plus hautes techniques de la chimie de synthèse, mais ingérées à hautes doses, les vitamines provoquent des déséquilibres métaboliques, surmènent le foie et peuvent aboutir à des hépatites et des cancers du foie et des reins. En effet, pour éliminer l’excès de vitamines, le foie et les reins sont suractivés. Cette suractivation peut entraîner une cancérisation par le processus que j’ai décrit plus haut.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

Tags sur la même thématique Manger sain végétarisme Robert Masson
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