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La rougeole un virus encore très actif

Article paru dans le journal nº 20 Acheter ce numéro

On croyait la rougeole disparue d’Europe, et voici qu’elle réapparaît depuis quelques années. Chez les enfants, la maladie est généralement bénigne, mais chez les jeunes adultes, elle peut occasionner des complications parfois graves. La médecine officielle n’a que le vaccin à proposer. La médecine naturelle propose plutôt d’accompagner la maladie.

Les dernières données épidémiologiques montrent que le nombre de cas de rougeole en France augmente « de manière importante » selon les autorités. Le nombre est en effet passé de 40 cas par an il y a quelques années, à 405 cas en 2017 par an (dont 40% ont entrainé une hospitalisation), ce qui demeure encore modeste pour un pays de 65 millions habitants…

Mais s’il convient de relativiser, il faut aussi se rappeler que la rougeole est tout de même responsable du décès de 35 morts chaque année en Europe. De plus, parmi les personnes atteintes, 10 % ont moins de 1 an et 40 % ont plus de 20 ans. Or ce sont les deux catégories à fort risque de complications graves… C’est sans doute à cause de cette recrudescence que les autorités sanitaires françaises ont rendu la déclaration de la rougeole obligatoire depuis 2005.

Une maladie très contagieuse

La rougeole est une maladie éruptive aiguë, due à un virus à ARN : le morbillivirus de la famille des paramyxovirus, la même que celui des oreillons. Elle survient généralement chez le petit enfant à partir de 6 mois. Elle est contagieuse et se propage par les micro-gouttelettes expulsées avec la toux des malades, mais aussi par le contact direct avec les sécrétions provenant du nez ou des bronches.

Quatre phases

La rougeole évolue classiquement en quatre phases :

1. Une incubation silencieuse qui dure en moyenne une quinzaine de jours (de 10 à 20 jours) entre le contact infectieux (contagion) et les premiers symptômes de la maladie.

2. La phase d’invasion qui se caractérise par une forte fièvre pouvant monter jusqu’à 40 °C, un nez congestionné d’où s’écoulent des sécrétions claires (catarrhe), une toux souvent grasse et productive de glaires, des yeux rouges et larmoyants (conjonctivite), un œdème des paupières et un comportement ronchon, grognon et irritable avec pleurs faciles de l’enfant.

Des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée…) peuvent aussi accompagner ce tableau. Cette phase dure en moyenne quatre jours.

Souvent le signe de Köplick (voir ci-contre) est observable et permet par sa seule présence d’affirmer d’emblée le diagnostic de rougeole. Il est en effet caractéristique (pathognomonique) de la maladie.

3. La troisième phase ou phase d’état, voit une éruption cutanée apparaître et se développer à partir du visage et de derrière les oreilles pour s’étendre progressivement à l’ensemble du corps en environ quatre jours :

 

  • au deuxième jour, le visage, le cou et la partie haute du thorax sont atteints par l’éruption;
  • au troisième jour, ce sont le tronc et les membres supérieurs qui sont touchés ;
  • au quatrième jour, les rougeurs s’étendent aux membres inférieurs.

 

Cet exanthème se caractérise par de petites plaques rouges plus ou moins sombres (macules et papules) légèrement en relief et de quelques millimètres de diamètre, qui vont confluer pour former des plaques. Celles-ci sont toujours séparées par des zones de peau saine.

Une autre caractéristique de la rougeole est habituellement l’absence de démangeaisons. L’aspect général de cet enfant grognon, toussant avec le nez qui coule et une éruption non prurigineuse (sans démangeaison) est généralement caractéristique. La fièvre est toujours élevée, mais va s’amender avec le temps.

4. Pendant la dernière phase de la maladie, l’éruption s’efface peu à peu en passant d’abord par une coloration brunâtre. Elle laissera derrière elle une forte desquamation fine qui persistera encore quelques jours. Progressivement, la fièvre disparaît et la convalescence demande une dizaine de jours. Elle se traduit principalement par une fatigue et quelquefois par une petite toux persistante.

La biologie

Généralement aucun examen complémentaire n’est utile, l’examen clinique suffisant à poser le diagnostic. Cependant une confirmation biologique est parfois nécessaire.

Une sérologie est alors effectuée à partir d’une prise de sang. Elle permettra de mettre en évidence la présence d’IgM spécifiques qui signaleront la survenue d’une rougeole récente ou en cours. De plus, une élévation d’au moins quatre fois la normale du titre des IgG sur deux prélèvements effectués à 15 ou 20 jours d’intervalle confirmera le diagnostic.

Il est aussi possible d’effectuer une recherche d’IgM salivaires qui est une technique simple, mais peut-être légèrement moins fiable.

Le traitement conventionnel

À la suite d’une épidémie de rougeole ayant entraîné des complications et des décès en 2006, les autorités suisses rappelèrent à l’époque qu’il n’existait pas de médicament contre le virus de la rougeole et que la seule défense efficace était la vaccination.

Le traitement conventionnel contre la rougeole se réduit à soulager la fièvre (paracétamol), la toux, les vomissements et les démangeaisons lorsqu’il y en a…

Une bonne hydratation est toujours indispensable dans ce contexte fébrile. Un traitement antibiotique est au contraire totalement inutile et n’est généralement indiqué qu’en cas de surinfection bactérienne.

Vaccination ou pas vaccination ?

Vaccination ou pas de vaccination, telle a été l’éternel débat où il s'agissait de peser intelligemment le pour et le contre selon les personnes.

Le premier élément à considérer est que la rougeole ne fait pas partie des vaccinations obligatoires. Elle est cependant recommandée (souvent « fortement » par les autorités) et généralement réalisée avec la rubéole et les oreillons dans le vaccin ROR dont la première injection doit être faite avant l’âge de 1 an pour les enfants entrant en crèche.

Actuellement, 85 % des enfants de 2 ans sont vaccinés contre ces trois maladies. L’objectif officiel est d’atteindre les 95 % afin d’éradiquer définitivement le morbillivirus.

Ce vaccin provoque parfois des réactions immédiates (fièvre, douleur au lieu d’injection, infection, éruption…), il peut aussi être responsable de la survenue dans les mois suivants d’effets secondaires comme des infections (surtout ORL) à répétition ou des allergies à des allergènes qui ne posaient pas de prioblèmes jusque là.

Ces complications ne sont pas reconnues officiellement comme pouvant être secondaires à la vaccination, car d’autres causes peuvent les expliquer… Cependant, souvent, les parents notent l’apparition d’infections ou d’allergies récidivantes dans les 3 à 6 mois suivant la ou les vaccinations. Il a été suspecté aussi par certaines études que le vaccin ROR pouvait induire l’autisme ou l’hyperactivité… ce qui a été infirmé par d’autres études publiées ces dernières années.

D’un autre côté, mis à part la vaccination, aucune autre méthode ne donnera une immunité spécifique pouvant protéger de la rougeole. Il n’est pas possible d’« avoir le beurre et l’argent du beurre ».

Aussi le choix est simple :

 

  • Soit l’enfant se fait vacciner et il est (normalement) immunisé mais peut présenter des effets indésirables à court, moyen et long terme. Signalons que lors d’une épidémie en 2007, dans une communauté religieuse en Hollande, 101 personnes sur 137 cas de rougeole n’étaient pas vaccinées, ce qui signifie que 36 d’entre elles (25 %) étaient vaccinées et ont tout de même contracté la maladie. Il n’a pas été précisé si ces dernières ont plus ou moins de complications que les non vaccinées.
  • Soit l’enfant ne se fait pas vacciner et il ne sera pas immunisé contre la maladie, ce qui peut favoriser la survenue de complications graves en cas de rougeole survenant à l’âge adulte. Rappelons toutefois que les complications observées ne sont réellement graves que dans une petite minorité de cas.
  • Un moyen terme consiste à faire le vaccin tout en minimisant ses effets secondaires (sans pour autant les faire disparaître totalement). Pour cela, il est conseillé de suivre le protocole suivant :

 

1. Ne faire la vaccination que lorsque l’enfant est en pleine forme.

2. Ne pas faire la vaccination en automne et en hiver alors que de nombreuses épidémies de grippe, de rhume et autres, courent par ailleurs.

3. N’utiliser que des vaccins sans adjuvants.

4. Faire les vaccins et les rappels les plus éloignés possible les uns des autres (tout en restant dans les limites légales indiquées).

5. Faire des vaccins unitaires (difficiles à trouver de nos jours) et éviter, dans la mesure du possible, les vaccins groupés dans une même injection… puis espacer les vaccinations autant que possible les unes des autres.

6. Prendre systématiquement des doses homéopathiques destinées à limiter les effets indésirables sur le terrain des personnes vaccinées :

a. Thuya 9 CH : une dose le jour ou la veille du vaccin, plus une dose le 1er dimanche suivant la vaccination.

b. Silicea 15 CH : une dose le 2e dimanche.

c. VAB 15 CH : une dose le 3e dimanche.

d. Pulsatilla 9 CH : 1 dose le 4e dimanche.

Il faut se rappeler que le calendrier vaccinal proposé par les autorités n’est qu’une indication. Il n’est pas obligatoire de le suivre à la lettre…

Enfin, si un rappel est proposé, il est toujours possible de faire doser les anticorps présents dans le sang de l’enfant ou de la personne concernée afin de savoir si ce rappel est justifié ou non. Car une étude récente montre que les anticorps dirigés contre le virus de la rougeole se maintiennent longtemps après une infection ou une vaccination avec même une demi-vie estimée à plus de 50 ans en cas d’infection.

Ces résultats laissent penser qu’il serait envisageable d’espacer les rappels d’un délai beaucoup plus important que ne l’indique actuellement le carnet de vaccination.

Les traitements naturels de la rougeole

La fièvre, tant qu’elle demeure dans un cadre raisonnable (38 °5 à 39 °C) est à conserver si elle est bien supportée et en dehors d’antécédent de convulsion hyperthermique. Car elle stimule le système immunitaire via les protéines de stress, mais aussi une fièvre persistante est toujours délétère pour les germes.

Si la médecine conventionnelle n’a pas de traitement spécifique contre la rougeole, ce n’est pas le cas des médecines naturelles qui ont beaucoup de choses à proposer :

  • L’homéopathie. La rougeole atteignant des jeunes enfants, le traitement de choix est sans conteste l’homéopathie qui ne présente aucune contre-indication à cet âge délicat.

- Chez le nourrisson, il suffit de mettre toutes les granules du traitement de la journée dans un biberon d’eau de source (1 à 2 cuillers à soupe). Laissez- les fondre et donnez-le à boire à l’enfant en plusieurs fois au cours de la journée.
- Pour les enfants plus grands et pour les adultes, il est conseillé de respecter les horaires indiqués dans le protocole de traitement suivant :

En préventif, lors d’une épidémie :

Aviaire 7 CH (1 dose au coucher le premier jour) et  Oscillococcinum (1 dose le deuxième jour).

En début de rougeole :

Oscillococcinum (une dose au coucher pendant trois jours),

Gelsemium 5 CH, Aconit 5 CH, Euphrasia 5 CH et Drosera 5 CH (3 granules de chaque avant les trois repas).

À la période d’état :

Belladonna 5 CH, Arsenicum album 5 CH et Bryonia 5 CH (3 granules de chaque remède avant les trois repas).

À la fin de l’éruption :

Pulsatilla 5 CH, Acidum phosphoricum 15 CH et Natrum muriaticum 7 CH (donnez 3 granules de chaque avant les trois repas).

 

  • Les oligoéléments de cuivre seront indiqués chez les grands enfants et l’adulte à raison de 1 ampoule deux à trois fois par jour.
  • Les tisanes de bourrache et de thym à prendre trois fois par jour.
  • La vitamine A a été souvent proposée pour amoindrir les symptômes de la rougeole, notamment dans les pays sous-développés.
  • La vitamine C est intéressante pour son effet virucide et tonifiant.
  • La vitamine D, souvent carencée, pourrait également avoir une action intéressante contre la rougeole. Un sujet à suivre.
  • Le chlorure de magnésium est souvent recommandé pour traiter la rougeole. D’abord parce qu’il agit sur la carence magnésienne – quasi généralisée aujourd’hui – qui induit fatigue et baisse immunitaire. Il aurait aussi, selon certains auteurs, une action bactéricide et virucide. De plus, il augmenterait de manière importante l’activité des globules blancs. Pour employer ce remède, il suffit de mettre un sachet de 20 g dans un litre d’eau et d’en boire 25 ml toutes les 2 à 3 heures en début d’infection. C’est très amer et un peu rebutant, c’est pourquoi il est utile de conserver la bouteille au frigo pour atténuer le goût. Attention : une diarrhée peut s’ensuivre, il convient alors de diminuer les prises.
  • Les huiles essentielles sont aussi très intéressantes notamment pour les enfants qui ne sont plus en bas âge et les adultes : HE d’eucalyptus citriodora, HE d’Origanum majorana, HE de Lavandula angustifolia, HE de Citrus aurantium, à parts égales, à raison de 2 gouttes du mélange deux fois par jour.

 

Quelques points importants

 

  • L’enfant est contagieux pendant une quinzaine de jours, depuis la phase d’incubation jusqu’aux premiers jours de la phase de desquamation.
  • Le diagnostic de rougeole est assez évident surtout lorsqu’il existe un signe de Köplick. Cependant elle peut quelquefois être confondue avec une roséole, une rubéole, une scarlatine, une mononucléose infectieuse, une allergie médicamenteuse…
  • La rougeole est immunisante, c’est-à-dire qu’en général les personnes ne font qu’une seule rougeole au cours de leur vie (pas de récidive).

 

Le signe de Köplick

Le signe de Köplick est généralement le meilleur moyen de déceler l’existence de l’infection par le virus de la rougeole. Il se présente sous la forme de petits points blancs regroupés, visibles sur la face interne des joues à la hauteur des prémolaires. Ces petits points contrastent fortement sur la muqueuse enflammée et rouge de la joue. Le signe de Köplick disparaît en quelques jours pour laisser la place à une éruption cutanée.

Les complications

Les complications sont rares, dans les pays développés, mais potentiellement graves. Elles touchent surtout les adultes jeunes et les enfants fragiles (mucoviscidose, malformation cardiaque, cancer, malnutrition, insuffisance respiratoire…). Elles sont de quatre ordres :

 

  • ORL et respiratoire : otite, laryngite et surtout pneumonie, pneumopathie, rougeole pulmonaire sévère, avec quelquefois détresse respiratoire.
  • Digestive : diarrhées sévères.
  • Ophtalmique : conjonctivite, infection.
  • Neurologique avec deux complications redoutables :

 

– L’encéphalite aiguë morbilleuse (1 cas sur 1 000 rougeoles) peut survenir jusqu’à 3 à 10 jours après la fin de l’éruption. Elle est due à la multiplication du virus dans le cerveau. Elle est mortelle ou laisse de graves séquelles neuropsychiques dans près de 40 % des cas.

– La panencéphalite sclérosante subaiguë de Von Bogaert, qui est une complication rare (1 cas sur un 1 000 000) mais tardive pouvant survenir plusieurs années après la rougeole et qui est due à la persistance inapparente du virus dans l’organisme. Elle se traduit par une détérioration intellectuelle progressive, des troubles de l’humeur puis des déficits moteurs de plus en plus importants. L’évolution est inexorablement fatale…

Des graines de coquelicot

En Afrique du Nord, on utilise les graines des capsules de coquelicot contre la rougeole, en particulier pour calmer la toux des enfants. Le malade prend tous les soirs un verre d’une décoction de 8 capsules par litre (ébullition douce pendant 10 minutes) à laquelle on ajoute, pour plus d’efficacité, de la poudre de cumin et du miel.

Les graines se récoltent lorsque la capsule des fruits est encore verte avant que son petit chapeau chinois ne se soulève et ne libère les précieuses semences.

À noter : C’est à des substances alcaloïdes contenues dans le latex de la plante entière et en particulier à la rhœadine que le coquelicot doit ses propriétés sédatives. En revanche, il ne contient pas, contrairement à son cousin le pavot somnifère, de morphine. La rhœadine calme et adoucit mais n’entraîne aucune accoutumance. C’est pourquoi le coquelicot fut longtemps appelé « l’opium inoffensif du peuple ».

 


 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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