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L’ordre des médecins face à ses tabous

Article paru dans le journal nº 75 Acheter ce numéro
  • Un rapport de la Cour des comptes dénonce les dérives de l'ordre des médecins.Un rapport de la Cour des comptes dénonce les dérives de l'ordre des médecins.

Tricheries comptables, faiblesse des contrôles, conflits d’intérêts entre les autorités de santé et l’industrie pharmaceutique, rémunérations déguisées, recrutements familiaux… En dénonçant les dérives de l’ordre des médecins dans son dernier rapport, la Cour des comptes vient de lui annoncer la fin des « beaux jours ».

C’est un vrai séisme au pays feutré des chuchotements. Les responsables de l’ordre des ­médecins en tremblent encore : une énorme météorite s’est abattue sur eux le 9 décembre 2019 (1). C’est le rapport définitif de la Cour des comptes. Il expose publiquement le linge sale des potentats de l’institution, leurs abus chroniques et leurs privilèges discrets.

Le Conseil national de l’ordre des ­médecins, fondé en 1945, est un organisme privé exerçant une mission de ­service public. Composé d’ordres ­départementaux et régionaux, chapeautés par le conseil national, où siègent ses élus plus ou moins indéracinables et ­cumulards, il doit veiller au « maintien des principes de moralité, de probité et de dévouement indispensables à l’exercice de la médecine et à ­l’observation, par tous ses membres, des devoirs ­professionnels ainsi que des règles édictées par le code de déontologie (2) ». Ce code fixe en particulier les obligations des ­médecins pour soigner au mieux les patients. Y figurent par exemple le respect du secret professionnel, de même que l’information et le consentement du patient. La trésorerie de l’ordre provient pour ­l’essentiel de cotisations obligatoires (335 euros) des 300 000 médecins affiliés et des gains de ses sociétés immobilières.

Des indemnités à géométrie variable

La France conserve encore de nombreuses juridictions protégeant la dignité des notables, tels les avocats, les architectes ou les notaires. Rien que dans le secteur de la santé, outre l’ordre des médecins, on compte l’ordre des pharmaciens, ­celui des chirurgiens-dentistes et ceux des ­masseurs-kinésithérapeutes, des pédicures-podologues, des vétérinaires… Un monde où règnent l’entre-soi et la « générosité » des puissants fournisseurs de produits (médicaments, matériels paramédicaux). Ces entreprises offrent à leurs membres de réjouissantes villégiatures dans des hôtels exotiques pour entretenir leur bon commerce. Les ordres feignent habituellement de l’ignorer, ce que le rapport regrette.

Il est vrai que les élus de l’ordre ne sont pas tous désintéressés. Certains piochent dans la caisse en se faisant rembourser des frais « dont les justifications sont parfois incertaines, voire inexistantes ». S’y ajoutent des indemnités grassouillettes. La Cour note au passage : « Les fonctions ordinales sont des bénévoles qu’il est néanmoins possible d’indemniser dans la limite de trois fois le plafond de la Sécurité sociale, soit 121 572 euros par an. L’esprit de bénévolat censé animer les fonctions ordinales est inégalement présent : si certains conseillers perçoivent des indemnités modestes, d’autres au contraire bénéficient d’indemnités confortables. »

Le Conseil national de l’ordre des ­médecins en offre la meilleure illustration : « Les 16 membres du bureau ont perçu au total plus d’un million d’euros d’indemnités en 2017. » Entre 2011 et 2018, son président a touché chaque mois entre 9 500 euros et 10 048 euros. Au cours de la même période, son secrétaire ...

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