Pour consulter le site sans publicités inscrivez-vous

Épidémie de cancers… ou de surdiagnostics ?

Article paru dans le journal nº 40 Acheter ce numéro

Pourquoi y a-t-il tant de cancers diagnostiqués ces dernières années ? Ces cancers débutants sont-ils le signe d’une véritable épidémie ou sommes-nous en présence d’une épidémie de surdignostics et donc, de surtraitements ? Des études récentes montrent en effet que trois types de cancers sont surdiagnostiqués : sein, prostate et thyroïde.

Certains auteurs affirment que près de 10 % des cancers du sein diagnostiqués par mammographie n’auraient pas dû l’être durant la vie de la patiente et n’auraient pas évolué vers des formes graves. Bien entendu, le fait de faire un diagnostic et de proposer un traitement ne va pas modifier le bénéfice que l’on tire du dépistage. Mais des études très sérieuses au Canada et en Suisse avaient déjà prouvé que le dépistage par la mammographie n’était pas plus efficace que la simple palpation des seins.

Pour la thyroïde, c’est encore pire : d’après une étude du Centre international de la recherche sur le cancer, « près de 470 000 femmes et 90 000 hommes auraient fait l’objet d’un surdiagnostic du cancer de la thyroïde en vingt ans dans douze pays développés ». Ce surdiagnostic serait évalué entre 70 et 80 %, en France et aux Etats-Unis. La multiplication des échographies, le dépistage de lésions de plus en plus petites, la peur induite chez les patients et les biopsies qui concluent à l’existence d’un microcancer débouchent sur l’ablation de la thyroïde, sans que ces lésions ne l’aient vraiment nécessité. Cela ne poserait pas de problème si la thyroïde était un organe secondaire. Sauf que ce n’est pas le cas, et son ablation conduit à un déséquilibre que les hormones substitutives ne compensent pas.

Quant au cancer de la prostate, un des plus fréquents chez l’homme, son problème est non seulement le surdiagnostic, mais également les surtraitements, induisant des soins souvent invalidants ; et ce, alors même qu’il n’aurait pas évolué, ou évolué très lentement, ou encore aurait guéri spontanément. À partir d’un certain âge, la prostate est le siège d’anomalies cellulaires proches du cancer. Pratiquer des biopsies, outre le risque infectieux qu’elles comportent, conduit donc souvent à un surtraitement.

Il n’en reste pas moins que le dépistage est nécessaire. Il faut espérer simplement que les progrès de la science nous permettront d’avoir des méthodes de diagnostic plus fiables, et surtout qu’elles renseigneront plus précisément sur l’agressivité d’un possible cancer débutant. Le corps humain a des réserves au niveau immunitaire qui lui permettent de se guérir lui-même. C’est là qu’il faut chercher, plutôt que d’affoler systématiquement les patients, de les soumettre à des examens répétitifs induisant un état constant d’inquiétude pour finir par s’entendre dire : « Heureusement qu’on a fait ce dépistage, puisqu’on a fini par trouver quelque chose ! » Forcément, quand on cherche à tout prix…

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

Pour consulter le site sans publicités inscrivez-vous