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Syndrome prémenstruel : 20 ans de douleurs et pas de remède

Caroline Morel  rédigé le 25 février 2014 à 18h10
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Plus de 75% des femmes disent souffrir du syndrome prémenstruel. Mais combien sont touchées en réalité. A mon avis toutes. Car si pour certaines, il s'agit de véritables "jours de calvaire", pour d'autres, cela passe inaperçu. Ou au moins elles ont un doute : est-ce à cause des règles ?

Il n'y a que les hommes pour demander à une femme si elle a ses règles quand elle est désagréable, agressive ou seulement bougonne. Une femme dirait : « Dis donc, tu vas avoir tes règles ? ». Elle aurait d'ailleurs pu me le dire semaine dernière : levée de méchante humeur, mal dormi, mange sans faim, mal au ventre, aux jambes, poitrine gonflée... Et en plus, tout le monde m'énervait ! Maintenant je me sens mieux, soulagée, allégée et je redeviens fréquentable. C'est le syndrome prémenstruel, on souffre avant les règles.

Plus de 150 symptômes différents !

Un syndrome, comme chacun le sait, est un ensemble de plusieurs symptômes et en effet le syndrome prémenstruel est sans doute une des affections sous lesquelles on regroupe le plus de symptômes différents. Il y a des dizaines de façon différentes de souffrir du même mal... Ce n'est donc pas une maladie.

Rien n'épargne les femmes et la palette de symptômes est la suivante : sautes d'humeur, changements brutaux de comportement, dépression, anxiété, problèmes de concentration... Maux de tête, troubles du sommeil boulimie, mal au ventre, rétention d'eau, jambes lourdes, tension dans les seins, baisse du désir sexuel... Pour les plus jeunes filles, on constate souvent une floraison d'acné, sur le dos et le visage, juste avant les règles.

Le syndrome prémenstruel peut, en outre, intensifier les symptômes d'autres problèmes de santé. Des migraines ou des douleurs chroniques peuvent être plus fortes et difficiles à supporter mais aussi des crises d'asthme, d'épilepsie ou des allergies. Vous l'avez compris, chacune a son lot de symptomes, c'est un peu la loterie pour nous, les femmes, mais, au final, bien peu échappent au syndrome.

Comment savoir si ça ne serait pas ça le problème

Trois critères bien précis vous permettront de savoir si tel ou tel problème de santé est en rapport avec le syndrome prémenstruel. Ça n'a rien de génial, mais ça éclaire parfois d'un jour nouveau des troubles que l'on n'avait pas bien compris.

Ces trois critères sont : d'une part, la présence de douleurs physiques ou morales, d'autre part le fait qu'elles apparaissent à intervalles réguliers pendant la seconde moitié du cycle menstruel. Et surtout le fait que les règles vont finalement venir soulager l'ensemble des symptômes, décontracter le corps et l'esprit et faire disparaître tous les maux comme ils sont venus. C'est comme s'il y avait une retenue et, subitement, un barrage qui lâche.

Cela représente 20 ans de la vie d'une femme !

Les symptômes du syndrome prémenstruel surviennent  les jours précédents les règles, on l'a compris, mais rendez vous compte, la période peut durer une bonne douzaine de jours par mois. Autant dire qu'une femme pourra souffrir pendant près de la moitié de sa vie de femme de cet inconfort.  

Même si c'est à mi-temps et que l'on n'en meurt pas, ça mérite largement qu'on se penche sur le problème. Cela représente quand même 20 ans de mal-être ! On comprend encore mal les causes exactes de ce phénomène. On sait que, dans la seconde partie du cycle menstruel, la sécrétion d'?strogènes baisse, celle de la progestérone augmente, puis chute à son tour en l'absence de grossesse.

Les oestrogènes provoquent un gonflement des seins et une rétention d'eau, que la progestérone atténue normalement. Toutefois, s'il y a un excès d'estrogènes ou une insuffisance de progestérone, il se produit une tension douloureuse dans les seins. Par ailleurs, les fluctuations de ces 2 hormones sont perçues par le cerveau et peuvent expliquer les symptômes psychologiques. Il pourrait aussi y avoir une fluctuation des neurotransmetteurs dans le cerveau (la sérotonine, en particulier), suivant les fluctuations hormonales du cycle menstruel.

On sait bien tout cela, et l'on comprend bien qu'il faudrait parvenir à régler la fluctuation hormonale. Mais il n'y a pas de médicament pour ça. Oh bien sûr il y a la pilule, qui elle, dérègle tout et fait courir de graves dangers aux femmes à long terme. Il y a également des traitements substitutifs hormonaux, mais on connaît leurs dangers. En les employant, on néglige le cycle naturel de la vie et l'on oblige le corps à fonctionner différemment de ce que la physiologie naturelle a programmé ?

La naturopathe Karine Ravier-Wrobel, qui a écrit un livre sur le syndrome prémenstruel,  considère qu'une hormone chimique imposée au corps, va demander beaucoup de travail supplémentaire au foie qui justement est l'organe principal qui gère les hormones existantes dans le corps et qui, même en état normal, a du mal à le faire. Comme souvent, le traitement synthétique empire le mal.

Sortir de ce cycle infernal c'est possible ?

Une des premières choses à faire pour mieux supporter cette période qui précède les règles est d'avoir conscience du phénomène, ce qui permet de prendre de la distance et de mieux gérer les émotions ou leurs conséquences. Se dire qu'on est dans un état connu, passager et qui finira bientôt permet de combattre des effets comme l'irritabilité ou la dépression. Il ne faut pas se laisser déborder par ce qu'on ressent mais se dire au contraire :  « Je ne panique pas, je sais que je ressens ça quand je vais avoir mes règles, je laisse courir ».

En un mot, le meilleur moyen de moins souffrir, c'est de savoir ce qui se passe. Cela n'empêche pas de tenter de se soulager, et pour cela, les moyens sont multiples.

Rééquilibrer le système hormonal sans hormones

La première plante à recommander est le gattilier. Par une action régulatrice au  niveau de l'hypophyse, il va augmenter relativement  le taux de progestérone dans le corps. Le gattilier est particulièrement connu pour ses vertus pour le traitement du syndrome prémenstruel. Il s'agit d'un arbuste méditerranéen (Vitex agnus castus) appelé Poivre des Moines ou agneau chaste. Depuis l'Antiquité, cet extrait de plante a été utilisé pour calmer des ardeurs sexuelles excessives, à cause de ses propriétés anti oestrogènes et anti androgènes. Les chercheurs ont comparé sur 170 femmes son effet à un placebo pour soulager les symptômes du syndrome prémenstruel. Résultats : plus de la moitié des femmes (52 %) ayant pris l'extrait de plante ont constaté un soulagement de leurs symptômes avec peu d'effets indésirables. En comparaison, seulement 24 % des femmes sous placebo ont rapporté une amélioration de leur état.

Ma naturopathe, à qui j'ai demandé si je pouvais prendre ces plantes en tisane, m'a répondu que la tisane n'était pas assez concentrée en principes actifs contrairement à l'extraction que l'on peut trouver dans les compléments alimentaires.

Quand on lit les forums, beaucoup de témoignages mettent en lumière l'huile d'onagre pour le syndrome prémenstruel. L'onagre contient en effet de l'acide gamma-linoléique, précurseur des prostaglandines, qui sont des substances qui régulent certaines fonctions hormonales, protègent la membrane cellulaire et ont une activité anti inflammatoires.. Tout en rétablissant  l'équilibre hormonal, l'onagre agirait  contre la douleur,  elle réduirait la tension mammaire, les migraines, les troubles de l'humeur et les ballonnements.  La bonne dose : 1 000 mg d'huile d'onagre deux à quatre fois par jour, selon l'importance des symptômes. A prendre tout au long du cycle.

Les vertus de la sauge sur le système génital féminin sont reconnues depuis l'Antiquité. D'ailleurs la sauge est aussi appelée la plante « de la femme ». On pourra l'utiliser en tisane concentré, en extrait, ou en huile essentielle en préférant celle de sauge sclarée, extrêmement efficace. Elle a une action antidépressive, elle agit sur la circulation et stimule la production d'oestrogènes, elle détend et l'on affirme même qu'elle favorise la longévité.

Utilisez la sauge en massage, à raison de deux gouttes d'H.E. dans quatre cuillerées à soupe d'huile végétale (amande douce, macadamia, argan), à appliquer sur l'abdomen dans le sens des aiguilles d'une montre, mais aussi sur le dos et les lombaires. Attention quand même : les plantes « hormone-like » ont une activité réelle sur le fonctionnement hormonal de l'organisme. Il est donc essentiel de s'assurer qu'on ne présente pas de contre-indication à leur usage (fibromes, cancer du sein ou cancer hormono dépendant) et qu'il n'existe pas d'interférence avec un traitement, hormonal  ou pas, déjà prescrit.

Enfin, il faut absolument citer un remède de la médecine chinoise qui, s'il est pris suffisament tôt, permet très rapidement d'éviter totalement les douleurs liées aux règles (il faudra alors le prendre en posologie d'attaque). Ce remède qui a pour nom Qing Feng Tang dans les pays asiatiques propose une synergie complexe de plantes dont les deux principales pour les douleurs sont :

  • Angelica Dahurica (Bai Zhi) : connue pour ses vertus analgésiques et antalgiques.
  • Livèche de Szechuan (Chuan Xiong) : améliore la circulation du sang, soulage les maux de tête, les douleurs abdominales et articulaires et traite l’aménorrhée (absence de menstruation).

Ce remède est commercialisé en France avec un nom français (Confort Feminin) et a un spectre d'action assez large pour traiter les autres manifestations du syndrôme (maux de tête, irritabilité, nausées, difficultés digestives, chaleurs...). Vous pouvez vous en procurer ici.

Et on fait quoi quand on a mal ?

Pour celles qui souffrent de douleurs au bas du ventre, du dos et dans les reins, une combinaison de plusieurs huiles essentielles en massage peut permettre d'agir sur cette zone féminine très sensible. Le basilic calme les spasmes de l'utérus. Le lentisque pistachier décongestionne les systèmes veineux et lymphatique. Le géranium amène un effet antalgique et anti-inflammatoire.

Préparation :

  • 1 flacon en verre foncé de 10 ml à compte-gouttes
  • 5 ml d'huile florale d'hélichryse
  • 15 gouttes d'HE de basilic
  • 15 gouttes d'HE de pistachier lentisque
  • 10 gouttes d'HE de géranium rosat
  1. Versez l'huile florale dans le flacon.
  2. Ajoutez les huiles essentielles.
  3. Mélangez.
  4. Appliquez 10 gouttes du mélange sous le nombril et massez doucement horizontalement jusqu'à disparition de toute trace d'huile.
  5. Appliquez 7 gouttes du mélange sur le bas du dos et massez de la même façon.
  6. Effectuez ce soin matin et soir dès le premier inconfort.

Une dernière chose, mangez différement

Mettre en place une alimentation adaptée est essentiel pour ne pas aggraver les symptômes déjà favorisés par le bouleversement hormonal. Les graisses saturées sont à bannir de l'alimentation car elles augmentent le phénomène d'inflammation. Or, dans le syndrome prémenstruel, le déséquilibre hormonal engendre un gonflement des tissus et ce gonflement favorise l'inflammation (d'où les douleurs).

Aliments frits, graisses animales, produits laitiers sont donc à éviter. Il faut favoriser au contraire une alimentation à base de fruits, de légumes et de graisses polyinsaturées comme l'huile de bourrache ou l'huile d'onagre, le chanvre et le lin, riches en Oméga 3 et 6. Mettez au menu deux à trois fois par semaine des acides gras oméga 3 d'origine marine (saumon sauvage, truite, sardines, maquereau) aux vertus anti-inflammatoires.

Les oméga 3 d'origine végétale (huile de perilla, de colza, de noix, graines de lin) sont eux bénéfiques pour soulager les seins douloureux. Les sucres rapides, à indice glycémique haut, sont aussi déconseillés. Leur consommation favorise l'hypoglycémie réactionnelle, dont certains symptômes sont similaires à ceux du syndrome prémenstruel.

Si le syndrome prémenstruel se traduit par des seins gonflés et sensibles, n'abusez pas du sel qui favorise la fixation de l'eau dans les tissus. Remplacez-le  par des fines herbes, des épices, du citron et du vinaigre. Préférez le yaourt au fromage. Bien évidemment, bannissez les plats tout prêts souvent trop salés. Préférez les légumes frais ou congelés, rincez abondamment les légumes en conserve.

Et, bien entendu, éliminez les sauces type soja, ketchup (fût-il bio), les charcuteries, les marinades et les poissons fumés, les olives, la choucroute. Mais aussi les sodas, et les eaux minérales les plus salées et privilégiez celles peu salées et riches en calcium pour apaiser les douleurs et la nervosité.

Le régime crétois, à base de viandes maigres, poissons, légumes et fruits, semble donc bien adapté, tout comme le régime végétarien. N'hésitez pas en période prémenstruelle, à modifier votre alimentation dans ce sens.

Attention : Les conseils prodigués dans cet article ne vous dispensent pas de consulter un praticien des médecines alternatives. Vous pourrez en trouver un près de chez vous et prendre rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com
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