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Opposons-nous au DSM !

Alexandre Imbert  rédigé le 07 avril 2014 à 13h48
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La tuerie qui a eu lieu dans une école américaine peu avant Noël a largement mobilisé les médias, toujours en quête de contenus émotionnels. On a beaucoup glosé sur le pourquoi de ce massacre de Newton et sur le contrôle des armes à feu. On a dit que c’était l’acte d’un jeune fragile issu d’une famille surarmée. Mais ce qu’on n’a pas dit, c’est que ce jeune Américain de 20 ans qui souffrait du syndrome d’Asperger depuis plusieurs années était très probablement sous médication. Ce qu’on n’a pas dit, c’est que les personnes souffrant de ce syndrome ne sont pas violentes mais qu’en revanche, les psychotropes qu’on leur administre les rendent imprévisibles.

Aux Etats-Unis, la tuerie  de Newton n’est là que le énième épisode d’une tuerie en série perpétrée par des jeunes sous médication psychiatrique au sein d’une population où 10% des personnes de plus de 6 ans prennent des antidépresseurs. Au sein d’une population où le nombre d’adultes recevant une aide fédérale pour invalidité est passé de 1,25 million en 1987 – année de mise sur le marché du Prozac – à 4 millions en 2007 et forcément bien plus aujourd’hui.

On estime là-bas qu’1 adulte sur 45 en âge de travailler est en invalidité pour troubles mentaux.
Les enfants n’échappent pas à cette psychatrisation de la société : le nombre de jeunes recevant une prestation pour maladie mentale a augmenté de 35% sur cette même période pour dépasser le demi-million.

Epidémie mondiale de maladies mentales

Saviez-vous que la psychiatrie représente aujourd’hui le plus grand marché pharmaceutique aux Etats-Unis ? Saviez-vous que la nouvelle génération de neuroleptiques ou antipsychotiques tels que le Risperdal, le Zyprexa ou le Seroquel, dépasse maintenant en termes de vente les anticholestérolémiants ? On parle maintenant d’une "épidémie de maladies mentales"

Cette épidémie, c’est aux médicaments qu’il faut l’imputer, à ces pilules chimiques si peu efficaces (les études contre placebo le prouvent) mais si dangereuses pour leurs effets secondaires et les addictions qu’elles provoquent. Sans même parler des maladies et détraquements cérébraux qu’elles induisent…

Une orgnanisation qui fait froid dans le dos

Alors que de nombreuses études longitudinales ont montré la supériorité des traitements non médicamenteux des troubles mentaux, y compris de la dépression et de la schizophrénie, la très puissante industrie pharmaceutique américaine ne cesse d’étendre son emprise sur les citoyens. Mais elle s’appuie sur une complice : l’APA, l’Association psychiatrique américaine, l’organisation psychiatrique la plus influente dans le monde.

C’est l’APA qui, depuis 1952, répertorie et classifie les maladies mentales dans son fameux DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders). En 1952, son premier manuel recensait 106 pathologies. Aujourd’hui, le DSM énumère 410 troubles.
Ne croyons pas que nous sommes à l’abri car l’APA nous menace tous. Son DSM s’est imposé comme la bible de tous les psychiatres, y compris français, psychiatres dont la formation continue est financée, faut-il le rappeler, par les laboratoires eux-mêmes.

Des désordres mentaux pour tous... sur mesure

Et la mauvaise nouvelle, c’est qu’une version réévaluée du DSM, la version V, est attendue pour mai de cette année. Selon les observateurs, une vingtaine de nouveaux troubles devraient voir le jour dont le « trouble d’hypersexualité » ou « le trouble paraphilique coercitif » (l’ancienne « perversion »). Mais surtout, cette nouvelle version élargit les critères des maladies mentales de sorte que presque tout le monde sera concerné.

Vous parlez tout seul dans la rue ou dans votre salle de bains ? L’APA va s’occuper de vous.

Vous n’arrivez pas à faire le deuil de la disparition d’un proche, vous êtes malades (c’est déjà le cas pour l’APA si le deuil n’est pas fait au-delà de 2 mois).

Vous aimez faire l’amour ? On va vous soigner !


Tout cela signifie qu’il va y avoir une foultitude de malades mentaux dans les années à venir. Une multitude de cinglés, dont vous et moi peut-être. On pourra alors vraiment parler d’épidémie mondiale, de fausse épidémie bien sûr, mais pas de faux médicaments.... Prenons un exemple : l’autisme. Selon les anciens critères du DSM, on répertoriait un enfant autiste sur 100 000. Selon les derniers critères, un enfant sur 100 l’est !

Comment soigner des troubles... non avérés

Et ce n’est là qu’un avant-goût de ce qui nous attend. Car le DSM V introduit une autre idée, ô combien perverse : les « syndromes de risque ». Autrement dit, l’APA prétend maintenant prévoir des troubles futurs. Selon ses experts, par exemple, 30% de la population serait dépressive à son insu. Alors les psychiatres vous diront que vous présentez un syndrome de risque de dépression et vous proposeront des traitements préventifs, médicamenteux bien sûr. Quant au « syndrome de risque psychotique », il permettra aux praticiens de mettre sous hallucinatoires des cohortes de jeunes gens au comportement jugé atypique. On n’en a pas fini avec les tueries !

Déjà, selon une étude menée par le National Institute of Mental Health américain au début des années 2000, la moitié de la population est concernée par le DSM IV à travers seulement 4 troubles qu’elle rencontrera au moins une fois dans sa vie : les troubles de l’anxiété, les troubles de l’humeur (où est-il écrit que l’humeur devrait être constante ?), les troubles du contrôle de l’impulsion (dont le TDAH) et les troubles de l’usage de substances (tabac compris). Avec tous les autres troubles inventés et ceux qui arrivent, il est clair que c’est tout un chacun qui pourra être envoyé chez le psychiatre.

Camisole chimique, marketing fou et normalisation générale

Dans les années qui viennent, si nous ne réagissons pas, tous ceux qui n’entreront pas dans les normes sociales en vigueur seront sacrifiés sur l’autel de la psychiatrie médicamenteuse et de la marchandisation de la santé. Et je gage qu’un jour les incivilités entraîneront une obligation de soins.

Nous sommes déjà champions en Europe de la consommation d’antidépresseurs, d’hypnotiques et autres psychotropes : plus de 5 millions d’entre nous en avalent, dont 120 000 enfants et adolescents. Depuis le succès phénoménal du Prozac, nos psychiatres aussi sont maintenant conditionnés à cette idée que le déséquilibre mental est principalement dû à un dysfonctionnement biochimique du cerveau et qu’il n’y a donc d’autre solution qu’une pilule rose.

La chimie des émotions me semble bien plus subtile et il existe bien des façons naturelles de la rééquilibrer sans pousser les gens au suicide, à l’addiction ou à un plus grand déséquilibre. Avouons qu’il y a là de quoi vomir.

Alors si vous ne vous sentez mentalement pas bien, un conseil : faites attention à votre alimentation, évitez les sources de pollution, détoxiquez-vous et surtout, avant d’aller voir un psychiatre, essayez d’abord les médecines naturelles avec des thérapeutes qui savent encore ce que signifient les termes humanisme et médecine holistique. Car une fois pris dans l’engrenage, vous n’en sortirez plus.

PS : Une pétition internationale, « Pour en finir avec le carcan du DSM », est disponible en ligne en cliquant ici.

Benzodiazépines et explosion de démences

La classe des benzodiazépines, est le grand classique de l’insomnie et de l’anxiété. Les benzodiazépines sont commercialisées depuis 1960 et sont depuis massivement prescrites par les généralistes. Quelque 134  millions de boîtes de benzodiazépines ont été vendues en France en 2010. Et 3,5 millions de personnes de plus de 65 ans - soit un tiers de cette tranche d'âge  en prennent systématiquement.

Mais voilà qu'aujourd'hui, est publiée sur le site du British Médical Journal (BMJ), une étude alarmante qui établit un risque élevé de démence (incluant la maladie d'Alzheimer) chez les personnes prenant régulièrement des benzodiazépines.

Bernard Bégaud, professeur en pharmacologie à l'université de Bordeaux, qui dirige le département de pharmacovigilance, et le professeur Jean-François Dartigues, neurologue, également à Bordeaux confirment ce risque par une étude en estimant que ce sont par an en France de 16 000 à 31 000 malades supplémentaires qui sont atteints d’ Alzheimer ; et ce chiffre augmente régulièrement… et chez des personnes de plus en plus jeunes. Le nombre de personnes démentes sur la planète (inclus maladie d'Alzheimer) est évalué à 35,6 millions.

Faut-il y voir une conséquence de la prise régulière de benzodiazépines ? Pour le Pr Bégaud il n'y a plus guère de doute après trois ans de travail sur le sujet. Il déclare : "En fait, nous explorons cette hypothèse depuis 1997".

Le Pr Dartigues a lancé il y a 25 ans l'étude PAQUID, qui étudie l'évolution du vieillissement cérébral, normal ou pathologique. Il a disposé d'une cohorte de 3777 sujets âgés de 65 ans et plus, vivant en Gironde et en Dordogne. Ces personnes ont accepté d'être suivies en se pliant à une batterie de tests. Entre ceux qui ont consommé des benzodiazépines et ceux qui n’y ont pas touché, nous disposons maintenant d'un recul de plus de vingt ans. Finalement, le résultat statistique est le suivant : un consommateur régulier de benzodiazépines a un risque 50% plus élevé de présenter une démence de type Alzheimer dans les quinze ans qui suivent qu'une personne qui n'en consomme pas.

A noter que la prescription au long cours (des années) de ce produit est en contradiction avec les recommandations de bonnes pratiques médicales, et ce type de médicament ne devrait jamais a priori être prescrit plus de deux à quatre semaines. Mais il s’agit d’un marché gigantesque pour un chiffre d'affaires de 183 millions d'euros (remboursés à 65% par la Sécu), et l’on comprend que toute critique soit malvenue; c’est d’ailleurs pour cela que le financement des études ci-dessus ont fait l’objet de très gros soucis.

On trouve des Benzodiazépines dans les médicaments suivants :

  • Somnifères :  Rohypnol, Havlane Mogadon, Stilnox,
  • Anxiolytiques : Xanax, Lexomil, Tranxène
  • Relaxants musculaires : Myolastan
  • Anticonvulsants : Ritrovil.
  • Tranquillisants majeurs (neuroleptiques) : Risperdal, Ability, Seroquel,
  • Sans compter des antipsychotiques puissants conçus pour le traitement de la schizophrénie ou des troubles bipolaires.

Un médecin hospitalier a déclaré : « Nous sommes face à une véritable toxicomanie aux benzos résultant de prescriptions massives de confort ».

Attention : Les conseils prodigués dans cet article ne vous dispensent pas de consulter un praticien des médecines alternatives. Vous pourrez en trouver un près de chez vous et prendre rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com
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