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Bruxisme : vous devriez desserrer les dents…

Audrey Ramamonjy  rédigé le 25 novembre 2016 à 16h33
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N’avez-vous jamais serré les dents de façon prolongée ? On estime à 8 % le nombre de personnes atteintes par ce trouble de l’appareil manducateur, et à 70 % le nombre d’adultes ayant connu au moins un épisode de bruxisme au cours de leur vie.

Insomnies, céphalées, douleurs cervicales, dorsalgies, acouphènes, déchaussement des dents mais aussi fibromyalgie, côlon irritable, syndrome de fatigue chronique, troubles de l’humeur… les conséquences désastreuses sont nombreuses dans la vie du bruxomane.

Le corps médical néglige encore la gravité d’une telle affection et ne dispose pas d’une prise en charge homogène. Les malades sont peu nombreux à avoir une réponse thérapeutique satisfaisante.

On serre des dents ou on les ronge... c'est incontrôlable !

Le bruxisme est une dysfonction temporo-mandibulaire (DTM). C’est un trouble fonctionnel incontrôlé qui provoque le serrement et/ou le grincement des dents. Il s’agit d’une parafonction, un mouvement involontaire sans but ni fonction particulière se manifestant le plus souvent la nuit. Ce terme regroupe deux affections aux conséquences différentes.

Il y a celui qui grince...

  • Le bruxisme excentré (grinding en anglais), la plus connue des deux formes, est un frottement latéral des dents entre elles entraînant un grincement. Cette forme de bruxisme se voit, les dents sont particulièrement atteintes par le grinding, il y a une perte de densité de l’émail entraînant l’usure des arcades dentaires. C’est le sourire de Didier Deschamps. Mis à part l’aspect inesthétique, les conséquences sur la santé sont d’une gravité relative.

Et celui qui serre

  • Le bruxisme centré (clenching en anglais), quant à lui, est silencieux et invisible, difficile à diagnostiquer par le corps médical. Le patient serre fortement les dents et les mâchoires, sans mouvement latéral. La denture est généralement en bon état. Les contours du visage sont hypertrophiés. C’est la mâchoire d’Arnold Schwarzenegger. Mais vous allez voir que les problèmes de santé associés sont très nombreux. Cet article se focalisera sur cette forme de bruxisme.


La dent, sur-sollicitée par le bruxisme, informe mal le cerveau


La dent n’est pas seulement un bout d’os, un bloc minéral. Elle est équipée d’une double innervation sensitive : tactile et douloureuse. Dans des conditions normales, les dents ne sont jamais en contact à l’exception de la mastication et de la déglutition. Lorsqu’elles se touchent, les dents envoient un message tactile non douloureux au cerveau afin de débuter le processus de digestion à travers la sécrétion des différents sucs. Mais dans le cas d’un bruxisme, les dents sont sur-sollicitées, les messages nerveux sont donc volumineux. Vous imaginez qu’avec une telle mauvaise pratique, le système nerveux finit par devenir la victime de toutes ces informations. Avec un système nerveux constamment sollicité, les conséquences sur la santé sont donc faciles à imaginer.

Des craquements dans les articulations

 

Quand on souffre de bruxisme, les muscles élévateurs de la mandibule, masséters et temporaux sont très développés et souffrent d’un déséquilibre fonctionnel. Ce dysfonctionnement de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM) entraîne une douleur irradiante au niveau de l’oreille avec difficultés pour ouvrir la bouche, voire un blocage et des craquements au moment de l’ouverture.


Les fibres alvéolo-dentaires, qui normalement maintiennent la solidarité avec l’os alvéolaire, sont altérées, entraînant souvent une parodontite (inflammation des gencives, déchaussement des dents) puis une mobilité, voire une perte, des dents. À terme, la malocclusion dentaire qui, au départ, est une des causes du bruxisme, va se détériorer encore et renforcer le dysfonctionnement temporo-mandibulaire. C’est un cercle vicieux.

Maux de tête, fatigue, douleurs... la posture se modifie


Cette parafonction a également des répercussions sur tout l’organisme en entraînant un déséquilibre du terrain neuromusculaire, ce qui influence directement l’ensemble postural et neurologique, entraînant des douleurs vertébrales, articulaires et une atteinte du système nerveux. Ainsi, le syndrome de fatigue chronique, les céphalées, les douleurs abdominales, les troubles du sommeil, les atteintes digestives, mais aussi les troubles de l’humeur, les cystites interstitielles, ou encore les acouphènes… sont légion chez le patient qui serre les dents !

D'où vient le bruxisme ?


Plusieurs causes sont souvent mises en évidence :

  • Une malocclusion dentaire associée à une malposition des mâchoires provoque un stress, avec atteinte du nerf Trijumeau.
  • Un organisme intoxiqué par un mode de vie néfaste, une alimentation moderne inadaptée, riche en hydrates de carbone et, bien sûr, le catalyseur essentiel à la crispation des mâchoires : l’anxiété, le stress au quotidien.
  • Autre piste évoquée, l’effet cocktail des métaux lourds. Ils sont largement suspectés de porter atteinte au système nerveux (cf. notre article sur les métaux lourds). La présence d’amalgames dentaires en mercure doit interpeller le patient bruxomane. Il peut envisager une dépose ou un remplacement par du composite, réalisé par un praticien en chirurgie dentaire expérimenté.
  • Certains psychanalystes évoquent une cassure au moment du sevrage de l’enfant ou encore des phases de stress répétées particulièrement intenses au moment de l’apparition des dents de lait (phase de dentition). L’individu aurait conservé cette habitude.

Oubliez vite les gouttières !


L’occlusion dentaire désigne le rapport entre les dents du maxillaire supérieur et le maxillaire inférieur. Une malocclusion est la résultante d’une malposition des arcades dentaires et de l’emboîtement des mâchoires, quelle qu’en soit la cause, édentation, carie, prothèse…

Habituellement, la solution proposée par la plupart des chirurgiens-dentistes est le port de gouttières occlusales. Il s’agit d’un moulage effectué à partir de la denture du patient, et porté la nuit, qui permet en théorie de diminuer les symptômes et protéger les dents et la gencive. Cette solution peu coûteuse est en en partie prise en charge par la sécurité sociale, mais c’est une thérapie qui se révèle insuffisante, car inefficace au long terme. En effet, la gouttière est une béquille qui rend le bruxomane dépendant, sans résoudre le problème. Et le patient finit par bruxer sur la gouttière. Pire encore, l’expérience clinique rapporte qu’après trente ans, on a fini par décrire des effets néfastes de ces gouttières sur la posture et la respiration !

Si vous souffrez de bruxisme, voici la liste de ce que vous pouvez faire afin de remédier au problème. Ces propositions ne sont pas exclusives les unes des autres, et il est même recommandé de traiter le problème par tous ses aspects via une prise en charge pluridisciplinaire. Certaines sont coûteuses, d'autres non...

 

L'équilibre et le mode de vie

Le stress est une composante importante du bruxisme. Toutes les techniques permettant de le réduire : sophrologie, relaxation, méditation… sont à prendre en considération. La naturopathie veille à l’équilibre du terrain, avec la mise en place d’une excellente hygiène de vie, à travers une alimentation saine, riche en minéraux et antioxydants, et l’évitement des excitants et aliments formateurs de toxines. Pour conserver une bonne vitalité et limiter les épisodes de crispation/grincement, une détoxication de l’organisme peut être envisagée, encadrée par un praticien de santé naturopathe.

Il y a des annuaires sur internet, cherchez quelqu'un près de chez vous
Je vous renvoie aussi à nos précédents articles sur le stress dans alternativesante.fr

À essayer en premier


Une fine couche de Baume du tigre appliquée sur les tempes (attention aux yeux) calme en général les douleurs dues aux névralgies trigéminales.

Et tous les jours pendant un mois, pour une action régulatrice du système nerveux central, l’Ashwagandha Withania Somnifera est la plante conseillée.

Les huiles essentielles en application locale

Avant de vous lancer dans quelque chose de lourd, essayez cela. Dans bien des cas, cela suffit.
Appliquez localement un mélange d’huiles essentielles de :
Gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens) et d’Immortelle (Helichrysum italicum), pour leurs propriétés myorelaxantes et anti-inflammatoires naturelles. Mélangez-les à parts égales à une huile végétale comme l'huile de millepertuis qui accroîtra l'effet anti-inflammatoire. Faites cela pendant au moins une semaine, mettez-en sur le visage après avoir testé sur l'intérieur du poignet (n'en appliquez pas autour des yeux bien évidemment).

Orthodontie, réhabilitation occlusale


Les patients bruxomanes sont très souvent en situation de déséquilibre occlusal. Pour équilibrer l’occlusion dentaire, un traitement dentaire ou orthodontique, voire une réhabilitation complète par reconstruction des arcades (ou pose d’implants), est nécessaire. Seuls, certains chirurgiens-dentistes ultra spécialisés en occlusion et en réhabilitation fonctionnelle sont en mesure de prendre efficacement en charge le patient. Le choix thérapeutique est à adapter en fonction de l’état de la denture.

Attention cependant, les dents constituent une réserve minérale importante pour l’organisme. De plus, il a été rapporté qu’à la suite de certaines extractions dentaires, le bruxisme survenait. Ainsi, toute extraction dentaire devrait être le plus souvent évitée lors d’un traitement orthodontique.

Il s’agit d’une affection particulièrement délicate, pour laquelle il convient de consulter un véritable spécialiste de l’occlusion et de la réhabilitation fonctionnelle.

Ostéotomie des mâchoires


Nous l’avons vu, chez les bruxomanes, les muscles des mâchoires sont en position de stress. Dans certains cas sévères de malposition des mâchoires (anomalies dento-maxillaires handicapantes physiquement), une chirurgie orthognatique peut être proposée en vue de repositionner correctement les mâchoires, combinée à un traitement orthodontique. C’est une chirurgie lourde qui nécessite de nombreux jours de récupération, prise en charge intégralement par la Sécurité sociale. Le rendu esthétique et fonctionnel est très satisfaisant et le traitement a des répercussions positives sur l’ensemble du corps : le visage retrouve son harmonie, l’occlusion dentaire est rééquilibrée et la posture est alors corrigée.

Dans ce cas, un chirurgien maxillo-facial est le professionnel à consulter en première intention.

Kinésithérapie : la rééducation maxillo-faciale


Certains kinésithérapeutes spécialisés ont également une approche correctrice, en une dizaine de séances : des massages, à visée décontracturante de la région cervicale et des muscles masticateurs, et à visée sédative de la face et du crâne, de type stimulation de points réflexes.

Également, l’éducation et la rééducation linguale constituent une technique prometteuse, avec une prise de conscience de la position de la langue tant au repos qu'en activité.

La thérapie cranio-sacrée en ostéopathie

 

Le praticien ostéopathe prend en compte le système postural central, composé de deux sous-systèmes qui interagissent : le sous-système cranio-sacré (qui est l’axe cranio-vertébral), et le sous-système cranio-mandibulaire, tout trouble de l’un ayant des répercussions sur l’autre. Les manipulations et pressions exercées par le thérapeute permettent d’évaluer et traiter les tensions et dysfonctionnements induits par le bruxisme.

Par ailleurs, en cas de traitement orthodontique ou de chirurgie des mâchoires, le traitement ostéopathique, d’une part, permet de revoir l’équilibre postural du corps et ajuster les contraintes subies par les mâchoires et le crâne, et, d’autre part, en complément de la kinésithérapie, va aussi améliorer la récupération post-chirurgicale. L’important est que toutes les parties du corps s’ajustent convenablement aux modifications de l’occlusion.

Dans certains cas, l’ostéopathie peut également être combinée à la posturologie. Des semelles de reprogrammation posturale pourront être confectionnées.

Consultez un ostéopathe spécialisé en thérapie cranio-sacrée.

La technique du professeur Hartmann


Le Professeur Francis Hartmann, chirurgien-dentiste, professeur à la Faculté d’Odontologie de Marseille de 1975 à 1996, spécialisé en neurophysiologie, a mis au point une technique de relaxation : La Thérapie Modératrice et Relaxante.

Véritable pionnier dans le domaine en France, sa technique envisage une correction du comportement. En prenant conscience de ses mauvaises habitudes et en associant quelques exercices fonctionnels, une action modératrice et myorelaxante s’opère chez le patient. Le professeur Hartmann recommande, entre autres, de serrer les lèvres à la place des dents.

En vidéo sur youtube, il a l'air de bien s'y connaître.

La toxine botulique à visée thérapeutique


Le bruxisme provoque un état de stress des mâchoires et donc une hypertrophie des muscles masséters qui donne un aspect large et très carré au visage. Même si nous ne recommandons pas l'injection de toxine botulique (Botox) à des fins esthétiques, ici, la toxine botulique thérapeutique propose une solution durable. En bloquant les jonctions neuromusculaires, son action permet de diminuer la puissance du muscle et son volume, ce qui a un double intérêt esthétique et fonctionnel.

Les injections de toxine botulique thérapeutique dans les muscles masséters et/ou temporaux sont ainsi un traitement efficace et durable du bruxisme, comme dans tous les cas d’hypertrophie massétérine et temporale. Le traitement est indolore.

Une seule injection est suffisante dans 65 % des cas, sans effet secondaire.

Les différents moyens décrits dans cet article permettent une approche multidimensionnelle du bruxisme en conjuguant les savoir-faire de plusieurs disciplines, pour un rétablissement global, complet et durable.

Pour accéder directement à une sélection de thérapeutes dans les plus grandes villes, cliquez sur les liens ci-dessous :

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