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Thierry Casasnovas, "L’humain a le pouvoir de se reconstruire, quelles que soient les circonstances"

Article paru dans le journal nº 57 Acheter ce numéro
  • Convaincu de la force de guérison du vivant, Thierry casanovas a créé l’association Régénère.Convaincu de la force de guérison du vivant, Thierry casanovas a créé l’association Régénère.

Naturopathe autodidacte, conférencier et youtubeur, Thierry Casasnovas a fait de son histoire un cas d’école. Car ce Pyrénéen volubile revient de loin. Après une longue maladie, il partage depuis 2010 des conseils d’hygiène de vie dans des vidéos où le repos, digestif autant que mental, est une règle d’or.

Alternative Santé. Dans vos vidéos, le terme « homéostasie » revient souvent. Pouvez-vous nous rappeler ce qu’il signifie ?

Thierry Casanovas. L’homéostasie est une loi du système vivant qui dit que tout organisme, toute sa vie durant, recherchera son meilleur état de fonctionnement. C’est l’essence du vivant et ce qui nous différencie des machines. Un objet peut être doté de la plus grande technologie, il n’aura jamais notre capacité d’auto-réparation. L’humain a le pouvoir de se reconstruire, quelles que soient les circonstances. Si quelque chose dans le corps est lésé, le système cherche à le réparer automatiquement, spontanément. Pour cela, il va détruire les parties les plus abîmées et se concentrer sur les plus fonctionnelles. Ce mécanisme s’appelle l’autolyse, qui est une expression de l’homéostasie. On l’observe lors d’un jeûne, par exemple, lorsque les tissus les plus encrassés s’éliminent en premier.

Le vivant serait donc auto-réparant, en toutes circonstances. Y a-t-il tout de même des conditions plus favorables ?

Oui, il y a des conditions qui vont aider ce processus. Mais il faut bien avoir à l’esprit que, même si on ne les respecte pas à la lettre, on est tous dotés de cette faculté de nettoyage. Ce n’est pas lié à notre décision, et heureusement, sinon on ne pourrait pas vivre. On a tendance à croire qu’il faut toujours manger correctement, se reposer un maximum ou passer sa vie à méditer pour que le corps puisse se détoxifier. Mais non, car il le fait de lui-même, naturellement et en permanence. En revanche, nous pouvons le soutenir dans ce travail.

Concrètement, comment pouvons-nous l’aider ?

Le principe clé, c’est le repos. Le repos n’est pas que physique. Il est aussi digestif et mental. Chaque fois qu’on privilégie le repos dans sa tête et dans son alimentation, on favorise les opérations de réparation. Je considère le jeûne comme le repos absolu, mais un simple allègement des repas permet déjà de reposer le système. Manger cru, par exemple, demande beaucoup moins de travail digestif et libère ainsi de l’énergie, dans laquelle l’organisme peut puiser pour aller réparer là où c’est nécessaire. C’est important de comprendre cette logique afin de ne pas faire du cru une religion ou une fin en soi. Par ailleurs, j’observe, de plus en plus, que la suractivité mentale est une cause majeure d’épuisement, plus encore que la suralimentation.

Vous recevez beaucoup de témoignages. Quelles sont, selon vous, les pathologies les plus fréquemment rencontrées à notre époque ?

Il y a toutes les pathologies d’encrassement, qui vont donner des symptômes tels que le sur­poids, le diabète, l’hypertension. Tout cela va ensemble. On les voit d’ailleurs apparaître dans les pays en voie de développement, qui accèdent à la modernité occidentale, comme le Maroc. En France, on a surtout connu ces pics dans les années 1980-90. Aujourd’hui, pour nous, l’épidémie c’est le pack : épuisement, dépression, anxiété. Beaucoup de gens sont déprimés, épuisés, sans libido, sans créativité, avec de gros problèmes d’anxiété. La plupart du temps, c’est soit le système nerveux qui est sur-stimulé, soit le système digestif qui est surchargé. Mettez la personne au repos et vous avez 80 % à 90 % de chance qu’elle se rétablisse. J’insiste sur la notion de repos mental, car on peut manger sain sous les cocotiers et que ce soit le chaos complet dans la tête, parce qu’on est bouffé par la culpabilité, la rancœur ou parce qu’on a emporté du travail avec soi. Il y a sept ans quand j’ai commencé, mon public c’étaient les 45-65 ans. Aujourd’hui, c’est descendu à la tranche des 25-35 ans. C’est un signal très fort sur le plan social. L’épuisement est massif, chez les enfants aussi avec des polyallergies, hyperactifs, en burn-out, c’est-à-dire en surchauffe totale très tôt.

Comment associer repos et vie sédentaire, en ville, avec des écrans ?

Au niveau alimentaire, on ajoutera une part importante de légumes et de fruits. C’est tout simple et ça ne peut que faire du bien. Faites juste l’essai pendant trois semaines, il ne s’agit pas d’entrer en religion. Pour la nervosité, le secret, c’est l’oxygénation. On ne respire pas assez. La cohérence cardiaque, développée par David Servan-Schreiber, consiste à inspirer sur 5 secondes et expirer sur le même temps. Cela équilibre et aide à ramener la personne sur terre. Les écrans, les réseaux de téléphonie mobile, on les utilise tous, moi y compris, je ne prétends pas vivre en dehors de mon époque. Mais cela apporte son lot de pathogénicité.

Quels risques y a-t-il à craquer, à retomber dans les excès, après avoir entrepris une réforme alimentaire ?

Il n’y a aucun risque en soi. En revanche, j’attire votre attention sur la notion de « réforme alimentaire », qui peut être extrême. Plus une personne est fatiguée, plus sa capacité à l’adaptation est faible. Et ce, dans les deux sens, y compris quand il s’agit d’aller vers du mieux. Cela signifie qu’en changeant son alimentation de manière trop brusque, en passant au 100 % cru par exemple, la personne fatiguée ne pourra pas trouver un équilibre. Il faut donc y aller progressivement. Ajouter un peu plus de fruits et de légumes, en fonction de ses goûts, miser sur l’envie de l’instant. Je crois surtout à la vertu du plaisir.

Une alimentation saine n’exclut donc pas la gourmandise ?

Je dirais plus le plaisir que la gourmandise. La gourmandise n’a pour but que de flatter le palais, dans l’immédiat. Le plaisir, lui, est plus durable et il n’est pas que gustatif. Le plaisir, c’est d’avoir les idées claires au réveil et de vouloir retrouver cette sensation. Voilà comment on installe de bonnes pratiques. Pas en se radicalisant. Le végétarien frustré, qui s’impose un régime, c’est catastrophique pour la santé. Et puis l’alimentation n’est qu’une partie de notre nourriture. Dans les milieux de la santé, il y a parfois une hyper-focalisation sur l’alimentation mais d’autres choses nous nourrissent, comme nos relations. S’enfermer dans un régime isolant et se retrouver tout seul à manger ses carottes, c’est dommage. Il n’y a pas de meilleur régime alimentaire, le régime idéal est celui qui correspond à nos besoins, à l’instant T. Quelqu’un qui subit un énorme stress dans sa vie peut très bien avoir besoin un soir de manger un cassoulet et de boire un verre de vin parce que c’est ce qui va lui permettre de ne pas péter les plombs.

En complément des fruits et légumes, quels sont les ingrédients de santé incontournables à avoir dans ses placards ?

L’argile verte a des vertus internes et externes extraordinaires. Le charbon actif est un gros absorbant de toutes les intoxications du système digestif. L’eau de mer, issue des travaux de René Quinton, un super complément minéral naturel. Voilà le trio de ma panoplie d’urgence.

Quel jus détox conseillez-vous pour le printemps ?

Tous les jus aident à la détoxification puisque, dépourvus de fibres, ils combinent l’avantage d’être extrêmement légers à assimiler et riches en phytonutriments. Les recettes qui activent les processus de détoxification devront cibler particulièrement le foie. On peut choisir des aliments riches en soufre comme les crucifères. Donc, je dirais : un jus à base de choux rouges, de betterave reminéralisante, de pomme pour la douceur et d’un peu de curcuma pour la touche anti-inflammatoire. Voilà un bon cocktail pour nettoyer le foie après l’hiver. En cure de trois semaines, on a le temps de voir des résultats. Attention, l’idée est de les intégrer dans une alimentation quotidienne, aussi végétale que possible, mais pas de ne se nourrir que de cela. Autre règle : un bon jus contient 70 % de légumes et 30 % de fruits. Ces derniers doivent être minoritaires pour éviter les pics glycémiques.

Biographie

Après des études de physique, Thierry Casasnovas devient boulanger bio. Féru de course à pied sur de longues distances, cet amoureux de la nature voyage à vélo à travers le monde. À 27 ans, lors d’un séjour en Afrique, il contracte une salmonellose. Soigné par antibiothérapie, c’est le début de ce qu’il décrit comme une descente aux enfers : perte de poids, dépression, pancréatite aiguë... Avec 30 kilos pour 1,75 mètre, son corps n’assimile plus rien. Il est placé dans une clinique des troubles alimentaires pour soigner ce que les médecins pensent être de l’anorexie. On finit par lui diagnostiquer une tuberculose. Son père le prend chez lui, le nourrit, le masse, lui donne des bains de soleil. Thierry reprend peu à peu forme humaine et commence à partager son expérience. Convaincu de la force de guérison du vivant, il approfondit ses connaissances et part se former à l’Institut Hippocrate aux États-Unis, avant de créer l’association Régénère. Il reçoit de nombreux témoignages de personnes qui n’ont pas trouvé, dans le système de soin classique, de réponse à leurs maux. En vidéos et dans les stages qu’il anime, en France et au Québec, il répond à leurs questions et partage des conseils simples, suivis par plus de 175 000 personnes.

Pour en savoir plus : http://regenere.org/

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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