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Coronavirus parole d’acupuncteur

Article paru dans le journal nº 86 Acheter ce numéro
  • L'acupuncture peut juguler le choc cytokinique que provoqueraient les formes graves du Covid-19.L'acupuncture peut juguler le choc cytokinique que provoqueraient les formes graves du Covid-19.

On n’ose plus dire que certains médecins ou thérapeutes parviennent à traiter des patients atteints de Covid-19. Et pourtant… Depuis avril, MTC et acupuncture attirent tous les regards. Efficace ou non ? Nous avons demandé à Jean Motte, acupuncteur, de nous ouvrir ses portes. Plus que le Covid-19, il nous dévoile le regard singulier que porte l’acupuncture sur la maladie en général et le malade en particulier.

Dès avril 2020, nous avons vu se succéder de nombreux articles dans la presse régionale, nationale et internationale, révélant le rôle de la médecine traditionnelle chinoise (MTC) dans les protocoles de soins pour lutter contre le Covid-19. Pêle-mêle, le 24 avril 2020, Ouest-France titrait « Coronavirus. En Chine, la MTC se combine avec les traitements classiques », en mars on lisait dans le quotidien helvétique Le Temps : « Face au coronavirus, Pékin mise sur sa médecine traditionnelle. » Le sujet est tel qu’en juin, la question scientifique devient politique puisque critiquer la MTC est devenu en Chine un délit comme le rappelait Le Monde. Sur le site de France Info, les six remèdes recommandés issus de la pharmacopée chinoise (granulés de Jinhua Qinggan, de Lianhua Qingwen, injections de Xuebijing, décoctions nettoyantes et détoxifiantes des poumons, formule HuaShiBaiDu, et granulés de XuanFeiBaDu) ont été passés au crible par le Pr Liu Bingkai, diplômé en MTC de l’université de Nankin, et docteur en MTC à l’hôpital parisien de la Salpêtrière. Ce spécialiste confirme que ces protocoles sont de réelles alternatives pour soulager les symptômes les plus graves, faire baisser la température rapidement, soutenir le système immunitaire en augmentant la production de lymphocytes et de leucocytes, et enfin, atténuer les formes sévères.

On ne soigne pas une maladie, mais un malade

L’acupuncture, que l’on associe trop facilement à une MTC basée essentiellement sur la pharmacopée, n’est pas en reste.

Une étude menée par des neuroscientifiques de la Harvard Medical School, parue en août 2020 dans la revue Neuron, avère les qualités thérapeutiques de l’acupuncture, notamment pour juguler le choc cytokinique que provoqueraient les formes graves du Covid-19 (de nouvelles études montrent que ledit choc n’interviendrait pas dans les formes graves de Covid-19… jusqu’aux prochaines études prouvant le contraire ?). Peu importe. Car en suivant deux cas de Covid-19 que Jean Motte (acupuncteur et formateur) a suivis dans son cabinet, c’est toute la vision singulière de la maladie et du malade que porte l’acupun­cture qui se dévoile. Comme le rappelle le thérapeute, « on ne soigne pas une maladie, mais un malade ». Cette phrase fait toute la différence.

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Les sept piliers de l’acupuncture

  1. Il faut une déficience de l’énergie de défense (système immunitaire) en amont pour déclencher une maladie. Toute déficience de l’énergie de défense est liée aux émotions (ouvrage de Huai Nan Tseu).
  2. La maladie est soit externe (attaque climatique) soit interne (déséquilibre émotionnel).
  3. Toute suppression de symptômes conduit à une pénétration plus interne de la maladie passant du physique, à l’émotionnel, puis au mental.
  4. Tout traitement vise à vider les pleins d’énergie incorrecte et remplir les vides d’énergie correcte.
  5. L’homme est porté par la Terre et couvert par le ciel. La chronopuncture est l’art suprême d’équilibrer l’homme au centre, lieu d’échange entre les méridiens 
yang qui descendent et les méridiens yin qui montent.
  6. Le Soleil et la Lune sont le yin et le yang de l’homme.
  7. Les cinq planètes (Jupiter, Mars, Saturne, Vénus et Mercure) interagissent respectivement avec les cinq organes trésors de l’homme (foie, cœur, rate, poumon, rein).

Une maladie, deux malades, deux traitements

Julien*, 22 ans, étudiant en médecine, se présente au cabinet de Jean Motte : il a « attrapé » l’étrange virus. Ses symptômes sont : fièvre peu élevée, anosmie (perte de l’odorat) et agueusie (perte du goût), courbatures « comme la grippe », mal de tête, et dyspnée (oppression thoracique, toux, essoufflement). « Les symptômes de la maladie ne sont pas ceux de la cause de cette maladie, précise Jean Motte. Si j’ai le doigt écrasé – symptôme de la maladie –, c’est que je me suis mis un coup de marteau ou qu’on me l’a mordu – causes de la maladie. »

Dans l’acupuncture traditionnelle, le postulat est : il y a nécessairement une cause à la déficience de l’énergie de défense de l’organisme. Ne pas s’en occuper, c’est faire une suppression de maladie qui, dans le temps, se logera plus profondément : un eczéma supprimé deviendra un asthme (altération profonde de l’organisme).

Pour bien traiter en acupuncture, il faut d’abord transcrire le ressenti du patient en trois couples spécifiques :

  • Vide, plein ;
  • Froid, chaleur ;
  • Profondeur, superficie.

Dans le cas de Julien*, l’examen du teint, de la langue et du pouls conduit Jean Motte à décrire son déséquilibre énergétique en « plein/chaud/profondeur » (plénitude de chaleur en profondeur). Il faudra chasser ce chaud et rétablir le correct en profondeur.

C’est Julien qui « fait » sa maladie et elle n’a pas la même origine que celle d’un autre patient présentant la même attaque virale. Il faut chercher les signes que Julien seul aura assemblés d’une certaine façon. D’après le questionnaire, Julien désire boire de l’eau glacée, il a faim mais ne mange pas, il a la poitrine dilatée et est dans une plénitude de chaleur à l’estomac. En recherchant une cause à sa déficience d’énergie, nous trouvons une alimentation déréglée (horaires, qualité) et un état anxiogène par rapport à ses examens. Trois séances à deux jours d’intervalle viendront à bout de son mal-être. Le point central de son traitement sera le 13 E Qi Hu (entrée de l’énergie).

Pour Mélanie*, âgée de 42 ans, elle consulte pour des maux de tête, des courbatures grippales, des difficultés digestives importantes, une perte de l’odorat, une toux sèche avec difficulté respiratoire. Elle ne supporte pas d’être assise, veut rester debout. Elle n’a pas de température bien qu’elle pense en avoir. Elle a le masque de la frayeur et s’attend à une catastrophe. Nous sommes devant un déséquilibre du méridien du rein dans sa partie externe. Le questionnaire met en évidence une peur de ce qui peut arriver à elle et sa famille. L’ambiance délétère l’use et les pouls de son foyer inférieur seront caractéristiques (profond, sans force). Le 13 R Qi Xue (antre de l’énergie) sera le point central du traitement et chauffé au moxa, il fera merveille rapidement.

Lire aussi Nathalie Lefèvre a testé l'acupuncture traditionnelle

Des déficiences aux raisons individuelles

L’acupuncture traditionnelle stipule :

  • La maladie ne s’exprime que sur des terrains délétères
  • A l’origine, il y a toujours une faiblesse de l’énergie de défense (système immunitaire)
  • La cause de tout affaiblissement énergétique est émotionnelle
  • Ne pas supprimer de symptômes, s’attaquer à la cause de la déficience énergétique.

L’acupuncture traditionnelle ne s’occupe pas de soigner la maladie (un comble !). Ici, deux personnes atteintes de la même maladie diagnostiquée par la médecine allopathique. Pour l’une, l’anxiété et la malbouffe sont à l’origine de sa déficience immunitaire. Pour l’autre, c’est la peur de la maladie. À chacun sa maladie, à l’acupuncture de guérir le malade. Ce qui a été visiblement le cas.

* Les prénoms ont été changés.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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