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Parentalité positive : un autre vision de son rôle auprès de l'enfant

Article paru dans le journal nº 33

L'année dernière, l’IFOP a sorti une étude selon laquelle 70% des Français étaient favorables aux châtiments corporels. Beaucoup d'entre nous ne voient pas d'autre moyen de mettre au pas des enfants qui devenus incontrôlables. La parentalité positive propose une autre approche.


Une conséquence de la pollution des esprits et des corps

Difficile d'être parent quand nos enfants sont hypersollicités par des stimuli omniprésents, notamment les écrans de toutes sortes. Difficile de contenir leurs sautes d'humeur lorsqu'ils se nourrissent de poisons (sucres et bonbons, fast-food, additifs et nourriture industrielle...), lorsqu'ils en boivent et en respirent aussi. Difficile de leur enseigner les bienfaits de la vie sociale lorsqu'ils sont exposés en permanence à la violence et à l'incivilité. On peut opter pour les camisoles chimiques comme la Ritaline, ou même pour des régulateurs de l'humeur plus doux, mais le problème ne sera que partiellement résolu. Qu'on se le dise, être parent est devenu un métier.

Un enfant qui ne se sent pas bien ne se comporte pas bien

Sentiment d’injustice, besoins non satisfaits, besoins de structure (routine) ou seulement de contact (bisous, câlins), problème de territoire… Si l’enfant se retrouve dans une situation de stress, il perd ses repères et réagit impulsivement. Les parents de leur côté n’arrivent pas toujours à interpréter ces réactions. Ils traduisent mal les émotions de l’enfant (pleurs, cris, rires inextinguibles, hyperactivité) et y réagissent souvent par un déploiement d’autorité qui aboutit à un blocage. La communication ne fonctionne plus entre enfants et parents, chacun s’enferme dans sa frustration ou sa colère. C'est le piège.

Une méthode pleine de bon sens

Il faut se remettre à « parler pour que les enfants écoutent et écouter pour que les enfants parlent ». Voilà le fondement d'une méthode de communication entre adultes et enfants qui a été développée dans les années 1970 par Adele Faber et Elaine Mazlish, toutes deux Américaines, membres de la faculté New School for Social Research à New York et de l'Institut de vie familiale de l'université de Long Island. Elles se sont inspirées des travaux et conférences de Haim Ginott, qui avait élaboré des techniques pour parler aux enfants. Leur méthode porte aujourd'hui un nom : la parentalité positive.

Une aide précieuse pour les parents qui n’en peuvent plus

Fortes de leur succès, Adele Faber et Elaine Mazlich ont monté, à l’intention des parents au bord de la crise de nerfs, des ateliers qui leur donnent des clés pour répondre aux situations concrètes du quotidien. La méthode aide à régler les sources de tension avec les enfants, à apaiser les colères et résoudre les crises, en faisant comprendre aux parents qu’il faut considérer leur enfant différemment. Les parents vont apprendre à se taire, à écouter, à encourager l’enfant.

Ces ateliers les aident à comprendre la nature de leur communication actuelle avec leurs enfants et leur permettre de voir comment on peut améliorer et changer cette communication. Les ateliers se composent de sept rencontres de trois heures chacune, à raison d’une fois par semaine. L’enjeu est que chacun puisse créer un changement en lui, en démarrant un nouveau chemin, avec une écoute différente.

Maîtriser ses émotions
envers ceux qu’on aime le plus

Rien ne sert de continuer à penser que vous êtes un mauvais parent, que vous n’y pouvez rien, que vous n’y arriverez jamais. Vous culpabilisez, vous avez honte et même peur des conséquences de vos actes. Sur ce dernier point, vous avez raison, car votre attitude peut créer des dommages à court et à long terme. Certes, on ne change pas en claquant des doigts. Les changements doivent être progressifs et permettront de modifier les comportements agressifs. Il faut apprendre à maîtriser la colère, à accueillir l’émotion de l’enfant, en chercher la cause et comprendre ce qui crée des réactions d’émotions chez lui.

Une fessée et au lit !
Vous avez connu ça, vous aussi ?

Nombre de parents me disent qu’ils ont été élevés « à la dure », que les méthodes de leurs parents étaient expéditives, mais qu'elles fonctionnaient. Pourtant, ce que nous ne voyons pas, c'est que nous avons souvent vécu, enfants, la destruction brutale de nos appels à l'aide par nos propres parents. Les parents d’autrefois ont toujours cherché à mettre des limites aux enfants au lieu de les aider à les transcender. L’enfant n’a besoin de rien d’autre qu’une relation appropriée à ses besoins. La parentalité positive aide les parents à sortir de la spirale de la violence, elle enseigne à se relaxer, à méditer, à ne pas « partir en live » et à maîtriser ses émotions.

La parentalité positive en théorie

Orientée vers le positif et la construction du futur, la parentalité positive va s’intéresser aux causes et non aux seuls effets. Elle va travailler en amont pour éviter les blocages plutôt que de les réprimer. Elle n’a pas pour but de redresser un comportement, mais d’améliorer la vie ensemble pour que chacun soit plus heureux. Elle pense en termes de besoins, de maturation du cerveau, d’enseignements et de règles en mettant l’accent sur le jeu, le plaisir d’être ensemble et la joie de vivre.

La parentalité positive en pratique

Voici quelques exemples de ce que l'on peut apprendre de la parentalité positive. Pour beaucoup d'entre vous, lecteurs, cela semblera être un peu banal et relever plutôt du bon sens que d'un apprentissage, mais faites appel à votre mémoire... N'avez-vous jamais eu un de ces accès de colère, une réaction impulsive et brutale vis-à-vis de vos enfants ? Ne les avez-vous jamais affrontés par orgueil, par impuissance ou parce que vous étiez, vous-même, désemparé ? La méthode vous permet de ne pas succomber à ces réactions, quelle que soit la situation.

  • Que faire face à une colère ?

Avant toute chose, face à une crise de colère, le parent devra penser que cette colère doit être entendue. Ne pas l'écouter abîme la relation. Il faut savoir de quoi est construite la colère, qu’elle en est la cause profonde. Prenons l’exemple du caprice au supermarché devant un paquet de bonbons à la caisse. Il faut comprendre que dans un supermarché, ou un centre commercial, les sens de l’enfant sont saturés par la profusion de stimuli (sons, images, lumières) et que leur cerveau n’est pas équipé pour trier toutes ces stimulations. Alors, l’enfant cherche à se raccrocher à quelque chose qu’il connaît (un paquet de bonbons par exemple). Si le parent lui dit : « Non, tu ne prends pas ça ! », la colère éclate car l’enfant ne maîtrise plus rien et est totalement « désorganisé ». Ce que l’on prend pour de la colère, c’est une décharge musculaire des tensions accumulées.

Pendant une crise, la parentalité positive conseille de prendre son enfant dans les bras et de le contenir. Pour éviter les crises, diriger son attention vers un seul stimulus, par exemple dans ce cas en lui donnant son propre petit caddie et des missions à accomplir. Pour éviter une colère due à la frustration, il faut donner un choix à l’enfant, même dirigé, plutôt qu’un ordre. Dans les cas de colères dues à la frustration de ne pas arriver à faire quelque chose, il sera important d’aider l’enfant à mettre des mots sur cette colère pour l’aider : « Je comprends que tu sois si fâché. C’est vrai que c’est difficile de faire ses lacets ».

  • Que faire quand votre enfant a peur ?

Respectez ses émotions, dites-lui qu’il n’a ni tort ni raison, mais comprenez qu’il a une raison. Il faut l’écouter et l’aider à verbaliser, à libérer sa respiration et lui faire élaborer différentes réponses possibles à sa peur tout en lui faisant prendre conscience des ressources possibles qui sont à sa portée pour calmer cette peur.

  • Que faire quand votre enfant est triste ?

Il faut le consoler. Ne pas consoler un enfant qui pleure rend son système orthosympathique hyperactif. Le consoler active son système parasympathique, cela participe à la maturation de son cerveau.

  • Que faire quand un enfant a honte ?

Reconnaître cette honte, en parler, l’accepter et la regarder en face, la partager.

  • Partager ce qu’il y a de bon

La parentalité positive, c’est aussi accueillir l’amour, oser vivre cette émotion avec l’enfant, vibrer ensemble, synchroniser la respiration.

  • Comment accompagner les émotions en général ?

Il faut respecter les émotions, même irrationnelles, et ne pas en avoir peur. Il faut prendre l’enfant dans ses bras, permettre à l’émotion d’aller jusqu’à sa résolution et, lorsque la respiration redevient normale, on peut laisser place à la parole. Accepter, comprendre, dédramatiser, mettre des mots sur le ressenti va apaiser l’enfant. L’accompagner pour l’aider à trouver des ressources et des solutions, à nommer les sensations et émotions autrement qu’en criant et à identifier les causes de ses réactions vont l’aider à se construire et à grandir.

  • Comment éviter le déclenchement des crises ?

Mettre en place des rituels, donner des règles claires et non négociables avant la situation stressante, aider à se préparer aux situations stressantes.

Eduquer sans autorité, c’est possible

Les parents ont tendance à penser qu’il n’y a que deux choix possible d’éducation : punir ou laisser faire. Il existe pourtant une troisième voie : comprendre, identifier le problème à sa source pour essayer de trouver le remède approprié. La parentalité positive va également vous permettre de guérir l’enfant qui est en vous en vous désapprenant les automatismes de votre éducation, qui vous empêchent de gérer les situations où vous sentez l’exaspération monter. Plus de cris, plus de crises, vous pouvez rétablir la communication entre vous et votre enfant. L’objectif est de trouver des compromis qui lui font plaisir et vous font plaisir. Tout est question de mesure entre son besoin et le nôtre. Enfin et surtout, pour mettre un maximum de chances de votre côté, donnez de l’amour car il est le carburant qui fait avancer nos enfants.

Si vous pensez que la parentalité positive peut vous être utile, je vous recommande de regarder cette vidéo qui vous permettra d'assister à une conférence de Catherine Jamet (sophrologue et naturopathe) sur ce thème.

Vous pouvez également participer au stage organisé par Cassiopée Formation les 11 et 12 juin prochains. Pour plus de renseignements, cliquez sur ce lien.

 

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé